Netflix utilise une voix synthétique de Gene Wilder dans Wonka's The Golden Ticket. Le partenariat avec ElevenLabs avait été annoncé fin juin ; la bande-annonce publiée le 26 août remet cette voix au centre du dispositif à quelques semaines du lancement de la série.
Wilder interprétait Willy Wonka dans le film de 1971. La nouvelle émission ne se contente donc pas d'imiter vaguement son timbre : Netflix présente explicitement la voix comme une recréation de sa performance, produite avec l'accord de sa succession.
Le consentement existe, et c'est une distinction importante
La succession de Gene Wilder a autorisé l'utilisation. Karen B. Wilder a également défendu publiquement le projet, estimant qu'il pouvait présenter la magie de l'interprétation de son mari à une nouvelle génération.
Ce détail évite l'un des problèmes les plus évidents du clonage vocal : utiliser l'identité sonore d'une personne décédée sans accord des ayants droit. Ici, Netflix, ElevenLabs et la succession travaillent ensemble.
Cela ne signifie pas que la voix enregistrée par Wilder de son vivant prononçait ces nouvelles phrases. Le système génère une interprétation vocale synthétique suffisamment proche pour être identifiée comme la sienne.
Une voix n'est plus forcément une archive
La différence technique finit par devenir éditoriale. Employer un extrait du film de 1971 aurait conservé Wilder dans les limites d'une performance existante. Une voix générative permet au personnage de produire de nouvelles interventions adaptées à une émission tournée cinquante-cinq ans plus tard.
Dans Wonka's The Golden Ticket, cette continuité est précisément recherchée : Netflix veut que le spectateur reconnaisse le Wonka de Wilder alors que les candidats évoluent dans un programme entièrement nouveau.
C'est aussi pourquoi le choix dépasse le gadget audio. Une production peut désormais licencier certains attributs d'un interprète, puis les intégrer à de nouveaux contenus sans disposer d'un enregistrement humain correspondant à chaque ligne.
La technologie ne travaille pas seule
Le résultat commercial repose ici sur plusieurs couches de droits et de création : Netflix exploite l'univers de Roald Dahl, rend hommage au film de 1971, collabore avec les ayants droit de Wilder et utilise ElevenLabs pour la synthèse vocale.
Le programme ramène même Rusty Goffe, véritable interprète d'un Oompa Loompa du film, devant la caméra. D'un côté une présence humaine historique, de l'autre une performance vocale prolongée artificiellement.
La bande-annonce permet au public de juger le rendu, mais elle ne fournit pas les détails techniques du modèle utilisé, la quantité d'archives ayant servi à construire la voix ou les éventuelles étapes humaines de direction et de correction. Netflix décrit le résultat comme une voix recréée et identifie ElevenLabs comme partenaire.
Ce précédent sera probablement plus utile que la chocolaterie elle-même
Les outils de clonage vocal existaient bien avant ce programme. L'intérêt de l'exemple Netflix vient de son cadre : grande plateforme mondiale, acteur décédé très identifiable, accord explicite de la succession et utilisation de la voix au cœur d'une nouvelle production.
Le cas fournit donc un modèle possible pour d'autres studios qui souhaitent réutiliser une identité vocale sans passer par une imitation humaine traditionnelle. Il fournit aussi un exemple assez clair des questions que ces contrats devront préciser : quels usages sont autorisés, pour combien de temps, dans quelles œuvres et avec quel contrôle des ayants droit.
Wonka's The Golden Ticket arrivera sur Netflix le 23 septembre 2026.