UGREEN a présenté la MagFlow Pro Magnetic Power Bank à l'IFA 2026 comme la première batterie externe magnétique Qi2 25 W utilisant un refroidissement liquide actif à micropompe.

Ce n'est pas un prototype derrière une vitrine. Le modèle 10 000 mAh est déjà commercialisé.

Le prix de lancement communiqué pour l'Europe est de 119,99 euros. Aux États-Unis, UGREEN l'affiche à 149,99 dollars.

C'est très cher pour une batterie de cette capacité. Presque tout l'intérêt du produit repose donc sur la question suivante : le refroidissement apporte-t-il quelque chose que les batteries passives ne peuvent plus garantir à 25 W ?

La recharge sans fil a un problème simple : une partie de l'énergie devient de la chaleur

Une liaison USB-C transmet directement l'énergie à travers des conducteurs.

La recharge sans fil doit créer un champ magnétique entre deux bobines, avec des pertes supplémentaires dans l'électronique et dans le couplage entre le chargeur et le téléphone.

Lorsque la puissance augmente, ces pertes deviennent beaucoup plus difficiles à ignorer.

UGREEN souligne que le passage de 15 à 25 W représente près de 70 % de puissance sans fil supplémentaire.

Cela ne signifie pas 70 % de chaleur en plus : la relation dépend du rendement. Mais cela suffit pour rendre le contrôle thermique beaucoup plus important.

CryoPulse est un vrai petit circuit de refroidissement liquide

Le système s'appelle CryoPulse.

Une micropompe fait circuler un liquide dans de petits canaux internes afin d'éloigner la chaleur des composants critiques.

UGREEN ajoute une feuille de cuivre destinée à répartir les points chauds sur une plus grande surface.

Les composants de charge sont également séparés physiquement afin d'éviter de concentrer toute la chaleur au même endroit.

Une fenêtre transparente occupe une partie de la face extérieure.

Les petites portions de liquide vert peuvent réellement être vues en mouvement lorsque le système fonctionne.

La fenêtre n'est pas nécessaire au refroidissement

Le « Cyber Window » est surtout là pour montrer que le produit possède quelque chose que les autres batteries n'ont pas.

Une pompe et un liquide pourraient évidemment fonctionner derrière une coque opaque.

UGREEN choisit de les rendre visibles parce que le système thermique constitue la principale justification du prix.

C'est du design démonstratif : l'utilisateur doit voir la technologie qu'il a payée.

UGREEN annonce jusqu'à 10 °C de moins, mais la comparaison est très spécifique

Le constructeur a testé la batterie avec un iPhone 17 Pro Max dans une pièce à 25 °C.

Il affirme avoir mesuré une température maximale jusqu'à 10 °C inférieure à une référence industrielle de 48 °C.

UGREEN annonce également jusqu'à 44 % de réduction de l'élévation thermique dans certaines conditions.

Ce sont des mesures internes du fabricant, pas encore un résultat indépendant applicable à chaque téléphone et à chaque température ambiante.

Elles montrent néanmoins pourquoi UGREEN a choisi un refroidissement actif : le but n'est pas de rendre la batterie glacée, mais de rester plus longtemps sous les seuils qui provoquent une réduction automatique de puissance.

Le vrai bénéfice potentiel est de maintenir 25 W plus longtemps

Les smartphones comme les chargeurs disposent de protections thermiques.

Lorsque la température augmente trop, ils peuvent diminuer la puissance afin de protéger les cellules et l'électronique.

Un produit peut donc annoncer 25 W tout en ne conservant cette puissance que pendant une fraction de la recharge.

Si CryoPulse retarde ce throttling, son intérêt se mesure moins au wattage maximal qu'à la courbe complète de charge.

UGREEN annonce ainsi 50 % de batterie sur un iPhone 17 Pro Max en environ 40 minutes via Qi2 25 W.

Ce chiffre devra être comparé à des batteries Qi2 passives dans les mêmes conditions pour savoir combien de minutes sont réellement gagnées.

10 000 mAh ne donnent évidemment pas 10 000 mAh au téléphone

La batterie contient deux cellules de 5 000 mAh pour une capacité nominale totale de 10 000 mAh.

Ce nombre ne correspond jamais directement à l'énergie finalement disponible dans la batterie du smartphone.

Il faut convertir la tension des cellules, alimenter l'électronique et subir les pertes du transfert sans fil.

UGREEN estime qu'une charge complète de la MagFlow Pro équivaut à environ 1,36 recharge d'un iPhone 17 Pro Max ou un peu plus de deux recharges d'un iPhone Air dans ses propres mesures.

Comme toujours avec les power banks, la capacité nominale est donc plus utile pour comparer les produits entre eux que pour calculer directement le nombre de charges complètes.

La partie filaire monte à 45 W

La MagFlow Pro intègre un câble USB-C qui forme également une dragonne.

Ce câble peut délivrer jusqu'à 45 W.

Un deuxième port USB-C permet de brancher un autre appareil.

La puissance totale de sortie de la batterie reste toutefois plafonnée à 45 W.

Brancher plusieurs appareils ne transforme donc pas la MagFlow Pro en chargeur de 25 + 45 + 45 W : la puissance disponible doit être répartie.

Trois appareils peuvent être branchés, avec une priorité assez logique

UGREEN autorise la recharge simultanée d'un appareil sans fil, d'un autre via le câble intégré et d'un troisième via le port USB-C.

Lorsque plusieurs sorties sont utilisées, le câble et le port USB-C sont prioritaires.

La recharge magnétique peut être désactivée par défaut dans ce scénario et activée avec le bouton de la batterie.

Ce comportement évite d'essayer de maintenir artificiellement 25 W sans fil lorsque la réserve totale de puissance est déjà partagée avec deux connexions filaires.

Le câble-dragonne règle un problème et en crée un autre

Le câble intégré évite d'avoir à penser à emporter un USB-C séparé.

UGREEN indique qu'il a été testé pour plus de 10 000 flexions et qu'il peut servir de boucle de transport.

C'est pratique.

Mais contrairement à un câble entièrement détachable, c'est aussi une pièce mécanique qui accompagne la batterie toute sa vie.

Si la dragonne est très sollicitée pendant plusieurs années, sa réparabilité deviendra plus importante que le nombre de flexions annoncé dans un test de laboratoire.

16,2 mm : le liquide n'a pas transformé la batterie en radiateur de PC

La présence d'une pompe et de canaux ne produit pas un boîtier démesuré.

La fiche française indique environ 108 x 71 x 16 mm.

Le produit reste donc dans l'épaisseur d'une power bank magnétique assez classique.

C'est précisément ce qui rend l'intégration intéressante : UGREEN n'ajoute pas un ventilateur saillant derrière le téléphone.

Le circuit liquide tient dans une enveloppe qui reste utilisable en mobilité.

L'écran affiche davantage qu'un pourcentage

Un petit écran latéral indique la charge restante.

UGREEN y affiche également la puissance en temps réel, le nombre de cycles et l'état du système de refroidissement.

Ce niveau d'information est pertinent sur un produit dont le principal argument est le comportement thermique et la capacité à maintenir une puissance élevée.

Il permet au moins de vérifier si la batterie fonctionne dans le mode attendu au lieu de laisser l'utilisateur deviner derrière une simple LED.

Les cellules ATL sont aussi au centre du discours sur la chaleur

UGREEN utilise des cellules haute densité fournies par ATL et regroupe ses protections sous le nom Dymondcell 2.0.

La marque annonce 13 couches de protection et plus de 80 % de capacité restante après 800 cycles dans ses conditions de validation.

Ces chiffres ne garantissent pas qu'une batterie conservera exactement 80 % après 800 cycles chez chaque utilisateur.

La température, la profondeur des cycles et le temps passé à forte charge influencent énormément le vieillissement.

C'est justement ce qui donne une cohérence au refroidissement : une cellule lithium-ion préfère généralement éviter les températures élevées répétées.

Le paradoxe est que le refroidissement consomme lui-même de l'énergie

Une micropompe ne fonctionne pas gratuitement.

Une petite partie de l'énergie stockée dans la batterie sert donc à faire circuler le liquide plutôt qu'à charger le téléphone.

UGREEN ne publie pas encore un bilan suffisamment détaillé pour quantifier précisément ce coût sur l'autonomie totale.

Le gain doit donc compenser cette dépense en évitant davantage de pertes thermiques et surtout en maintenant une recharge rapide plus longtemps.

C'est le genre de compromis qu'un test complet devra mesurer, pas seulement observer à travers la fenêtre.

À 119,99 €, elle coûte presque deux batteries magnétiques classiques

Le refroidissement a également un coût financier très visible.

Le tarif européen annoncé à l'IFA est de 119,99 euros, tandis que la batterie est lancée à 149,99 dollars aux États-Unis.

UGREEN vend déjà des modèles MagFlow 10 000 mAh Qi2 25 W beaucoup moins chers sans ce circuit liquide actif.

L'acheteur ne paie donc pas principalement la capacité ni même les 25 W.

Il paie le contrôle thermique, la mécanique supplémentaire et l'affichage plus poussé.

Le produit paraît extravagant parce que la recharge sans fil devient sérieuse

Une power bank avec liquide de refroidissement ressemble à une solution excessivement complexe pour charger un téléphone.

Mais le problème qu'elle révèle est moins ridicule.

Qi2 monte en puissance alors que la batterie est littéralement collée à l'appareil qu'elle chauffe.

Plus les constructeurs veulent maintenir 25 W ou davantage pendant longtemps, plus la thermique devient une partie de la conception plutôt qu'une simple protection de sécurité.

UGREEN a choisi la réponse la plus démonstrative possible : une pompe, du liquide et une fenêtre pour regarder le tout circuler.

Il reste à savoir si 10 °C de moins justifient plus de 100 euros. Mais une chose est déjà claire : la recharge magnétique commence à rencontrer exactement les mêmes problèmes que le reste du hardware performant. À un moment donné, les watts finissent toujours par devenir de la chaleur.