Une milliseconde entre deux rafraîchissements
Le calcul brut est simple. À 1000 Hz, une période de rafraîchissement dure 1 ms. À 500 Hz, elle en dure 2 ; à 360 Hz, environ 2,78 ; à 240 Hz, 4,17.
Cette fréquence réduit donc la fenêtre temporelle entre deux débuts de trame. Elle peut aussi améliorer la continuité du mouvement lorsque le système produit suffisamment d'images distinctes.
Mais 1000 Hz côté dalle ne signifie pas 1 ms de latence totale. Souris, moteur du jeu, CPU, GPU, file de rendu, synchronisation, scanout et temps de transition des pixels s'ajoutent toujours. Le taux de rafraîchissement ne représente qu'un maillon.
Le GPU doit fournir quelque chose au moniteur
Un écran capable de recevoir 1000 rafraîchissements par seconde est surtout intéressant lorsque la machine peut approcher des fréquences d'images du même ordre. Les jeux compétitifs avec des réglages graphiques bas constituent donc le terrain naturel du XB253Q U1.
À 200 images par seconde, le panneau continuera de rafraîchir très vite, mais il n'existera évidemment pas 1000 nouvelles images de jeu uniques à afficher chaque seconde. Adaptive Sync permet de gérer les variations, sans fabriquer de rendu supplémentaire.
C'est aussi la raison pour laquelle Acer reste en Full HD. Passer de 1920 × 1080 à 3840 × 2160 multiplie par quatre le nombre de pixels calculés par image avant même de parler de 1000 fps.
0,3 ms avec VRB Pro, mais ce chiffre réclamera des mesures
Acer annonce 0,3 ms avec VRB Pro. Cette technologie Visual Response Boost est destinée à réduire le flou de mouvement et le ghosting. Elle ne doit pas être confondue avec la durée de rafraîchissement d'une trame ni considérée automatiquement comme le temps réel de toutes les transitions gris-à-gris de la dalle.
La caractérisation sérieuse passera donc par des mesures de réponse pixel, d'overshoot, de persistance et de latence d'affichage selon les différents réglages. À 1000 Hz, un panneau dont les pixels ne suivent pas correctement peut conserver un chiffre spectaculaire tout en perdant une partie de son intérêt visuel.
Le support FreeSync Premium et la certification G-SYNC Compatible servent à maintenir la synchronisation lorsque le framerate varie.
L'IPS ne disparaît pas dans la course aux Hertz
Acer utilise une dalle IPS plutôt qu'un OLED. Le constructeur annonce une luminosité native de 400 nits, un pic de 450 nits en mode HDR400, 99 % du sRGB et 90 % du DCI-P3.
La profondeur de couleur annoncée est de 8 bits + FRC. Ce n'est donc pas un écran positionné comme référence HDR ou moniteur de création : les spécifications couleur sont correctes, mais le budget technique du produit est clairement dépensé ailleurs.
Le contraste annoncé à 100 000 000:1 utilise la métrique ACM d'Acer et ne doit pas être lu comme un contraste statique natif de dalle IPS.
DisplayPort 2.1 accompagne deux HDMI 2.1
Acer équipe le XB253Q U1 de deux entrées HDMI 2.1 et d'un DisplayPort 2.1. Aucun haut-parleur n'est intégré. Le support VESA 100 × 100 mm est présent, ainsi qu'un pied réglable en hauteur sur 150 mm avec pivot, inclinaison et rotation.
Une autre particularité est la polarisation circulaire. Acer affirme que cette technologie réduit les reflets et rend la lumière de l'écran plus proche, dans ses caractéristiques de polarisation, de la lumière naturelle afin d'améliorer le confort sur les longues sessions.
L'idée mérite un test dédié. Elle est moins facile à résumer sur une boîte que « 1000 Hz », mais pourrait être plus perceptible pour quelqu'un assis plusieurs heures devant le panneau.
La guerre des 1000 Hz a déjà dépassé 1000 Hz
Le XB253Q U1 n'arrive pas dans un désert. LG a lancé un écran natif 1000 Hz avant lui et Samsung a présenté un modèle allant jusqu'à 1100 Hz. Le seuil symbolique des quatre chiffres a donc déjà cessé d'être exceptionnel quelques mois à peine après son apparition.
Acer demandera 1099 euros en Europe au premier trimestre 2027. À ce tarif, la comparaison avec les écrans OLED rapides et les modèles 1440p ou 4K sera inévitable.
Le Predator ne cherche pourtant pas le même compromis. Il choisit presque exclusivement la résolution temporelle. Reste maintenant aux mesures de latence et de netteté en mouvement à déterminer combien de cette milliseconde théorique arrive réellement jusqu'aux yeux.