730,9 millions de dollars arrivent dans les ETF Bitcoin en une seule séance

Les ETF Bitcoin spot américains ont enregistré 730,9 millions de dollars d’entrées nettes le 3 septembre. Il s’agissait de leur meilleure journée depuis le 14 janvier.

BlackRock a récupéré à lui seul environ 454 millions de dollars via IBIT. Six autres fonds ont terminé la séance avec des flux positifs.

Le bilan hebdomadaire renforce le mouvement : les ETF Bitcoin ont finalement attiré 986,9 millions de dollars nets sur la semaine terminée le 4 septembre, contre 924,5 millions la semaine précédente. IBIT représente 691,5 millions de ce total.

Trois semaines consécutives sont désormais positives. Août avait déjà apporté 3,52 milliards de dollars d’entrées, le meilleur mois depuis septembre 2025.

Bitcoin reste pourtant autour de 80 000 dollars après avoir brièvement dépassé 81 700 dollars le 3 septembre. Les entrées dans les ETF sont bien un signal de demande pour ces véhicules ; elles ne constituent pas une garantie de hausse immédiate du BTC.

Zcash passe de curiosité historique à vedette du marché

Le mouvement le plus violent ne vient même pas de Bitcoin.

Zcash a franchi 1 000 dollars le 4 septembre, hors les séances extrêmement désordonnées de son arrivée sur les plateformes d’échange en 2016. Trois jours plus tard, ZEC a brièvement dépassé 1 200 dollars.

Le nouvel ETF Grayscale Zcash, coté sur NYSE Arca sous le ticker ZCSH depuis le 25 août, accompagne cette reprise. Le fonds est issu de la conversion du Grayscale Zcash Trust.

Au 4 septembre, ZCSH détenait environ 444 608 ZEC et affichait près de 463,2 millions de dollars d’actifs. Le fonds avait déjà enregistré au moins 34,4 millions de dollars d’entrées nettes dans les premiers jours suivant son lancement.

Le réseau minier suit la hausse. Sa puissance de calcul a dépassé brièvement 30 GSol/s après avoir évolué autour de 25 GSol/s fin août, ce qui augmente simultanément la sécurité économique du réseau et la concurrence entre mineurs.

La Corée du Sud ne veut plus tokeniser seulement des actifs exotiques

Séoul prépare un chantier autrement plus structurel.

La Financial Services Commission a publié le 4 septembre une feuille de route en trois phases destinée à construire une infrastructure de tokenisation pouvant couvrir les actions, obligations et fonds traditionnels.

La première phase commencera lorsque la réforme de l’Electronic Registration Act entrera en vigueur le 4 février 2027. Elle doit notamment couvrir certains fonds monétaires privés et obligations destinés aux investisseurs institutionnels, les actions non cotées via une structure de trust et les produits d’investissement fractionné proposés au public.

La deuxième phase doit ouvrir progressivement le système aux titres offerts publiquement.

La troisième est la plus ambitieuse : établir une infrastructure de paiement et de règlement on-chain pouvant être reliée aux stablecoins. Son calendrier dépendra des résultats des premières expérimentations et de la future législation sud-coréenne sur les stablecoins.

Coinbase veut mettre les perpetuals sur les actions

Aux États-Unis, Coinbase essaie de faire passer une mécanique née dans les marchés crypto de l’autre côté de la frontière.

L’entreprise a déposé auprès de la SEC un formulaire d’enregistrement afin d’obtenir le feu vert pour proposer des equity perpetuals aux investisseurs américains.

Un perpetual reproduit l’exposition économique d’un actif sans date d’expiration fixe. Dans la crypto, ces contrats sont devenus un produit central parce qu’ils permettent de maintenir une position longue ou courte en continu, avec un mécanisme de financement servant à rapprocher le prix du contrat de celui de l’actif.

Coinbase veut adapter cette logique aux actions. Son responsable des politiques publiques, Faryar Shirzad, souligne que les equity perps disposent déjà d’une demande sur les marchés internationaux.

L’autorisation américaine n’est pas encore acquise.

El Salvador accumule toujours des bitcoins, mais plus avec de l’argent public selon le FMI

Le cas salvadorien apporte une nuance assez importante à l’un des récits les plus connus de l’adoption souveraine de Bitcoin.

Le Fonds monétaire international indique qu’aucun fonds public n’a servi à accumuler davantage de bitcoins depuis juin 2025. Les autorités salvadoriennes auraient fourni des documents montrant que les augmentations constatées depuis cette date correspondent à des dons privés.

Cela ne signifie pas que les avoirs affichés du pays sont restés immobiles. Le total présenté publiquement a continué d’augmenter, notamment avec une opération de 1 090 BTC annoncée en novembre 2025.

Le point du FMI porte sur l’origine des fonds : selon l’institution, il ne s’agit plus d’achats financés par le secteur public depuis juin 2025.

Le gouvernement a aussi largement réduit son implication dans le portefeuille Chivo. Le contrôle opérationnel et la majorité de sa propriété ont été transférés à un acteur privé, l’État conservant une participation minoritaire et certaines responsabilités de garde.

Cette clarification accompagne un accord au niveau des services du FMI sur les deuxième et troisième revues du programme Extended Fund Facility. Sous réserve des étapes restantes et de l’approbation du conseil d’administration, environ 140 millions de dollars pourraient être débloqués.

OpenReserve veut carrément devenir une banque nationale

OpenReserve a choisi une autre voie : au lieu d’essayer de faire fonctionner une plateforme crypto à côté du système bancaire, la société veut entrer dans le système bancaire lui-même.

L’Office of the Comptroller of the Currency lui a accordé le 2 septembre une approbation conditionnelle préliminaire pour créer OpenReserve Bank, National Association, à Salt Lake City.

Le projet porte sur une banque à service complet proposant dépôts, crédit, paiements et services de trésorerie, auxquels s’ajouteraient des activités liées aux actifs numériques et de la conservation non fiduciaire.

OpenReserve prévoit également une filiale consacrée à l’émission d’un stablecoin et veut proposer des dépôts tokenisés.

L’autorisation n’est pas finale. L’OCC exige notamment au moins 210 millions de dollars de capital initial libéré, net des dépenses d’organisation et de préouverture. La banque devra aussi obtenir l’assurance des dépôts de la FDIC, devenir actionnaire de la Réserve fédérale et recevoir l’autorisation finale de l’OCC avant de pouvoir ouvrir.

Pendant ses trois premières années, elle devra maintenir un ratio de levier Tier 1 d’au moins 12 %.

Bitcoin approche d’un golden cross, ce qui ne garantit absolument rien

Au milieu de ces changements institutionnels, le marché conserve ses vieux rituels.

La moyenne mobile à 50 jours de Bitcoin approche de sa moyenne à 200 jours. Un passage au-dessus formerait le fameux golden cross, généralement interprété comme un signal de renforcement de la tendance.

L’historique est beaucoup moins propre que son nom.

CoinDesk a recensé douze golden crosses comparables depuis 2012. Sur les neuf pour lesquels un rendement à trois mois pouvait être calculé, la hausse moyenne atteignait 24,9 %. Seuls trois des douze signaux sont toutefois restés valides pendant une année complète sans être annulés par un death cross.

Les moyennes mobiles regardent le passé. Un croisement peut donc apparaître après qu’une grande partie du mouvement a déjà eu lieu.

Cette fois, les traders observent aussi la dominance de l’USDT, dont la moyenne à 50 jours approche à l’inverse d’un passage sous celle à 200 jours. Une diminution prolongée de la part des stablecoins dans la capitalisation totale peut accompagner une rotation vers les actifs plus risqués, mais ce ratio peut également baisser simplement parce que Bitcoin et les altcoins montent plus vite.

La semaine raconte surtout le rapprochement de deux systèmes

Les sept sujets semblent très différents : un ETF Bitcoin, Zcash, le régulateur coréen, Coinbase, El Salvador, une future banque et un signal de trading vieux de plusieurs décennies.

Ils convergent pourtant vers le même endroit.

Les investisseurs achètent du Bitcoin et maintenant du Zcash via des produits boursiers. Des régulateurs préparent des actions et obligations sur registre distribué. Coinbase veut appliquer les perpetuals aux actions. OpenReserve cherche une charte bancaire fédérale pour combiner dépôts classiques et actifs numériques.

Même El Salvador, pionnier de l’expérience Bitcoin souveraine, se retrouve désormais décrit à travers les contraintes d’un programme du FMI.

La crypto de septembre 2026 ressemble de moins en moins à un système financier parallèle. Elle ressemble à une collection de technologies, de produits et de risques que la finance traditionnelle est progressivement en train d’absorber.