730,9 millions de dollars entrent dans les ETF Bitcoin en une seule séance

Les ETF Bitcoin spot américains ont enregistré 730,9 millions de dollars d’entrées nettes le 3 septembre, leur meilleure journée depuis le 14 janvier.

BlackRock a capté l’essentiel du mouvement avec environ 454 millions de dollars pour IBIT. Six autres produits, notamment ceux de Fidelity et Grayscale, ont également terminé la séance en positif.

Le contexte macroéconomique a beaucoup compté. Les commentaires plus accommodants du gouverneur de la Réserve fédérale Christopher Waller ont soutenu les actifs risqués et Bitcoin est revenu au-dessus de 80 000 dollars.

Les flux n’ont d’ailleurs pas complètement disparu après cette séance : sur l’ensemble de la semaine suivante, les ETF Bitcoin spot américains ont encore affiché près de 987 millions de dollars d’entrées nettes.

Zcash dépasse 1 000 dollars et revient dans les portefeuilles institutionnels

Zcash a profité du même mouvement, mais avec une amplitude autrement plus spectaculaire. Le ZEC a dépassé 1 000 dollars le 4 septembre.

Le regain d’intérêt accompagne la transformation progressive de l’ancien Grayscale Zcash Trust en véhicule ETF coté sous le ticker ZCSH et une remontée de la demande pour une exposition réglementée au token.

Le hashrate a également grimpé, avec davantage de puissance de calcul venue chercher la rentabilité offerte par la hausse du prix.

Zcash conserve pourtant un positionnement assez particulier. Son intérêt repose largement sur les transactions protégeant davantage les informations relatives à l’expéditeur, au destinataire et aux montants, alors que le produit financier réglementé qui donne accès à son prix fonctionne, lui, dans un environnement KYC et de conservation institutionnelle.

La Corée du Sud veut tokeniser bien davantage que de la crypto

Le changement le plus structurel vient peut-être de Séoul.

La Financial Services Commission sud-coréenne a détaillé une stratégie en trois étapes destinée à construire à partir de 2027 une infrastructure pouvant accueillir des actions, obligations, fonds et autres titres sous forme tokenisée.

La première phase doit commencer avec l’entrée en vigueur de la nouvelle législation sur les security tokens en février 2027. Des instruments comme certains fonds monétaires privés, obligations d’entreprise et actions non cotées doivent faire partie des premiers cas d’usage.

Les étapes suivantes élargiraient la mécanique aux titres distribués publiquement avant d’aboutir, à terme, à un règlement directement on-chain. Le régulateur envisage explicitement l’usage de stablecoins dans cette dernière couche.

La blockchain n’est plus seulement le support de nouveaux actifs. Elle commence ici à être envisagée comme une tuyauterie pour des actifs qui existaient bien avant Bitcoin.

Coinbase veut importer les perpetuals crypto sur le marché actions

Coinbase avait déjà lancé hors des États-Unis des perpetual futures donnant une exposition synthétique à des actions américaines. Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Nvidia, Meta et Tesla figurent notamment dans l’offre internationale, négociable 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Le 3 septembre, l’entreprise a confirmé avoir déposé un formulaire d’enregistrement auprès de la SEC afin d’obtenir une voie réglementaire pour proposer ce type de produit aux investisseurs américains.

Un perpetual n’expire pas comme un contrat à terme classique. Son prix est maintenu à proximité de celui de l’actif de référence par un mécanisme de financement entre positions longues et courtes.

Importer cette mécanique sur les actions revient à remettre en cause une caractéristique très ancienne de Wall Street : des horaires de cotation limités. Coinbase commercialise déjà ses stock perps internationaux comme une exposition 24/7.

La demande déposée auprès de la SEC n’est pas une autorisation. Aux États-Unis, le produit reste donc un projet réglementaire.

Hyperliquid pourrait entrer aux États-Unis sans y importer son exchange tel quel

Le cas Hyperliquid est encore moins arrêté.

Donald Trump a indiqué vouloir voir Hyperliquid entrer sur le marché américain par une voie légale et conforme. La CFTC pourrait jouer un rôle majeur dans cette ouverture.

Une possibilité évoquée consiste à utiliser certains éléments technologiques, la liquidité ou la conception de marché d’Hyperliquid à travers des intermédiaires réglementés, plutôt qu’à simplement ouvrir l’actuel exchange décentralisé américain à tout le monde.

Kraken et Bitnomial figurent parmi les acteurs cités autour de scénarios potentiels. La SEC pourrait également être concernée lorsque la garde, le routage ou la nature des produits croisent le droit des valeurs mobilières.

Rien de tout cela ne constitue encore une architecture finale approuvée.

OpenReserve reçoit un premier feu vert pour devenir une vraie banque nationale

OpenReserve pousse la convergence beaucoup plus loin : l’entreprise ne cherche pas seulement une licence crypto.

L’Office of the Comptroller of the Currency a accordé le 2 septembre une approbation conditionnelle préliminaire à la demande de création d’OpenReserve Bank, National Association, comme banque nationale américaine de plein exercice.

La société, soutenue notamment par Andreessen Horowitz, prévoit des dépôts tokenisés, des services de conservation d’actifs numériques et une filiale dédiée aux stablecoins.

L’autorisation reste conditionnelle. L’OCC exige notamment au moins 210 millions de dollars de capital initial libéré, net des dépenses de création et de préouverture.

OpenReserve devra également maintenir un ratio de levier Tier 1 d’au moins 12 % pendant ses trois premières années.

C’est beaucoup moins spectaculaire qu’un token qui double. C’est aussi beaucoup plus proche du fonctionnement d’une banque classique.

Pendant ce temps, Trezor découvre que les données de livraison n’avaient pas disparu

La même semaine a fourni un rappel beaucoup moins abstrait des risques qui accompagnent la crypto.

Trezor a annoncé qu’environ 67 000 clients américains supplémentaires étaient concernés par l’incident de sécurité chez son prestataire logistique ShipMonk.

Les nouvelles données remontent à des commandes réalisées entre novembre 2019 et août 2021. Noms, adresses email, numéros de téléphone, adresses de livraison et numéros de commande figurent parmi les informations exposées.

L’annonce initiale d’août concernait environ 13 689 clients. Le périmètre est donc désormais nettement plus large.

Trezor affirme avoir demandé à plusieurs reprises la suppression de ces informations et avoir reçu des confirmations écrites indiquant que les données avaient bien été supprimées.

Elles ne l’étaient pas.

Les wallets eux-mêmes ne sont pas compromis

Trezor précise que son infrastructure interne et ses hardware wallets n’ont pas été touchés. Les seeds de récupération ne font pas partie des données décrites comme exposées.

Le risque concerne surtout les attaques ultérieures : emails de phishing, appels frauduleux, faux courriers et scénarios d’ingénierie sociale beaucoup plus crédibles lorsque l’attaquant connaît déjà le nom, l’adresse et le fait qu’une personne a acheté un hardware wallet.

L’adresse physique ajoute une dimension supplémentaire. Un fichier de clients ayant acheté du matériel de conservation crypto révèle potentiellement où vivent des personnes susceptibles de posséder des actifs numériques.

Sept actualités, mais une seule direction commence à apparaître

Bitcoin passe par des ETF cotés. Zcash rejoint lui aussi les véhicules financiers réglementés. La Corée du Sud veut placer des titres traditionnels sur des rails tokenisés. Coinbase tente d’appliquer aux actions un produit né sur les marchés crypto.

Hyperliquid cherche une porte d’entrée réglementaire aux États-Unis. OpenReserve veut devenir une banque nationale.

À mesure que ces frontières disparaissent, le vocabulaire devient presque moins utile : « crypto » et « finance traditionnelle » décrivent de plus en plus souvent deux couches techniques d’un même marché.

La fuite ShipMonk ajoute une note moins élégante à cette évolution. On peut déplacer des titres sur une blockchain et garder des milliards sous contrôle cryptographique ; une vieille base de données contenant des adresses de livraison peut toujours devenir le maillon faible.