Alex Himel, vice-président de la réalité augmentée chez Meta, a annoncé le 27 août le déploiement d'une mise à jour destinée à surveiller la LED de capture pendant toute la durée d'un enregistrement.

Les lunettes savaient déjà refuser de démarrer la caméra lorsque cette lumière était masquée. Le problème se situait juste après : lancer la vidéo avec la LED visible puis la couvrir permettait de continuer à enregistrer.

Avec le nouveau comportement, la caméra doit s'arrêter lorsqu'une obstruction est détectée en cours de capture.

Un contrôle au démarrage ne suffisait pas

La faiblesse était moins spectaculaire qu'une vulnérabilité logicielle complexe. Elle venait du moment où la vérification était effectuée.

Meta avait construit une protection capable de vérifier l'état du témoin lumineux avant l'activation de la caméra. Tant que l'utilisateur tentait de démarrer avec la LED déjà couverte, le système remplissait son rôle. Effectuer l'opération dans l'ordre inverse permettait toutefois de contourner cette logique.

Des tutoriels montrant cette méthode ont circulé en ligne. Himel reconnaît explicitement l'existence de ce comportement et indique que le nouveau correctif est en cours de déploiement.

Meta ne fournit pas de détail technique sur la fréquence avec laquelle l'état de la LED est contrôlé, sur le capteur utilisé pour détecter une obstruction ni sur les critères exacts qui déclenchent l'arrêt.

La LED est devenue une pièce de sécurité, pas un simple voyant

Sur ses pages consacrées à la confidentialité des lunettes IA, Meta présente la capture LED comme le signal destiné aux personnes autour du porteur. Elle clignote brièvement pendant une photo et reste active pendant l'enregistrement vidéo.

Ce choix donne au petit témoin lumineux une fonction inhabituelle pour un composant aussi banal : il doit représenter l'état réel de la caméra pour quelqu'un qui ne possède pas l'appareil et n'a accès ni à son écran ni à ses réglages.

Meta avait déjà renforcé ce mécanisme en juillet. Les modèles compatibles désactivent la caméra lorsqu'ils détectent que la LED a été bloquée avant la prise de vue, et l'entreprise affirme également pouvoir neutraliser la capture si le témoin est physiquement modifié ou détruit.

La société dit en parallèle supprimer de ses services les publicités, publications et annonces Marketplace proposant des modifications destinées à contourner cette protection. Elle affirme aussi pouvoir prendre des mesures contre les comptes concernés et engager des actions juridiques contre certains vendeurs de services de modification.

Une lumière ne règle pas toutes les questions de consentement

Le correctif répare un contournement précis. Il ne transforme pas la LED en système universel de consentement.

Une personne doit d'abord voir le témoin, comprendre ce qu'il signifie et pouvoir réagir. Les lunettes sont précisément conçues pour ressembler à des montures ordinaires, ce qui rend leur caméra moins immédiatement identifiable qu'un smartphone tenu devant soi.

Ars Technica souligne aussi une limite qui reste à observer : des protections basées sur la détection d'une LED masquée peuvent être confrontées à des modifications plus subtiles, par exemple des matériaux semi-transparents réduisant la visibilité du témoin sans forcément provoquer le même signal d'obstruction. Meta n'a pas détaillé publiquement le comportement du nouveau système face à ces cas.

La société affirme que seule une petite minorité d'utilisateurs tente de contourner ses protections. C'est une déclaration de Meta, pas une mesure indépendante du phénomène.

Meta doit maintenant apprendre au public à reconnaître son voyant

La mise à jour arrive avec un autre effort, beaucoup moins technique. Meta mène une campagne expliquant ce que signifie la capture LED dans des zones où les ventes de lunettes ont été importantes.

The Verge rapporte notamment l'installation d'un panneau publicitaire à Los Angeles associant directement la caméra et le voyant : l'une capture le moment, l'autre indique aux personnes autour que cette capture est en cours.

Une vidéo de communication reprend la même logique en opposant LED visible et absence de capture.

C'est un problème de conception assez particulier. La protection dépend à la fois du logiciel embarqué dans les lunettes et de la capacité d'un inconnu dans la rue à connaître la signification d'un minuscule point lumineux.

Des lunettes devenues beaucoup plus courantes

Le sujet prend davantage de poids à mesure que Meta étend sa gamme. L'entreprise affirme que des millions de personnes utilisent désormais quotidiennement ses lunettes IA et les présente comme l'une de ses catégories de produits grand public connaissant la croissance la plus rapide.

Le catalogue ne se limite plus aux Ray-Ban Meta. Meta commercialise aussi des modèles Oakley et a lancé en juin sa propre gamme Meta Glasses avec EssilorLuxottica, comprenant 26 combinaisons de montures, couleurs et verres au lancement.

Les appareils regroupent appareil photo, microphones, haut-parleurs ouverts et Meta AI dans une forme qui peut être portée toute la journée. Cette banalisation est précisément ce qui augmente l'importance d'un signal compréhensible par les personnes qui ne portent pas les lunettes.

Le correctif annoncé le 27 août est en cours de déploiement. Meta n'a pas publié de calendrier détaillé appareil par appareil.