La keynote Roborock s’est tenue le 3 septembre à Berlin, avant l’ouverture complète de son stand du hall 9. Les machines présentées ne sont pas toutes au même stade : plusieurs disposent déjà de fiches techniques et de pages commerciales, tandis que le Saros Rover reste explicitement en développement.

Le fil conducteur, lui, est assez facile à voir. Les robots commencent à bouger davantage, à modifier leur châssis pour franchir les obstacles et à transporter les mêmes briques de perception vers le jardin ou la piscine.

Saros 20 Flow : 36 000 Pa et un rouleau qui se lave en permanence

Le Saros 20 Flow Complete est probablement le produit le plus représentatif de cette évolution. Roborock lui donne un moteur HyperForce annoncé à 36 000 Pa, mais son vrai changement se trouve sous le châssis.

SpiraFlow 2.0 utilise un rouleau de lavage de 270 mm alimenté en eau propre par 16 sorties pressurisées. Dans son mode le plus agressif, Roborock annonce jusqu’à 240 tours par minute et 15 N de pression vers le sol.

Le principe vise à éviter qu’une même serpillière chargée en saletés soit simplement traînée sur plusieurs pièces. L’eau propre alimente le rouleau pendant son passage, tandis que l’eau sale est récupérée séparément.

La station peut laver le rouleau avec de l’eau chauffée jusqu’à 100 °C. Roborock annonce également un séchage à 63 °C, une batterie de 6 400 mAh et jusqu’à 200 m² de surface estimée dans ses conditions de test.

Le chiffre de 8,8 cm demande deux marches, pas une

L’AdaptiLift Traverse 3.0 ajoute un bras mécanique au châssis. Il soulève le robot et coordonne le franchissement plutôt que de demander uniquement aux roues de pousser plus fort.

Roborock annonce jusqu’à 8,8 cm. La petite ligne est importante : cette valeur correspond à un obstacle à deux niveaux, avec une première marche d’au maximum 4,5 cm puis une seconde inférieure à 4,3 cm.

Un seuil vertical unique de 8,8 cm n’est donc pas ce que promet la fiche technique.

Le robot lui-même mesure 8,98 cm de haut et possède un LiDAR rétractable pour passer sous certains meubles.

Le Saros 20 Sonic prend exactement la direction inverse pour le lavage

Même génération, même aspiration maximale de 36 000 Pa, mais méthode différente. Le Saros 20 Sonic abandonne le rouleau du Flow au profit du système VibraRise 5.0.

Sa serpillière applique jusqu’à 14 N et vibre à 4 000 mouvements par minute. La zone vibrante destinée aux coins est annoncée 27 % plus grande que précédemment, tandis que la serpillière peut s’étendre jusqu’au bord.

Le Sonic est aussi plus bas : 7,95 cm. Il reprend un mécanisme AdaptiLift capable, lui aussi, de gérer jusqu’à 4,5 + 4,3 cm sur un obstacle à deux niveaux.

La comparaison entre Flow et Sonic est presque plus intéressante que leurs chiffres absolus. Roborock vend désormais deux interprétations du lavage haut de gamme : rouleau continuellement rincé d’un côté, forte vibration de l’autre.

180 °C dans un aspirateur laveur

Le F25 Ultra Steam Gen 2 n’est pas autonome. C’est un aspirateur laveur que l’on pousse soi-même, mais Roborock y fait entrer des températures que l’on associait beaucoup moins à cette catégorie.

VaporFlow 2.0 produit selon la marque jusqu’à 5 000 mg de vapeur par minute. Le mode Turbo atteint une température annoncée de 180 °C après environ 30 secondes de préparation.

Le second système, WaveFlow, travaille avec de l’eau jusqu’à 90 °C pour les résidus gras.

Roborock met en avant une certification TÜV Süd sur l’utilisation du mode vapeur et sur les performances d’hygiène. Ce sont des résultats obtenus selon des protocoles définis, pas une garantie qu’un passage sur n’importe quel sol reproduira exactement les pourcentages avancés par la marque.

L’autonomie annoncée atteint 100 minutes. Un bras SensEdge se déploie pour approcher le rouleau des trois bords avec un espace théorique de 0 mm.

Le même logiciel de déplacement part maintenant tondre la pelouse

Le RockMow Z1 LiDAR montre assez bien pourquoi Roborock ne veut plus parler uniquement d’aspiration. La tondeuse combine quatre roues motrices, suspension et direction active.

Sa nouvelle variante LiDAR associe un capteur 3D à 360° au VSLAM. Roborock annonce jusqu’à 200 000 points capturés par seconde et une portée de détection de 70 mètres.

La mécanique est plus spectaculaire. Le Z1 LiDAR est donné pour des pentes jusqu’à 80 %, soit 38,7°, ainsi que des obstacles de 8 cm. Ces valeurs viennent des essais communiqués par le constructeur.

Il utilise six lames avec une hauteur de coupe réglable de 20 à 70 mm et Roborock annonce jusqu’à 2 000 m² traités par jour dans son protocole de test, temps de recharge compris.

La page française affiche actuellement un tarif à partir de 2 799 euros.

Puis Roborock a jeté un robot dans la piscine

Le RockAqua P1 est encore plus éloigné du produit qui a construit la réputation de la marque.

Il fonctionne sans câble et doit pouvoir nettoyer des plateformes où l’eau ne dépasse que 15 cm de profondeur. Des capteurs anti-chute l’empêchent alors de quitter brutalement ces zones peu profondes.

ClearVision utilise la caméra pour identifier des débris visibles, notamment les feuilles, puis donner la priorité aux zones qui en contiennent davantage. Le robot dispose aussi d’un mode spécifique pour frotter la ligne d’eau.

Le circuit hydraulique est annoncé à 6 800 gallons par heure, soit environ 25 700 litres par heure, avec deux niveaux de filtration de 180 et 70 micromètres et un panier de 4 litres.

Quand une session se termine ou que la batterie descend sous 15 %, l’Auto Waterline Parking ramène le P1 au bord afin de faciliter sa récupération.

Roborock parle encore d’un « full reveal » à venir sur sa page dédiée. Toutes les caractéristiques commerciales du P1 ne sont donc pas encore connues.

Le Rover monte enfin les escaliers devant le public

Et puis il y a le Saros Rover.

Roborock l’avait déjà dévoilé au CES en janvier. L’engin remplace l’architecture classique à quatre roues par deux ensembles articulés mêlant roues et jambes mécaniques. Chacune peut se déployer indépendamment pour soulever et stabiliser le corps du robot.

À l’IFA, Tom’s Guide a assisté à une nouvelle démonstration de montée et de descente d’escalier. Le Rover nettoie les marches pendant sa progression plutôt que de simplement transporter son système d’aspiration jusqu’à l’étage supérieur.

La démonstration observée a pris environ trois minutes.

C’est lent. C’est aussi une tâche qu’aucun robot aspirateur conventionnel ne réalise sans aide humaine ou sans station de transport séparée.

Le produit le plus futuriste du stand est aussi celui qu’on ne peut pas acheter

Roborock ne donne toujours ni prix, ni calendrier commercial, ni fiche technique complète pour le Saros Rover.

Le constructeur le décrit comme un produit en développement. Les démonstrations permettent de voir que la mécanique fonctionne dans un environnement préparé ; elles ne répondent pas encore aux questions de fiabilité, d’autonomie, de sécurité sur une grande variété d’escaliers ou de résistance de ces articulations après des centaines de cycles.

Cette distinction est importante au milieu d’une gamme où d’autres machines sont déjà beaucoup plus avancées commercialement.

L’IFA 2026 de Roborock parle finalement moins de puissance d’aspiration que de mobilité

36 000 Pa apparaissent désormais sur plusieurs appareils de la gamme Saros. Le nombre finit presque par devenir le décor.

Le Flow se soulève pour franchir un seuil. Le Sonic adapte sa hauteur aux tapis. Le Z1 LiDAR grimpe une pente de 38,7°. Le P1 navigue entre fond, pente et ligne d’eau. Le Rover transforme carrément ses roues en jambes.

Roborock réutilise en parallèle les mêmes idées de cartographie, perception, détection d’obstacles et automatisation dans des environnements qui n’ont plus grand-chose en commun.

C’est probablement la vraie annonce de Berlin : l’aspirateur robot reste au centre du catalogue, mais Roborock est déjà occupé à construire ce qui vient autour.