730,9 millions de dollars arrivent dans les ETF Bitcoin en une séance
Les ETF Bitcoin spot américains ont enregistré jeudi 3 septembre leur plus importante journée d’entrées nettes depuis le 14 janvier : 730,9 millions de dollars.
BlackRock a capté la majorité du mouvement. Son fonds IBIT a reçu environ 454 millions de dollars à lui seul, tandis que six autres ETF, notamment ceux de Fidelity et Grayscale, ont également terminé la séance avec des entrées.
Le mois d’août avait déjà apporté environ 3,5 milliards de dollars aux fonds Bitcoin américains, leur meilleur mois depuis septembre 2025.
La chronologie compte. Ces flux sont arrivés après des propos plus accommodants du gouverneur de la Réserve fédérale Christopher Waller, qui ont atténué les craintes d’un nouveau durcissement monétaire. Bitcoin est ensuite revenu au-dessus de 81 000 dollars avant de se maintenir autour des 80 000 dollars.
Une journée d’ETF ne constitue pas à elle seule une nouvelle tendance institutionnelle. Mais 731 millions de dollars placés par l’intermédiaire de produits cotés montrent à quel point une partie de la demande Bitcoin passe désormais par des infrastructures financières parfaitement conventionnelles.
Zcash fait encore plus étrange : une crypto de confidentialité avec son ETF à Wall Street
Zcash a franchi 1 000 dollars le 4 septembre, hors les quelques séances extrêmement chaotiques qui avaient accompagné les premières cotations du ZEC en 2016.
Le cours a atteint environ 1 023 dollars, soit près de 94 % de progression sur un mois et une capitalisation approchant 17 milliards de dollars.
Le rally accompagne le lancement du Grayscale Zcash ETF. ZCSH a commencé à être négocié sur NYSE Arca le 25 août après conversion du Grayscale Zcash Trust.
Au 4 septembre, le fonds avait enregistré au moins 34,4 millions de dollars d’entrées nettes. Les données des 3 et 4 septembre étaient encore incomplètes au moment du bilan, tandis que la journée du 2 septembre avait apporté 12,6 millions de dollars.
Le contraste est remarquable : un actif historiquement associé aux transactions privées se retrouve emballé dans un produit financier réglementé accessible par l’intermédiaire d’un compte-titres.
Les mineurs Zcash ont également suivi le prix
L’activité ne s’est pas limitée aux marchés financiers.
La puissance de calcul du réseau Zcash est passée d’environ 25 GSol/s à la fin août à plus de 30 GSol/s pendant une partie de la période.
Davantage de machines signifie aussi davantage de concurrence. Une estimation publiée pour l’Antminer Z15 Pro plaçait son revenu brut autour de 708 dollars par MWh, environ 3 % sous son niveau du 24 août malgré la hausse du ZEC.
Le prix monte. La rentabilité de chaque mineur, elle, n’est pas obligée de suivre.
La Corée du Sud ne veut plus tokeniser seulement des actifs exotiques
Pendant que les États-Unis font entrer les cryptomonnaies dans les ETF, Séoul prépare le mouvement inverse : faire entrer les titres financiers classiques sur des infrastructures utilisant la blockchain.
La Financial Services Commission sud-coréenne a présenté le 4 septembre une feuille de route en trois phases couvrant à terme les actions, obligations et fonds.
Une modification de la législation sur l’enregistrement électronique des titres doit prendre effet le 4 février 2027. C’est à cette date que doit commencer la première phase.
Elle concernera notamment des fonds monétaires privés et des obligations réservées aux investisseurs institutionnels. Les actions non cotées pourront également être représentées au travers d’une structure de trust, tandis que certains produits d’investissement fractionné proposés au public entreront dans le dispositif.
La troisième phase prévoit les stablecoins directement dans le règlement
La deuxième étape doit élargir la tokenisation à l’ensemble des catégories de titres proposées au public si le premier déploiement fonctionne correctement.
La troisième est beaucoup plus ambitieuse : la FSC veut développer une infrastructure de paiement et de règlement on-chain pouvant être connectée à des stablecoins.
Les deuxième et troisième phases n’ont pas encore de calendrier rigide. Le régulateur les conditionne notamment au résultat de la première étape, à l’évolution technique du marché et à la future législation sud-coréenne sur les stablecoins.
Les courtiers déjà autorisés à exercer des activités d’investissement ne devront pas obtenir automatiquement une nouvelle licence simplement pour traiter des titres tokenisés. Des règles spécifiques subsistent pour les intermédiaires de gré à gré.
Hyperliquid pose une autre question : comment réglementer un marché qui n’a pas été construit comme une Bourse ?
Hyperliquid représente presque l’exact opposé de cette approche institutionnelle.
La plateforme s’est développée autour du trading décentralisé et des contrats perpétuels crypto, en dehors de la structure traditionnelle des marchés américains.
Donald Trump a déclaré en août vouloir que la CFTC travaille à permettre l’arrivée d’Hyperliquid aux États-Unis. Le sujet est revenu au premier plan début septembre lorsque plusieurs spécialistes ont détaillé les formes que pourrait prendre une telle ouverture.
Cela ne signifie pas nécessairement que le site Hyperliquid actuel ouvrirait simplement ses portes aux clients américains.
Une structure réglementée pourrait utiliser certaines briques de sa technologie, sa liquidité ou son modèle de marché derrière des intermédiaires autorisés. Kraken et Bitnomial font partie des acteurs évoqués dans les scénarios étudiés par la presse spécialisée.
La SEC et la CFTC devraient probablement se partager le problème
Les perpetual futures sont précisément difficiles à faire entrer dans le cadre américain existant.
La CFTC supervise les marchés de dérivés, mais des questions de garde, de routage et de nature des actifs sous-jacents peuvent également attirer la SEC. Les règles devront en particulier déterminer qui détient les actifs, qui exécute l’ordre et quelles obligations s’appliquent lorsqu’une partie du système repose sur une infrastructure décentralisée.
Pour l’instant, il n’existe pas de lancement américain confirmé d’Hyperliquid sous sa forme actuelle. Il s’agit d’une direction politique et réglementaire, pas d’une ouverture commerciale déjà réalisée.
ETF, stablecoins, tokenisation : la séparation devient surtout juridique
Ces quatre actualités ne racontent pas une victoire générale de la crypto, ni même une adoption uniforme de la blockchain.
Les ETF Bitcoin retirent à l’utilisateur la nécessité de gérer directement des bitcoins. L’ETF Zcash fait la même chose avec ZEC. La Corée du Sud veut conserver des titres juridiquement traditionnels tout en modernisant leur représentation et leur règlement. Hyperliquid pose presque le problème depuis l’autre extrémité : comment prendre un marché né en dehors de ces institutions et lui construire une porte réglementée.
Le résultat ressemble moins à un remplacement de Wall Street par la blockchain qu’à une hybridation progressive des deux infrastructures.
La crypto institutionnelle commence à ressembler beaucoup à la finance
Le chiffre de 730,9 millions de dollars est spectaculaire, mais la partie la plus structurante se trouve peut-être ailleurs.
Un ETF Zcash coté sur NYSE Arca, des actions et obligations sud-coréennes promises à la tokenisation, un futur règlement en stablecoins et des discussions sur l’intégration d’un protocole de perpetuals aux marchés américains n’auraient pas appartenu à la même conversation il y a quelques années.
Aujourd’hui, ils arrivent dans la même semaine.