La précision apparaît dans le nouvel accord conclu entre les services du FMI et les autorités salvadoriennes sur les deuxième et troisième revues du programme Extended Fund Facility.
Le FMI dit avoir reçu des documents vérifiant que l’accumulation de Bitcoin depuis la première revue reflète des dons privés. L’institution ajoute qu’aucune accumulation supplémentaire n’est désormais attendue au-delà de ces dons documentés.
Le « 1 Bitcoin par jour » n’est plus une dépense publique
La nuance est importante parce que la communication officielle salvadorienne a longtemps entretenu l’image d’un État continuant méthodiquement à renforcer sa réserve.
Le problème n’était pas seulement comptable. L’accord signé avec le FMI prévoyait précisément que les avoirs publics en Bitcoin ne devaient plus augmenter par de nouveaux achats financés par l’État.
Le premier examen du programme a été achevé le 27 juin 2025.
Depuis cette date, le FMI ne dit donc pas que les réserves sont restées parfaitement immobiles. Il dit autre chose : les augmentations qui lui ont été documentées ne correspondent pas à des achats avec de l’argent public.
Les réserves ont pourtant continué à grimper
C’est précisément ce qui avait entretenu le doute.
Quelques mois après la première revue, les avoirs affichés publiquement avaient encore progressé. En novembre 2025, une augmentation de 1 090 BTC avait notamment fait passer le total communiqué autour de 7 474 BTC.
À l’époque, cette variation avait été largement présentée comme une nouvelle acquisition spectaculaire du Salvador.
Le FMI fournit maintenant une lecture différente : la documentation remise par les autorités attribue l’accumulation postérieure à juin 2025 à des dons privés.
Le FMI ne donne pas le détail de chaque don
L’institution n’a pas publié dans son communiqué la liste des donateurs, le calendrier complet des transferts ni le total exact correspondant à ces dons.
Elle insiste en revanche sur la nécessité d’améliorer encore la transparence des avoirs répartis entre les différents wallets contrôlés par le secteur public.
Des mesures supplémentaires sont également prévues pour renforcer la gouvernance et la gestion des risques liés aux crypto-actifs détenus par l’État.
Chivo quitte progressivement les mains du gouvernement
L’autre gros morceau du compromis avec le FMI concerne Chivo, le wallet lancé par le gouvernement lors de l’adoption du Bitcoin en 2021.
La participation publique y a été « substantiellement » réduite selon le FMI. La majorité du capital et le contrôle opérationnel ont été transférés à un opérateur privé.
L’État conserve toutefois une participation minoritaire ainsi que certaines responsabilités de conservation des actifs appartenant aux clients.
C’est un recul considérable par rapport au projet initial, lorsque Chivo était l’un des principaux outils utilisés par le gouvernement pour pousser l’adoption du Bitcoin dans le pays.
140 millions de dollars sont désormais en jeu
La clarification sur Bitcoin arrive dans le cadre d’un accord financier beaucoup plus large.
Le Salvador bénéficie depuis février 2025 d’un Extended Fund Facility de 40 mois représentant environ 1,4 milliard de dollars. Le FMI avait déjà décaissé 172,32 millions de droits de tirage spéciaux avant cette nouvelle étape.
L’accord conclu début septembre porte sur les deuxième et troisième revues du programme.
S’il est approuvé par le conseil d’administration du FMI et si les actions préalables convenues sont réalisées, environ 140 millions de dollars supplémentaires pourront être débloqués.
Bitcoin n’a pas disparu du programme
L’accord de 2025 imposait déjà plusieurs garde-fous : limitation de l’exposition publique, retrait progressif de Chivo, meilleure publication des adresses et avoirs contrôlés par l’État et renforcement du cadre réglementaire applicable aux actifs numériques.
Le nouveau communiqué confirme que ces exigences continuent.
Le FMI et le Salvador se sont notamment entendus sur de nouvelles étapes pour moderniser le cadre juridique, réglementaire et prudentiel des actifs numériques.
Le récit est devenu beaucoup plus compliqué qu’un simple achat quotidien
Le Salvador reste associé au Bitcoin, conserve des réserves importantes et continue de communiquer publiquement autour de cette stratégie.
Mais le mécanisme financier n’est plus celui des premières années.
Le wallet emblématique est en grande partie privatisé, les achats publics supplémentaires sont encadrés par le programme du FMI et les nouvelles unités ajoutées depuis juin 2025 sont désormais présentées à l’institution comme des dons privés.
Le prochain point sensible sera donc moins le nombre affiché sur le compteur que la traçabilité de chaque mouvement entre les différents wallets publics.