OpenAI et la General Services Administration ont annoncé le 10 septembre un nouvel accord OneGov destiné au secteur public américain.
Il doit entrer en vigueur le 1er octobre 2026 et rester disponible jusqu'au 31 décembre 2028.
La durée totale est de 27 mois.
Le prix fixe par utilisateur tombe à zéro
Le principal changement est simple : les organismes éligibles ne paieront plus le tarif de licence standard de 15 dollars par utilisateur et par mois prévu dans cette offre gouvernementale.
Ce coût fixe passe à zéro.
La consommation des modèles reste cependant facturée.
La nouvelle grille applique une remise de 50 % sur les usages éligibles.
Un organisme qui utilise peu l'IA pourra donc théoriquement dépenser très peu. Une administration qui lance des millions de requêtes, automatise de gros flux documentaires ou utilise massivement des modèles avancés continuera à recevoir une facture proportionnelle à cette consommation.
Ce n'est donc pas ChatGPT illimité gratuitement pendant deux ans
La distinction est importante parce que le mot « gratuit » peut facilement masquer la mécanique réelle du contrat.
OpenAI offre le droit d'accès à la plateforme, pas une quantité illimitée de calcul.
La GSA décrit explicitement l'accord comme une tarification à la consommation.
Il n'existe en revanche ni commande minimale, ni engagement minimum de dépense, ni frais obligatoires de plateforme.
Chaque organisme commande et finance ce qu'il utilise.
L'accord remplace progressivement l'offre à 1 dollar
Le gouvernement fédéral disposait déjà depuis 2025 d'une offre OneGov particulièrement agressive.
Certaines agences exécutives pouvaient obtenir ChatGPT Enterprise pour un tarif nominal de 1 dollar pendant la période promotionnelle.
Cette offre doit arriver à son terme à la fin de septembre 2026.
Le nouveau contrat prend donc le relais avec une logique différente : le ticket d'entrée disparaît complètement, mais la consommation devient le centre de la facture.
La GSA l'ouvre cette fois aux États, villes et gouvernements tribaux
La portée est également beaucoup plus large.
L'offre précédente visait principalement le gouvernement fédéral.
OneGov 2.0 devient accessible aux organismes fédéraux des branches exécutive, législative et judiciaire, ainsi qu'aux gouvernements des États, collectivités locales et gouvernements tribaux éligibles.
OpenAI estime que cette extension porte la population potentiellement concernée à environ 23 millions de travailleurs du secteur public américain.
Plus d'un million d'agents publics ont déjà accès à ChatGPT
OpenAI affirme que plus d'un million d'employés publics disposent déjà d'un accès à ChatGPT par l'intermédiaire de ses accords existants.
Le chiffre ne signifie pas qu'un million de personnes utilisent nécessairement le service chaque jour.
Il mesure un accès disponible, pas un nombre d'utilisateurs actifs.
L'accord de 2026 cherche justement à faire passer cette disponibilité ponctuelle à une infrastructure d'achat plus permanente.
La GSA veut passer de l'essai promotionnel à une vraie facture d'usage
La logique économique est assez claire.
Des offres à un dollar ou presque gratuites sont utiles pour pousser les agences à tester un produit.
Elles deviennent moins adaptées lorsque l'outil entre réellement dans des processus administratifs quotidiens.
La GSA explique que les agences veulent désormais pouvoir consommer de l'IA sans signer immédiatement de gros engagements pluriannuels.
Le paiement à l'usage permet à une petite administration et à un grand ministère de passer par le même cadre contractuel sans acheter le même volume à l'avance.
Les modèles FedRAMP font partie du dispositif
La GSA indique que la remise couvre les modèles ChatGPT éligibles, y compris ceux proposés dans des environnements disposant des autorisations FedRAMP nécessaires.
FedRAMP fournit un cadre de sécurité commun pour les services cloud utilisés par le gouvernement fédéral américain.
Cela ne signifie pas que toutes les données publiques peuvent être envoyées indistinctement vers n'importe quel modèle.
Chaque agence conserve ses obligations concernant la sensibilité de l'information, les accès, la conservation et les règles propres à sa mission.
OpenAI affirme ne pas entraîner ses modèles sur les données Enterprise
OpenAI précise que les entrées et sorties de ChatGPT Enterprise ne sont pas utilisées pour entraîner ou améliorer ses modèles.
Cette séparation est particulièrement importante pour le secteur public, où une conversation peut contenir des données administratives ou opérationnelles qui n'ont aucune raison de rejoindre un corpus d'entraînement.
Elle ne supprime pas pour autant le besoin de gouvernance interne.
Un utilisateur peut toujours copier dans un outil autorisé une information qu'il n'avait pas le droit de partager avec ce service.
La sécurité technique du fournisseur ne remplace donc pas la classification correcte des données par l'administration.
L'accord couvre aussi GPT-6 Astra
OpenAI cite explicitement GPT-6 Astra parmi les outils susceptibles d'être accessibles aux agents publics dans le cadre de cette nouvelle génération d'offres.
Cela rend le contrat plus significatif qu'une simple extension d'un ancien ChatGPT d'entreprise.
Les administrations peuvent potentiellement acheter l'accès aux modèles les plus récents par le même mécanisme de consommation.
Les produits réellement disponibles dépendront toutefois du niveau d'autorisation, du mode de déploiement et du chemin d'achat choisi par l'organisme.
Le cybersécurité obtient une remise particulière
OpenAI profite également de l'accord pour étendre son programme Daybreak destiné aux cyberdéfenseurs.
Chaque organisme gouvernemental vérifié pourra obtenir l'accès à Daybreak Blue à 50 % du tarif commercial standard.
Ce niveau vise notamment la recherche de vulnérabilités, l'analyse de logiciels malveillants et le développement d'outils défensifs.
OpenAI ajoute de la formation afin que les équipes puissent utiliser les modèles dans ce contexte.
Daybreak Red reste facturé au tarif normal
Les équipes ayant besoin de capacités plus sensibles peuvent demander Daybreak Red.
OpenAI le destine à des travaux comme la validation d'exploits et le red teaming avancé.
Cette offre n'est pas incluse dans la remise générale de 50 % annoncée pour Blue.
Elle reste proposée au tarif commercial standard et avec un accès contrôlé.
Le gouvernement ne signe pas un chèque unique pour 23 millions de personnes
L'autre piège serait d'interpréter l'accord comme un gigantesque achat centralisé de licences.
Ce n'est pas le mécanisme décrit par la GSA.
Chaque organisme reste responsable de sa commande et de son budget.
Les quelque 23 millions de travailleurs publics évoqués par OpenAI constituent une population potentiellement éligible, pas un contrat garantissant 23 millions d'utilisateurs payants.
Le chiffre mesure l'étendue possible du marché.
Les administrations peuvent passer par plusieurs chemins d'achat
L'accord doit être disponible directement, via des revendeurs et par certaines places de marché cloud prises en charge.
Les agences fédérales pourront notamment acheter via le Multiple Award Schedule de la GSA lorsque l'offre entrera en vigueur.
Cette couche administrative compte presque autant que le prix pour les organismes publics.
Un outil performant mais impossible à acheter dans un cadre contractuel approuvé reste souvent inutilisable pour une administration.
OpenAI promet aussi des outils de contrôle de dépense
Une tarification entièrement liée à l'usage crée un nouveau risque : une facture difficile à prévoir si l'adoption augmente rapidement.
OpenAI prévoit donc des estimations de consommation, des contrôles de dépenses, du conseil FinOps et de l'accompagnement au déploiement.
Des webinaires et une Government Academy élargie doivent compléter l'offre.
La question n'est plus seulement de donner un compte à un fonctionnaire, mais de savoir combien coûte le workflow une fois utilisé par des milliers de personnes.
Une réduction de 50 % peut encore produire une énorme facture
Le pourcentage ne dit rien du montant final sans connaître le volume.
Diviser par deux une consommation faible est une économie faible.
Diviser par deux plusieurs milliards de tokens ou des charges lourdes de raisonnement peut représenter une somme beaucoup plus importante.
L'accord incite donc fortement à l'adoption tout en déplaçant la discipline budgétaire vers le suivi de l'utilisation réelle.
La GSA a déjà placé plusieurs fournisseurs d'IA dans OneGov
OpenAI n'est pas seul dans le catalogue américain.
La GSA a déjà négocié des offres gouvernementales avec plusieurs entreprises d'IA et de cloud.
Son portail d'achat a notamment référencé ces derniers mois des offres autour de Google, Perplexity, xAI et d'autres fournisseurs.
L'accord OpenAI est donc un élément d'une stratégie plus large visant à négocier les tarifs au niveau gouvernemental tout en laissant aux agences un certain choix technologique.
Le prix bas peut aussi augmenter la dépendance
Une offre très subventionnée réduit la barrière financière à l'adoption.
C'est son objectif.
Elle facilite cependant aussi l'intégration du fournisseur dans les workflows, les documents internes, la formation des équipes et les outils développés autour de ses API.
Au bout de 27 mois, migrer vers un autre modèle peut donc coûter davantage que le simple écart de prix entre deux fournisseurs.
La vraie question de verrouillage se jouera dans les intégrations, pas dans le montant mensuel de la licence.
Le contrat se termine le 31 décembre 2028
Les tarifs annoncés ne sont pas permanents.
Le contrat commence le 1er octobre 2026 et court jusqu'au 31 décembre 2028.
Les administrations disposent donc d'un peu plus de deux ans pour tester, intégrer et éventuellement industrialiser leurs usages sous cette structure de prix.
Ce qui viendra ensuite n'est pas encore fixé par l'annonce.
Le changement le plus important est que l'IA devient une ligne de consommation
Pendant la première phase de l'adoption de ChatGPT dans l'administration, le prix était pensé comme celui d'un logiciel : tant par utilisateur, tant par mois.
OneGov 2.0 se rapproche davantage d'un cloud.
L'accès lui-même vaut zéro. Le calcul consommé vaut de l'argent.
C'est une différence apparemment comptable qui peut modifier profondément la manière dont les organismes utilisent l'IA.
Une équipe n'a plus besoin de justifier une licence inutilisée pour chaque employé occasionnel, mais chaque automatisation supplémentaire devient une consommation à surveiller.
La GSA vient ainsi de faire entrer ChatGPT dans une logique que les directions informatiques connaissent déjà très bien : le service est facile à ouvrir, et le vrai travail commence lorsque la facture dépend de ce que tout le monde en fait.