Lexar a présenté le Muse Ultra-Slim Portable SSD le 4 septembre à l’IFA 2026 de Berlin. Le constructeur le décrit comme le SSD portable le plus fin au monde, une revendication de fabricant difficile à vérifier exhaustivement mais appuyée par des dimensions pour le moins inhabituelles.
Le boîtier mesure environ 80 x 48 mm et seulement 3,8 mm d’épaisseur au centre. Les bords s’affinent jusqu’à environ 1 mm.
Pour arriver à cette géométrie, Lexar utilise un châssis métallique monobloc usiné, un PCB spécifiquement aminci et un empilement NAND haute densité. Le résultat ressemble davantage à une petite plaque métallique qu’à un SSD externe traditionnel.
Le port USB-C était tout simplement devenu trop épais
La décision la plus étrange du Muse découle directement de cette recherche de finesse.
Le SSD ne possède pas de réceptacle USB-C standard. Lexar utilise à la place des contacts PogoPin à ressort sur la tranche du boîtier.
Le câble SnapLink fourni vient se fixer magnétiquement sur ces contacts grâce à des aimants néodyme N52. À l’autre extrémité, le câble se termine en USB-C afin de connecter le SSD à l’iPhone, l’iPad, au Mac ou à un autre appareil compatible.
TechSpot souligne que cette architecture permet précisément à Lexar de supprimer l’épaisseur nécessaire au logement, au blindage et au PCB d’un port USB-C conventionnel.
C’est une solution techniquement logique qui crée immédiatement une nouvelle dépendance : perdre le câble SnapLink revient à perdre le moyen le plus évident d’utiliser le SSD.
Un câble USB-C ordinaire ne peut pas le remplacer.
La fixation magnétique n’élimine pas vraiment le câble
Le Muse est fourni avec un étui magnétique conçu pour le fixer au dos des iPhone compatibles MagSafe.
Le SSD est ainsi plaqué contre le téléphone plutôt que suspendu au bout d’un câble, ce qui rend l’ensemble beaucoup moins encombrant pendant une prise de vue à main levée.
Mais le stockage ne communique pas avec l’iPhone par MagSafe. Celui-ci sert seulement à maintenir l’ensemble physiquement.
Les données passent toujours par le câble SnapLink puis par le port USB-C du téléphone.
Le résultat est donc plus propre qu’un SSD externe classique relié par un long câble, mais ce n’est pas un SSD sans fil.
1 050 Mo/s, soit exactement la catégorie USB 10 Gb/s
Lexar annonce jusqu’à 1 050 Mo/s en lecture et 1 000 Mo/s en écriture.
Ces valeurs placent le Muse dans la classe habituelle des bons SSD externes USB 3.2 Gen 2 à 10 Gb/s. Le produit n’essaie pas de battre les SSD USB4 ou Thunderbolt les plus rapides.
Sa priorité est clairement d’offrir suffisamment de débit dans un volume minimum.
Les performances maximales restent des chiffres constructeur. Lexar indique lui-même que le débit réel dépendra de l’appareil hôte, de l’interface et des conditions d’utilisation.
La question du maintien des performances sur de longues écritures sera particulièrement intéressante compte tenu de la surface de dissipation minuscule du boîtier.
Le ProRes 4K 120 i/s explique beaucoup mieux le produit que son record de finesse
Le cas d’usage le plus évident est l’enregistrement vidéo externe sur iPhone.
Lexar annonce la prise en charge de l’enregistrement Apple ProRes en 4K jusqu’à 120 images par seconde sur les modèles d’iPhone compatibles.
Le disque doit pour cela être relié à un iPhone équipé d’USB-C, soit à partir de la famille iPhone 15, avec des capacités exactes qui varient selon le modèle et les réglages.
Ce scénario explique pourquoi retirer quelques millimètres a réellement du sens. Lorsqu’un téléphone est utilisé comme caméra, un SSD épais accroché à l’arrière ou pendant sous l’appareil dégrade rapidement la prise en main.
Le Muse cherche donc moins à être le disque le plus compact dans une poche qu’à quasiment disparaître une fois monté sur le téléphone.
Le câble propriétaire devient le vrai prix de la miniaturisation
Il faudra attendre la commercialisation pour connaître le prix financier du Muse. Lexar n’a pas encore publié de tarif.
Le coût pratique du design est déjà visible.
Un SSD doté d’un connecteur USB-C standard accepte n’importe quel câble correctement spécifié. Le Muse nécessite son SnapLink pour communiquer.
Cela ajoute une pièce spécifique à garder dans le sac, et potentiellement à remplacer auprès de Lexar si elle est perdue ou endommagée.
La connexion magnétique introduit aussi un compromis différent d’un connecteur verrouillé. Elle est volontairement facile à détacher, ce qui protège potentiellement le téléphone contre un câble violemment tiré mais peut être moins rassurant pendant une longue prise vidéo si quelque chose vient frapper le connecteur.
512 Go ou 1 To, sans version 2 To annoncée
Lexar prévoit deux capacités au lancement : 512 Go et 1 To.
C’est relativement modeste pour un SSD destiné à de la vidéo ProRes, un format capable de consommer très rapidement plusieurs centaines de gigaoctets lors de longues sessions.
La limitation paraît toutefois cohérente avec les contraintes physiques. Faire entrer davantage de NAND dans une enveloppe de 3,8 mm tout en conservant contrôleur, PCB, alimentation et dissipation thermique devient rapidement un problème de densité.
Lexar n’a pas annoncé de variante 2 To.
L’application Lexar peut automatiser la sauvegarde du téléphone
Le Muse ne sert pas uniquement aux enregistrements professionnels.
Associé à l’application Lexar, il peut sauvegarder automatiquement photos et vidéos présentes sur le smartphone.
Le SSD peut ensuite être connecté à un iPad ou un Mac pour transférer les fichiers et poursuivre le montage.
Lexar le positionne ainsi comme une même unité suivant la séquence capture, sauvegarde puis édition.
La finesse est réelle, mais elle ne l’est plus tout à fait une fois l’ensemble monté
Le chiffre de 3,8 mm concerne le SSD nu.
Pour le fixer à un iPhone, il faut ajouter l’étui magnétique. Pour transmettre les données, il faut encore ajouter le connecteur SnapLink et son câble.
L’ensemble final est donc évidemment plus épais que le disque présenté seul dans les photos de produit.
Ce n’est pas vraiment une tromperie : Lexar donne bien l’épaisseur du SSD. C’est simplement un rappel que la miniaturisation d’un composant déplace parfois son volume vers les accessoires nécessaires à son fonctionnement.
Le Muse transforme un port standard en accessoire pour gagner quelques millimètres
Il est facile de voir le connecteur propriétaire comme une régression, et dans certains usages c’en est clairement une.
Mais le Muse illustre aussi un compromis d’ingénierie assez pur. Lexar voulait un SSD plus fin que ce que permet physiquement l’intégration confortable d’un port USB-C. Il a donc retiré le port plutôt que d’abandonner l’objectif.
La question sera de savoir si les utilisateurs valorisent davantage les millimètres économisés derrière un téléphone que la possibilité d’utiliser n’importe quel câble.
Les versions 512 Go et 1 To sont prévues à partir du quatrième trimestre 2026, avec une disponibilité susceptible de varier selon les régions. Lexar n’a pas encore annoncé les prix.