BRAVIA Inc. doit démarrer avec TCL à 51 % et Sony à 49 %. À ce stade, Sony reste donc un actionnaire massif de l'entreprise qui doit reprendre ses téléviseurs, projecteurs et équipements home audio.

Mais TTE Corporation a aussi accordé à Sony une option de vente organisée sur plusieurs années. Ce mécanisme existait dès l'accord du 31 mars ; l'amendement du 11 mai a surtout ajouté une limite à l'exposition financière directe de TTE.

Le contrat prévoit déjà trois moments où l'équilibre peut bouger

Sony peut exercer l'option au troisième anniversaire de la clôture, puis au sixième, et de nouveau lors d'un anniversaire à partir du neuvième. Il s'agit de tranches dont la proportion exacte n'est pas détaillée dans l'annonce publique.

Si BRAVIA Inc. commence bien ses opérations en avril 2027 comme prévu, ces mécanismes ne modifieront donc pas immédiatement les premiers produits de la coentreprise. Leur calendrier reste en outre attaché à la date réelle de clôture, encore soumise aux autorisations et conditions prévues dans l'accord.

TCL et Sony présentent l'option comme une protection de minoritaire, et non comme un calendrier annoncé de retrait.

4,5 fois l'EBITDA sert de base au calcul

La formule s'appuie sur les résultats de BRAVIA Inc. Pour chaque tranche, le contrat prend l'EBITDA de l'exercice précédent et le multiplie par 4,5, puis applique la proportion d'actions concernée. Certains dividendes déjà versés à Sony sont ensuite déduits.

Ce détail rend la valeur de sortie dépendante du fonctionnement réel de l'entreprise. Une BRAVIA Inc. beaucoup plus rentable n'a théoriquement pas la même valeur dans cette formule qu'une société dont les marges se seraient dégradées.

À partir du neuvième anniversaire, un mécanisme supplémentaire de décote entre dans le calcul. Les deux premières tranches disposent à l'inverse d'une protection spécifique liée à la valeur des fonds propres de départ et à un intérêt simple de 1 % par an pendant six ans.

Le plafond de 100 milliards de yens a un deuxième payeur derrière lui

Le 11 mai, TTE Corporation et Sony ont fixé à 100 milliards de yens le maximum cumulé que TTE devra payer directement pour les trois tranches. TCL explique avoir calculé ce plafond à partir des projections de chiffre d'affaires et d'EBITDA de BRAVIA Inc., de l'évolution du marché mondial des téléviseurs et d'une estimation du prix de sortie.

Le document précise immédiatement que 100 milliards de yens ne représentent pas le montant réel attendu du paiement.

Surtout, si la formule contractuelle aboutit à davantage, T.C.L. Industries Holdings (H.K.), actionnaire de contrôle de TCL Electronics, s'est engagé séparément à payer à Sony l'excédent. TCL Electronics n'a pas à le rembourser et aucun actif de son groupe ne sert de garantie à cet engagement.

Pour lire correctement le chiffre, il faut donc distinguer le plafond de trésorerie supporté directement par TTE Corporation de la protection économique accordée à Sony.

À 20 % ou moins, Sony perdrait aussi une grande partie de son poids au conseil

Le passage le plus concret pour l'équilibre technologique futur de BRAVIA se trouve peut-être dans la gouvernance. Après la deuxième tranche, si Sony ne détient plus que 20 % ou moins, TCL peut nommer quatre des cinq administrateurs. Sony n'en nomme plus qu'un.

Ce mécanisme ne dit rien, à lui seul, sur la qualité d'image d'un futur téléviseur, le choix de sa dalle ou le maintien d'un processeur Sony. Aucun de ces éléments techniques n'est fixé par l'option de vente.

Il montre en revanche que l'influence de Sony dans l'organisation qui prendra les décisions produit peut évoluer avec son capital. Le 51/49 annoncé pour le lancement est donc bien une structure initiale, avec des règles déjà écrites pour ce qui pourrait venir après.