Il se sera écoulé 76 jours entre la sortie américaine de Supergirl le 26 juin et son arrivée sur HBO Max le 10 septembre.

Warner Bros. Discovery annonce un lancement mondial sur sa plateforme. Aux États-Unis, la chaîne HBO diffusera ensuite le film le 12 septembre à 20 heures.

Pour les abonnés qui avaient choisi d’attendre plutôt que de passer par le cinéma ou l’achat numérique, c’est donc la première intégration du film directement au service.

Un film passe désormais par plusieurs vies commerciales

La chronologie de Supergirl résume assez bien le fonctionnement actuel d’un blockbuster Warner.

D’abord, le cinéma. Ensuite, la disponibilité numérique payante. Enfin, l’arrivée dans l’abonnement HBO Max, où le film devient moins un produit acheté individuellement qu’un élément destiné à augmenter la valeur perçue du catalogue.

Ces étapes peuvent viser des publics différents sans nécessairement se cannibaliser totalement. Le spectateur pressé paie davantage et voit le film tôt. Celui qui possède déjà un abonnement attend.

L’échec relatif en salles rend la phase streaming plus importante

Supergirl n’a pas trouvé au cinéma le niveau de public espéré par DC Studios. Après un démarrage mondial de 62,6 millions de dollars, le film a terminé autour de 126 millions.

Peter Safran a reconnu que ces résultats étaient inférieurs aux attentes.

HBO Max offre maintenant à Warner un autre type de rendement. Le film peut contribuer à l’usage du service, à la rétention des abonnés et à la visibilité de la marque DC même après que son potentiel de recettes en salles s’est largement épuisé.

Ces bénéfices sont évidemment beaucoup moins transparents qu’un tableau de box-office. Les plateformes publient rarement suffisamment de données pour convertir directement une audience streaming en valeur financière précise.

Le catalogue DC sert aussi de vitrine au nouvel univers

Supergirl n’est pas isolé. Milly Alcock avait déjà introduit Kara dans Superman, et le film développe un autre pan du DC Universe coordonné par James Gunn et Peter Safran.

Pour quelqu’un qui découvre cette continuité depuis son canapé, HBO Max devient donc progressivement un point d’entrée naturel vers les productions sorties quelques mois plus tôt en salles.

Le film de Craig Gillespie est particulièrement autonome. Son intrigue adapte librement Supergirl: Woman of Tomorrow et envoie Kara, Ruthye et Krypto dans une aventure interstellaire centrée sur Krem of the Yellow Hills.

108 minutes, ou 103 selon la version domestique

La question de la durée illustre aussi une petite différence entre exploitation cinéma et domestique. Le BBFC répertorie les versions cinéma 2D et IMAX à 107 minutes et 56 secondes, tandis que la version destinée au support physique et à la VOD est classée à 103 minutes et 17 secondes.

Cette différence provient généralement de la cadence et des masters utilisés selon les supports, plutôt que de quatre minutes de scènes supprimées. Pour le spectateur, la version exacte proposée peut donc afficher une durée légèrement différente selon la plateforme et le territoire.

Le 10 septembre devient la vraie date pour ceux qui avaient décidé d’attendre

La sortie streaming ne change évidemment pas le film : Milly Alcock reste Kara, Jason Momoa reste Lobo et Krypto reste probablement celui qui volera la vedette à une partie du casting.

Elle change en revanche le coût d’accès pour des millions d’utilisateurs déjà abonnés.

Après 76 jours, Supergirl cesse d’être principalement une sortie cinéma récente et devient un titre HBO Max.