EarFun a officiellement lancé le Wave Pro X le 3 septembre, après plusieurs mois de démonstrations depuis le CES 2026.

Le casque coûte 129,99 dollars aux États-Unis et 149,99 euros sur la boutique européenne de la marque.

À ce prix, il se retrouve face à des modèles milieu de gamme beaucoup plus simples mais prétend reprendre une partie de la technologie de casques deux ou trois fois plus chers.

Chaque oreille reçoit deux transducteurs

Le Wave Pro X n'utilise pas le traditionnel unique haut-parleur dynamique par oreillette.

EarFun appelle son système DCAA, pour Dual-Coaxial Acoustic Architecture.

Un transducteur dynamique de 40 mm à membrane DLC s'occupe principalement des graves et du bas du spectre.

Un second transducteur de 10 mm en LCP prend en charge les fréquences plus élevées.

Les deux sont disposés sur le même axe acoustique.

Le coaxial cherche surtout à éviter que deux haut-parleurs se battent entre eux

Mettre deux transducteurs dans un casque n'est pas automatiquement synonyme de meilleur son.

Lorsque deux sources acoustiques sont placées à des endroits différents, leurs ondes peuvent arriver avec de petits décalages et créer des irrégularités de phase ou de directivité.

EarFun essaie de limiter ce problème en alignant les deux diaphragmes autour d'un même centre acoustique.

Le principe rappelle celui des enceintes coaxiales où tweeter et woofer partagent physiquement le même axe.

Cela ne garantit évidemment pas un équilibre parfait. Le filtre et le réglage entre les deux transducteurs restent déterminants.

Un crossover piloté par algorithme répartit les fréquences

EarFun ne laisse pas simplement les deux haut-parleurs jouer le même signal.

Un crossover numérique gère la distribution des fréquences entre le 40 mm et le 10 mm.

La marque parle d'une synchronisation assistée par IA pour maintenir l'alignement de phase lorsque le morceau devient complexe.

Il faut rester raisonnable avec le terme IA : l'intérêt concret réside dans le traitement numérique du crossover et la capacité à adapter précisément les deux voies, pas dans la présence magique d'un grand modèle génératif dans le casque.

Le QCC3095 est le centre de presque toute la fiche technique

La plateforme utilise le Qualcomm QCC3095, intégré à la Snapdragon S3 Gen 1 Sound Platform.

Ce SoC gère la liaison sans fil, les codecs, l'ANC, les traitements audio et une partie de la consommation.

Il permet au Wave Pro X d'offrir Bluetooth 6.0, LE Audio, Auracast et plusieurs variantes d'aptX.

EarFun ajoute également Google Fast Pair et une connexion multipoint à deux appareils.

Pour un utilisateur qui alterne toute la journée entre ordinateur et téléphone, le multipoint sera probablement beaucoup plus utile au quotidien qu'une certification Hi-Res imprimée sur la boîte.

aptX Lossless existe, mais seulement avec une source compatible

La liste des codecs comprend aptX, aptX Adaptive, aptX Lossless, LC3, LDAC et SBC.

Cette variété est inhabituelle à 149,99 euros.

aptX Lossless peut transmettre du PCM 16 bits / 44,1 kHz sans perte dans des conditions de liaison compatibles avec Snapdragon Sound.

Cela ne signifie pas que n'importe quel téléphone Android obtient automatiquement du lossless.

Le smartphone doit prendre en charge la technologie correspondante, et les conditions radio doivent permettre au codec de maintenir son débit.

LDAC sert de solution plus largement disponible sur Android

La présence de LDAC est donc importante.

Beaucoup plus de smartphones Android savent utiliser le codec de Sony que le chemin complet nécessaire à aptX Lossless.

LDAC n'est pas toujours sans perte et adapte son débit selon la configuration.

Il offre néanmoins une option haute définition sans exiger obligatoirement un téléphone Snapdragon Sound récent.

Sur iPhone, la situation est plus simple : la connexion Bluetooth n'exploitera ni LDAC ni aptX Lossless.

L'utilisateur Apple devra passer par les codecs pris en charge par iOS ou utiliser une liaison filaire.

USB-C transforme aussi le casque en périphérique audio filaire numérique

Le Wave Pro X accepte l'audio directement par USB.

Le signal peut donc contourner la compression Bluetooth lorsqu'un ordinateur, une tablette ou un téléphone compatible est relié physiquement.

Une entrée analogique 3,5 mm est également présente.

C'est une caractéristique particulièrement utile dans l'avion, sur une console portable ou avec un appareil qui ne dispose pas du codec sans fil recherché.

L'ANC reste actif même en USB ou en jack

EarFun a évité une limitation que l'on rencontre encore sur certains casques.

La réduction active du bruit continue de fonctionner lorsque l'audio arrive en USB ou via l'entrée auxiliaire.

Le casque conserve donc son électronique et son alimentation même lorsqu'il est relié physiquement à la source.

Pour un long vol utilisant le système de divertissement de l'avion, cette combinaison peut être beaucoup plus pratique que n'importe quel codec Bluetooth.

Huit microphones alimentent l'ANC et les appels

Le casque dispose de huit microphones.

Une partie surveille le bruit extérieur et une autre ce qui se passe à l'intérieur des oreillettes.

Le système hybride peut alors comparer les deux informations pour corriger le signal envoyé aux transducteurs.

Les mêmes ressources servent également à isoler la voix lors des appels et à réduire les bruits de vent ou d'environnement.

EarFun annonce jusqu'à 800 ajustements ANC par seconde

QuietSmart 3.5 ne fonctionne pas avec un unique réglage fixe.

EarFun affirme que l'environnement peut être analysé et le filtrage ajusté jusqu'à 800 fois par seconde.

Le casque peut ainsi renforcer l'annulation dans un transport bruyant puis adopter un comportement différent dans un bureau plus calme.

Ce chiffre décrit la fréquence de fonctionnement de l'algorithme, pas 800 niveaux audibles de réduction de bruit.

Il faudra surtout comparer en laboratoire et dans la rue l'efficacité réelle face aux meilleurs casques de Sony, Bose ou Sonos.

À 149,99 €, EarFun n'a pas besoin de battre Bose sur tous les bruits

C'est là que le prix modifie le jugement.

Un casque à 450 euros peut difficilement excuser un ANC simplement correct.

À 149,99 euros, le Wave Pro X peut rester intéressant même s'il n'atteint pas le silence d'un flagship, à condition que l'ensemble soit cohérent.

L'ANC devient ici une partie d'une proposition beaucoup plus large comprenant codecs, autonomie et connectique.

L'autonomie commerciale finale est de 90 heures

Les premiers prototypes montrés au CES ont été associés à des chiffres allant jusqu'à 100 heures.

La fiche commerciale finale d'EarFun est plus précise : jusqu'à 90 heures avec l'ANC désactivé.

Avec l'ANC actif, le chiffre officiel descend à 50 heures.

Ces valeurs varient naturellement selon le volume, le codec et les fonctions utilisées.

Même le chiffre le plus faible reste suffisant pour traverser plusieurs journées de déplacement sans chercher une prise.

Quinze minutes de charge peuvent ajouter dix heures

La batterie intégrée affiche 800 mAh.

EarFun annonce environ deux heures pour une recharge complète.

Une charge rapide de 15 minutes apporte jusqu'à dix heures supplémentaires.

Cette capacité réduit aussi l'importance pratique des 90 heures : même si l'utilisateur oublie de recharger pendant plusieurs jours, une courte connexion avant de partir suffit pour récupérer une journée entière.

259 grammes, c'est relativement léger pour un circum-aural équipé de cette manière

Le Wave Pro X pèse 259 grammes.

C'est nettement plus léger que plusieurs casques premium dépassant les 300 grammes.

Les oreillettes reprennent une géométrie inspirée de la forme de l'oreille et sont inclinées d'environ 12 degrés selon la communication autour du produit.

L'arceau est recouvert de tissu et les coussinets utilisent une imitation cuir.

Le confort réel restera évidemment dépendant de la pression de l'arceau, de la chaleur et de la morphologie de chacun.

Le casque se replie réellement

Les charnières permettent de rabattre les oreillettes dans un format plus compact.

EarFun fournit un étui de transport.

C'est une caractéristique banale en apparence, mais plusieurs casques premium modernes ont abandonné le vrai pliage au profit d'oreillettes qui pivotent seulement à plat.

Pour un produit destiné aux voyages et doté de 90 heures d'autonomie, le choix est cohérent.

Auracast n'est pas seulement un autre logo Bluetooth

Auracast permet à une source compatible de diffuser un même flux audio vers plusieurs récepteurs à proximité.

Le principe ressemble davantage à une petite émission radio numérique locale qu'à un appairage Bluetooth traditionnel un-à-un.

Deux personnes pourraient par exemple écouter la même source avec des casques différents sans partage physique de câble.

À terme, des lieux publics peuvent également diffuser leurs propres flux accessibles aux appareils compatibles.

La valeur immédiate reste encore limitée par le nombre de sources et d'infrastructures Auracast réellement disponibles.

Mais le Wave Pro X possède déjà le matériel nécessaire si l'écosystème se développe.

Le multipoint est probablement plus utile dès aujourd'hui

Deux appareils peuvent rester connectés simultanément.

Un utilisateur peut ainsi regarder une vidéo sur un ordinateur et accepter un appel sur son téléphone sans refaire l'appairage.

Ce type de fonction améliore chaque journée d'utilisation.

C'est moins spectaculaire qu'aptX Lossless, mais beaucoup plus facile à apprécier quelle que soit la qualité du fichier écouté.

Un mode jeu réduit la latence

L'application EarFun propose un Game Mode à très faible latence.

Le but est de raccourcir le délai entre l'image et le son dans les jeux et les vidéos.

EarFun ne remplace pas pour autant un casque gaming utilisant une liaison radio propriétaire 2,4 GHz lorsque la latence minimale absolue est indispensable.

Pour un smartphone, une tablette ou une console compatible Bluetooth, ce mode élargit néanmoins l'usage du casque.

L'application permet de modifier davantage que l'égaliseur

EarFun Audio centralise le choix des modes ANC, la personnalisation des commandes et les réglages sonores.

Des égaliseurs prédéfinis et personnalisés permettent d'agir sur la signature du casque.

C'est particulièrement pertinent sur une architecture à deux transducteurs, dont le réglage par défaut n'est pas nécessairement adapté à toutes les préférences.

Les mises à jour du firmware passent également par cette application.

« Hi-Res » ne veut toujours pas dire que tous les morceaux sonneront mieux

Le Wave Pro X possède les certifications Hi-Res Audio et Hi-Res Wireless.

Elles indiquent que la chaîne peut satisfaire certains critères techniques de fréquence et de transmission.

Elles ne garantissent pas qu'une chanson compressée devienne soudainement haute résolution, ni qu'un auditeur préfère automatiquement le résultat.

La qualité de l'enregistrement, du mixage et surtout du réglage acoustique du casque reste déterminante.

Le prix américain est encore plus agressif que le prix européen

EarFun vend le Wave Pro X 129,99 dollars sur son marché américain.

En Europe, le tarif officiel est de 149,99 euros.

Même au prix européen, il reste bien sous les 300 à 500 euros demandés par beaucoup de casques combinant ANC avancé et codecs haute définition.

La comparaison ne doit pas être limitée au nombre de fonctions.

Un casque plus cher peut toujours justifier son prix par un meilleur ANC, de meilleurs microphones, une finition supérieure ou un réglage acoustique plus abouti.

Mais EarFun réduit considérablement le nombre de fonctions premium que l'on peut encore utiliser pour justifier mécaniquement un tarif de 400 euros.

Le double transducteur est plus intéressant que la liste interminable de codecs

Le marché audio adore accumuler les acronymes.

Bluetooth 6.0, LC3, aptX Adaptive, aptX Lossless, LDAC, LE Audio et Auracast donnent au Wave Pro X une liste impressionnante.

Mais une partie de ces technologies dépend du téléphone utilisé et certaines produiront une différence minime dans beaucoup de situations.

L'architecture DCAA est plus fondamentale.

Elle modifie physiquement la manière dont le casque transforme un signal électrique en pression acoustique devant l'oreille.

Si le crossover et l'accord des deux transducteurs sont réussis, ce bénéfice reste présent quel que soit le service musical.

À 149,99 €, la question n'est plus « qu'est-ce qui manque ? »

Le Wave Pro X n'est pas automatiquement meilleur qu'un Sony, un Bose ou un Sonos simplement parce qu'il coche davantage de cases.

Il reste à mesurer précisément son ANC, sa réponse en fréquence, sa distorsion, ses microphones et son confort sur plusieurs heures.

Mais EarFun change la question posée au milieu de gamme.

À 149,99 euros, il devient difficile d'accepter qu'un casque concurrent retire l'audio USB, le multipoint, les codecs avancés ou l'étui de transport simplement parce que ces fonctions étaient autrefois considérées comme premium.

Le Wave Pro X n'a donc pas besoin de battre les casques à 450 euros sur chaque mesure.

Il lui suffit d'être suffisamment proche sur les points importants pour rendre leurs trois cents euros supplémentaires beaucoup plus difficiles à expliquer.