L’évolution technologique se mesure parfois très simplement : Cody Walker avait été indispensable pour finir Furious 7. Pour Fast Forever, il estime que la production pourrait très bien se passer de lui.

Après la mort de Paul Walker en 2013, Cody et Caleb Walker avaient servi de doublures sur les séquences restant à produire. Des techniques d’effets visuels avaient ensuite permis de reconstruire certaines apparitions de Brian O’Conner et d’achever le film.

Aujourd’hui, Cody refuse de renouveler l’expérience. Il évoque à la place l’intelligence artificielle et l’immense bibliothèque d’images accumulée pendant plusieurs films.

Une quantité de données particulièrement favorable à une reconstruction numérique

Le cas Paul Walker possède une caractéristique que beaucoup de projets de résurrection numérique n’ont pas : les matériaux de référence sont nombreux. Universal dispose de prises utilisées et inutilisées tournées sur plusieurs années, sous de nombreux angles et dans des conditions professionnelles.

Cody ne décrit aucune technologie précise, aucun modèle et aucun pipeline effectivement retenu pour Fast Forever. Il serait donc prématuré de parler d’une résurrection par IA déjà décidée.

Il constate seulement que la boîte à outils de 2026 n’est plus celle de 2014.

AI was not a thing back in 2014, so they could do that.

Ce point est important : « IA » peut couvrir des opérations très différentes. Synthèse ou remplacement facial, modification d’une performance existante, génération d’éléments intermédiaires, restauration d’archives ou combinaison avec des effets visuels traditionnels peuvent tous intervenir dans une production moderne. Rien ne confirme lequel de ces procédés serait employé ici.

Le consentement devient plus compliqué que le rendu

Cody Walker déplace lui-même la discussion vers cette question. Selon lui, le choix de ramener Paul à l’écran devrait surtout dépendre de Meadow Walker.

La technique peut produire une image crédible. Elle ne détermine pas qui possède la légitimité pour commander une nouvelle prestation numérique d’une personne décédée, ni où doit se situer la limite entre archive, effet visuel et performance reconstruite.

C’est aussi ce qui distingue le cas Fast Forever de Furious 7. À l’époque, les effets avaient été mobilisés pour terminer un film dont Paul Walker avait déjà commencé le tournage. Ici, un éventuel retour aurait lieu dans une œuvre entièrement nouvelle, plus de quatorze ans après sa mort.

Même visage, contexte juridique et éditorial nettement différent.

Vin Diesel met une pression supplémentaire sur la technologie

Le scénario reste inconnu, mais Vin Diesel a publiquement annoncé qu’il voulait réunir Dom et Brian pour la conclusion. Cette promesse transforme une possibilité technique en véritable question de production.

Il existe évidemment des méthodes ne nécessitant aucune recréation complète. Des archives pourraient être réutilisées, la mise en scène pourrait éviter de montrer directement Brian, ou la présence du personnage pourrait rester symbolique.

Cody Walker affirme en tout cas que lui et Caleb ne sont plus indispensables à l’équation.

L’IA ne rend pas automatiquement le résultat acceptable

Pouvoir générer un acteur disparu de manière convaincante ne répond pas aux questions artistiques. Une image parfaite peut toujours produire une scène déplacée si elle contredit la manière dont le personnage avait été quitté ou si elle donne l’impression qu’une nouvelle performance a été fabriquée sans nécessité.

Furious 7 avait précisément transformé une contrainte technique terrible en adieu. Brian quittait l’action sans mourir, et la dernière séparation entre les deux voitures permettait à la saga de continuer sans effacer Paul Walker.

Fast Forever sortira le 17 mars 2028. D’ici là, Universal devra peut-être résoudre une difficulté plus compliquée que n’importe quel modèle génératif : déterminer si Brian doit réellement être recréé simplement parce qu’il peut l’être.