LG avait détaillé ThinQ Claw quelques jours avant l’ouverture de l’IFA, puis lui a donné sa première démonstration publique à Berlin le 3 septembre. Le système prend la forme d’un agent conversationnel textuel intégré à ThinQ ON, le hub domestique de la marque.

L’objectif est différent de celui d’un assistant qui attend simplement « allume la lumière du salon ». LG décrit un système capable de prendre en compte les habitudes, les horaires, l’état du logement et les services connectés afin de proposer plusieurs actions liées à une même situation.

Le calendrier peut devenir un déclencheur domotique

L’un des exemples montrés par LG part d’un voyage enregistré dans le calendrier de l’utilisateur. ThinQ Claw peut en déduire que la maison restera vide, puis suggérer d’éteindre certaines lumières et le téléviseur et de suspendre des automatisations jusqu’au retour.

Dans un autre scénario, le début des vacances scolaires d’un enfant conduit l’agent à proposer de nouveaux horaires pour la climatisation et le robot aspirateur.

La différence avec une routine classique est que l’utilisateur n’est pas censé avoir créé à l’avance une règle « événement calendrier → action A → action B ». Il discute avec l’agent, qui interprète le contexte et construit la séquence.

ThinQ Claw doit aussi se souvenir des préférences

LG indique que l’agent peut mémoriser les goûts et les habitudes afin de personnaliser progressivement ses propositions. Il ne traite donc pas chaque message comme une demande totalement indépendante.

La cuisine fournit un exemple assez parlant. ThinQ Claw peut exploiter des informations sur les aliments disponibles, suggérer une recette, puis coordonner les appareils concernés pour sa préparation.

LG mentionne également le contrôle de la qualité de l’air et de la température avant l’arrivée d’un utilisateur à son domicile.

L’agent repose sur ThinQ ON, mais aussi sur Homey

L’architecture dépasse les seuls appareils LG. L’AI Home présenté à Berlin s’appuie sur Homey, la plateforme domotique développée par Athom. LG a racheté cette entreprise en 2024.

Homey permet déjà de réunir des équipements provenant de fabricants différents. À l’IFA, LG montre notamment un système de gestion énergétique reliant compteur intelligent, panneaux solaires, batterie domestique, borne de recharge pour véhicule électrique et électroménager.

Le système peut ajuster la production, le stockage et la consommation en fonction des tarifs dynamiques de l’électricité lorsque ceux-ci sont disponibles.

Le mot « agent » implique davantage de permissions

Cette évolution rend la question des données beaucoup plus importante qu’avec une télécommande connectée. Pour fournir le type de contexte promis par LG, le système peut être amené à connaître des horaires, des préférences et l’état de plusieurs appareils du foyer.

LG indique appliquer son framework de sécurité LG Shield à l’ensemble de son environnement AI Home. Son annonce ne détaille cependant pas publiquement, fonction par fonction, quelles données de ThinQ Claw sont traitées localement, lesquelles peuvent transiter par le cloud ni combien de temps chaque type d’information mémorisée est conservé.

C’est précisément le genre de détail qui devra accompagner une commercialisation plus large. Un agent qui connaît la température du salon n’a pas tout à fait le même niveau d’accès qu’un agent capable de corréler calendrier, habitudes et présence à domicile.

LG parle encore surtout d’une démonstration

ThinQ Claw est présenté dans l’AI Home Zone du stand LG à l’IFA 2026, Hall 18 de Messe Berlin. Le constructeur décrit sa première apparition publique et ses scénarios d’utilisation, mais ne fournit pas dans son annonce mondiale de calendrier de déploiement général ni de tarif propre au service.

Il faut donc distinguer les capacités démontrées à Berlin d’une fonction déjà activée aujourd’hui pour l’ensemble des propriétaires de produits ThinQ.

La domotique passe du « si ceci, alors cela » à « voilà ce que je veux »

Pendant des années, rendre une maison vraiment automatique a souvent signifié empiler des déclencheurs, horaires, conditions et exceptions. C’est puissant, mais assez peu accueillant pour quelqu’un qui n’a aucune envie de transformer son salon en projet informatique du dimanche.

ThinQ Claw essaie de déplacer cette complexité derrière une interface de chat. L’utilisateur décrit une situation ; l’agent décide quels équipements et services sont concernés.

L’intérêt réel dépendra alors moins de la qualité de ses phrases que de trois choses beaucoup plus terre-à-terre : la fiabilité de ses décisions, l’étendue des appareils réellement compatibles et la possibilité de contrôler précisément ce qu’il est autorisé à faire.