Signify a présenté Custom AI Behaviors le 3 septembre à l’IFA Berlin. La fonction sera réservée au Hue Bridge Pro et doit commencer à être déployée début octobre dans les langues prises en charge.

Le principe consiste à expliquer dans l’application Hue ce que l’on souhaite obtenir. L’assistant convertit ensuite la demande en une combinaison de déclencheurs, conditions et actions que le système Hue sait déjà exécuter.

L’IA sert surtout à écrire une règle que l’interface rendait pénible

Philips Hue donne plusieurs exemples. Un utilisateur peut demander que ses interrupteurs et détecteurs de mouvement changent de comportement pendant le week-end, qu’une scène s’active lorsqu’il fait réellement sombre plutôt qu’à une heure fixe, ou qu’un éclairage précis soit lancé au début d’une session de synchronisation avec le téléviseur.

Ce sont des comportements que l’on pouvait parfois construire avec plusieurs systèmes ou outils externes. George Yianni, responsable technologique de Hue, explique que la difficulté venait notamment de l’interface nécessaire pour exposer autant de combinaisons dans l’application.

Un modèle de langage devient ici une couche de traduction entre une intention humaine et un moteur d’automatisation. C’est moins spectaculaire qu’un chatbot qui compose des poèmes. C’est aussi beaucoup plus facile à justifier dans une maison connectée.

Le modèle travaille dans le cloud, la routine reste locale

La séparation technique est importante. D’après les explications fournies par Philips Hue à The Verge, l’assistant IA utilisé pour interpréter la demande fonctionne dans le cloud.

Une fois le comportement créé, le moteur d’automatisation et son exécution résident sur le Bridge Pro. Une coupure d’Internet ne devrait donc pas obliger une routine déjà générée à demander au cloud s’il faut allumer une lampe.

Hue a conçu un langage spécifique simplifié pour faire communiquer l’assistant distant avec les capacités du Bridge. La société indique s’appuyer sur la famille de modèles GLM à poids ouverts afin de mieux contrôler le comportement du modèle utilisé.

Bridge Pro obligatoire

Custom AI Behaviors ne sera pas disponible sur les anciens Hue Bridge. Philips Hue indique que la fonction nécessite la puissance de calcul supplémentaire du Bridge Pro.

Cette restriction concerne le moteur qui exécute les nouvelles automatisations, pas seulement l’interface de génération.

Les propriétaires d’un Bridge classique continueront donc à utiliser les systèmes d’automatisation existants, sauf migration vers le modèle Pro.

L’utilisateur peut corriger ce que l’IA a compris

L’application ne transforme pas simplement la phrase en règle invisible. Après génération, l’utilisateur peut accepter le comportement proposé ou le modifier.

Il est également possible de revenir sur une automatisation déjà créée et de demander des changements ou des ajouts.

Ce contrôle est indispensable pour un système capable de réagir à chaque pression sur un bouton, événement de capteur, horaire ou état de lumière connu du pont.

Une lampe n’a pas besoin d’un LLM pour rester allumée

L’intérêt de l’approche apparaît précisément parce que le modèle n’est pas censé décider en permanence de l’état des lumières.

Le cloud intervient pour transformer une demande en logique structurée. Ensuite, le Bridge exécute cette logique de manière déterministe.

Cette architecture évite qu’une réponse variable du modèle soit nécessaire à chaque détection de mouvement. Elle réduit aussi la dépendance au réseau pour le fonctionnement quotidien des comportements déjà configurés.

Hue ouvre aussi davantage son écosystème

L’IFA ne se limite pas à l’IA. Philips Hue annonce une intégration avec Sonos prévue en novembre.

Certains interrupteurs Hue, dont le Tap Dial Switch, pourront piloter des enceintes Sonos : lancer un favori, mettre la musique en pause, modifier le volume ou changer de morceau.

Une autre association concerne Nanoleaf. Des panneaux Shapes compatibles — Hexagons, Triangles et Mini Triangles — peuvent rejoindre l’environnement Hue grâce au Philips Hue Wall Light Module.

Le module est commercialisé à partir du 3 septembre aux États-Unis pour 39,99 dollars. Les panneaux intégrés peuvent ensuite participer aux scènes, automatisations et expériences de divertissement Hue.

La sauvegarde du Bridge arrive enfin, mais pas tout de suite

Signify a également présenté Back-up & Restore. Cette fonction doit sauvegarder dans le cloud les lumières, accessoires, pièces, zones, scènes et automatisations configurés sur un Bridge.

Les sauvegardes concerneront le Bridge classique comme le Bridge Pro. La restauration sera toutefois limitée au Bridge Pro lors de son lancement initial.

Philips Hue ne donne pas encore de date précise. La fonction reste officiellement en développement.

L’IFA apporte également deux nouvelles manières de synchroniser un téléviseur

Le Play Screen Sync utilise une caméra fisheye dirigée vers l’écran pour analyser en temps réel les couleurs affichées. L’avantage est de fonctionner aussi avec les applications natives du téléviseur ou la télévision diffusée, sans dépendre d’une source HDMI externe.

Philips Hue lance parallèlement une nouvelle Play HDMI sync box 4K plus simple, avec une seule entrée HDMI.

Un seul ruban Play gradient peut désormais être associé directement à l’un ou l’autre de ces dispositifs par Bluetooth sans Bridge. Avec un Bridge ou Bridge Pro, le système peut être étendu jusqu’à dix lumières.

L’automatisation IA arrivera début octobre

Custom AI Behaviors doit être proposé aux utilisateurs du Bridge Pro au début du mois d’octobre 2026.

L’intégration Sonos suivra en novembre. Back-up & Restore n’a pas encore de calendrier définitif.

La partie la plus intéressante de cette annonce reste finalement assez sobre : l’IA sert à écrire la logique, puis elle s’efface pendant que le petit boîtier dans la maison l’exécute.