La feuille de route d'Ethereum affiche désormais Glamsterdam en phase de test sur les devnets, avec un passage prévu sur Sepolia le 28 septembre 2026. L'activation du mainnet reste annoncée pour le quatrième trimestre, sans date définitive. C'est une nuance importante : le calendrier se précise, mais le hard fork n'a pas encore son jour de lancement gravé dans le protocole.
Glamsterdam arrive après Fusaka, activé en décembre 2025, et déplace une partie de l'effort de mise à l'échelle vers le Layer 1 lui-même. L'objectif n'est plus seulement de donner davantage de place aux rollups. Ethereum veut également rendre sa couche de base capable d'absorber plus de travail, plus efficacement, sans laisser la taille de l'état et les contraintes matérielles partir dans le décor.
ePBS change la mécanique de construction des blocs
L'un des morceaux centraux de Glamsterdam est EIP-7732, l'Enshrined Proposer-Builder Separation, ou ePBS. Ethereum sépare déjà en pratique le rôle du validateur qui propose un bloc et celui de l'acteur qui construit son payload d'exécution, mais une partie de ce fonctionnement dépend aujourd'hui d'infrastructures et de relais extérieurs au protocole.
ePBS inscrit cette séparation directement dans Ethereum. La transaction entre builder et proposer devient une mécanique native du protocole et le calendrier de validation est réorganisé. Selon la documentation Ethereum, la fenêtre disponible pour propager le payload d'exécution peut alors passer d'environ deux secondes à près de neuf secondes.
Ce chiffre est beaucoup plus intéressant que le nom barbare de l'EIP. Une fenêtre de propagation plus longue donne davantage de marge pour manipuler des blocs et des volumes de données plus importants sans demander au réseau entier de terminer son travail dans un goulet de quelques secondes.
Préparer Ethereum à traiter davantage de choses en parallèle
L'autre changement architectural majeur passe par les Block-Level Access Lists, ou BALs, définies par EIP-7928. Aujourd'hui, l'exécution Ethereum reste fortement séquentielle : avant d'exécuter une transaction, un nœud ne connaît pas nécessairement toutes les portions de l'état qu'elle va lire ou modifier.
Les BALs ajoutent au niveau du bloc une carte des accès à l'état et des modifications attendues. Des transactions indépendantes peuvent alors être identifiées plus facilement, ce qui prépare le terrain à des lectures et traitements parallèles. Glamsterdam ne transforme donc pas soudainement l'EVM en énorme moteur parallèle dès son activation, mais pose une pièce indispensable pour aller dans cette direction.
Le même mécanisme doit aussi aider la synchronisation des nœuds. Certaines informations finales deviennent directement disponibles sans imposer exactement le même parcours d'exécution pour retrouver chaque changement. Sur une blockchain dont la base de données ne devient évidemment pas plus petite avec les années, ce genre de détail finit par peser lourd.
Le gas baisse ici, augmente ailleurs
Glamsterdam ne se contente pas de chercher du débit. Plusieurs EIP reprennent la tarification du gas afin de mieux faire correspondre le prix d'une opération au travail réellement demandé au matériel.
EIP-2780 va dans le sens immédiatement visible pour l'utilisateur : la documentation Ethereum indique qu'un simple transfert d'ETH entre comptes existants pourrait voir son coût intrinsèque diminuer jusqu'à 71 %. La création d'un nouveau compte conserve en revanche un coût supplémentaire afin de tenir compte de l'espace permanent ajouté à l'état.
À l'autre bout du spectre, EIP-8037 et EIP-8038 augmentent ou réorganisent certains coûts liés à la création et à l'accès à l'état. Ce n'est pas très vendeur sur une capture de portefeuille, mais l'idée est saine : une opération lourde pour les nœuds ne devrait pas rester artificiellement bon marché simplement parce que son tarif historique a mal vieilli.
La Fondation Ethereum a d'ailleurs publié le 24 août une analyse spécifique sur ces repricings. Des relectures de transactions historiques ont identifié un petit groupe de smart contracts dont les hypothèses de gas peuvent être perturbées. La grande majorité des contrats testés n'est pas concernée, et plusieurs cas signalés peuvent être corrigés par une hausse de la limite de gas utilisée lors de l'appel.
Les développeurs ont une vraie raison de tester avant septembre
Le testnet temporaire Platåberget a précisément été ouvert pour exposer l'écosystème à ces changements avant leur arrivée sur les réseaux de test plus durables. La Fondation Ethereum prévient que certains outils dépendant d'une limite maximale de gas codée en dur peuvent casser : wallets, indexeurs et estimateurs de gas font partie des logiciels explicitement cités.
Pour un détenteur d'ETH ordinaire, il n'y a en revanche aucune conversion à effectuer avant Glamsterdam. Ethereum précise que les soldes restent en place et qu'un message demandant de « mettre à niveau » ou de convertir ses ETH à cause du hard fork doit être considéré comme une tentative d'arnaque.
Les opérateurs de nœuds et validateurs auront, eux, besoin de versions de clients compatibles lorsque l'activation approchera. Glamsterdam touche à la couche d'exécution comme à celle de consensus ; ce n'est pas le genre de fork sur lequel on garde tranquillement un client datant de six mois en espérant que tout se passe bien.
Sepolia d'abord, le mainnet ensuite
Le 28 septembre constitue donc le prochain jalon concret. Si le fork Sepolia se déroule correctement, Glamsterdam poursuivra sa progression vers le mainnet au quatrième trimestre 2026. Le périmètre est largement arrêté, mais Ethereum rappelle encore que certains détails peuvent changer avant l'activation finale.
Et derrière Glamsterdam, Hegotá est déjà inscrit sur la feuille de route pour 2027. Ethereum n'a visiblement pas prévu de laisser refroidir les clients.