Lenovo & Motorola Qira n’est pas né à l’IFA. Le système avait été présenté au CES en janvier, puis son déploiement avait réellement commencé au printemps sur une première sélection de machines Lenovo.
Le 3 septembre, Innovation World change surtout son échelle. Lenovo affirme que Qira prend désormais en charge plus de 80 configurations PC dans ses gammes professionnelles et grand public, auxquelles s’ajoutent des tablettes et certains appareils Motorola compatibles.
16 Go de RAM suffisent désormais sur davantage de PC
L’une des modifications les plus concrètes concerne les exigences matérielles. Le support s’étend à des PC Lenovo éligibles disposant de 16 Go de mémoire, alors que les premières configurations compatibles étaient davantage concentrées sur des machines mieux dotées.
Lenovo attribue cette ouverture à la poursuite de l’optimisation de ses modèles locaux.
Cela ne signifie pas que n’importe quel PC Lenovo équipé de 16 Go devient automatiquement compatible. La marque parle bien de machines éligibles et précise que la disponibilité varie selon le modèle, la configuration et le marché.
Les utilisateurs compatibles peuvent télécharger Lenovo Qira depuis Lenovo. Le constructeur prévoit aussi de le préinstaller ultérieurement sur certaines machines prises en charge.
Qira arrive avec Android 17 chez Motorola
Le deuxième morceau du plan concerne Motorola. Qira doit être déployé progressivement sur certains modèles edge, signature et razr lorsqu’ils recevront Android 17.
Pour les appareils compatibles qui utilisent actuellement moto ai, Lenovo présente cette mise à jour comme le passage vers Motorola Qira. Le calendrier dépendra de chaque téléphone et de chaque région.
La logique est importante : Lenovo ne cherche pas à maintenir d’un côté une IA PC et de l’autre une IA Motorola. Les deux portent des noms légèrement différents, mais doivent partager la même couche de connaissance personnelle.
La moto watch ultra devient le premier wearable Qira
Une montre rejoint maintenant l’écosystème.
La moto watch ultra sera le premier wearable intégrant Motorola Qira. Lenovo indique qu’un utilisateur pourra lever le poignet ou utiliser la commande « Hey Qira » pour poser une question et accéder aux informations issues de sa connaissance inter-appareils.
Pour un assistant censé rester disponible sans obliger à sortir le téléphone, c’est probablement un emplacement plus logique qu’un énième raccourci épinglé dans Windows.
Gmail, Slack et Outlook sont beaucoup plus importants que le nouveau bouton IA
Le changement le plus intéressant est peut-être logiciel.
Lenovo a signé une collaboration avec Workato pour utiliser sa couche de connectivité dans l’infrastructure MCP sous-jacente de Qira. L’objectif est de permettre à l’assistant d’aller chercher une information dans un service puis d’exécuter une action dans un autre.
Lenovo cite directement Gmail, Google Calendar, Google Contacts, Slack, Outlook Mail et Outlook Calendar parmi les services pris en charge dans les nouvelles expériences annoncées.
Un changement de rendez-vous, un mail important ou une discussion de groupe peut ainsi remonter dans Catch Me Up. L’utilisateur peut ensuite agir depuis la même interface au lieu de commencer par retrouver l’application qui contenait l’information.
Workato ouvre une porte bien plus large
Le communiqué publié conjointement avec Workato va plus loin que la liste mise en avant dans l’annonce principale.
Les intégrations initiales mentionnent aussi Microsoft 365, Google Workspace, Trello, Asana et Discord. Lenovo donne comme exemples la création d’une tâche Trello en langage naturel ou le partage de notes de réunion avec une équipe sur Discord.
Le constructeur prévoit d’ajouter d’autres connexions.
Notion et Perplexity s’ajoutent à la mécanique
Lenovo travaille parallèlement avec Notion. Une connexion de compte doit permettre de retrouver des informations contenues dans ses projets et de modifier certains éléments directement depuis Qira.
L’intégration Perplexity est également étendue avec davantage de fonctions de recherche approfondie et, selon Lenovo, la possibilité d’obtenir plus souvent des références visuelles pendant une recherche.
Ici encore, disponibilité et fonctions exactes peuvent varier selon les services et les marchés.
Le « local-first » de Lenovo n’est pas du 100 % local
C’est une distinction importante, surtout lorsque Qira commence à relier mails, contacts, calendriers et historique de travail.
Lenovo décrit son architecture comme hybride et local-first. Lorsque le matériel le permet, le traitement est prioritairement effectué sur l’appareil. Les informations ajoutées à la base de connaissances personnelle sont, selon le constructeur, chiffrées et stockées localement.
Certaines fonctions utilisent néanmoins le cloud. Lenovo indique alors transmettre le prompt et le contexte pertinent nécessaire à la requête via des services cloud chiffrés.
La synchronisation entre appareils reste optionnelle et contrôlée par l’utilisateur.
Donner accès aux applications change aussi le niveau de risque
Un assistant qui résume du texte et un assistant autorisé à accomplir une action dans un calendrier ou un outil de travail n’ont pas exactement les mêmes conséquences lorsqu’ils comprennent mal une instruction.
Lenovo insiste donc sur les permissions utilisateur. Les connecteurs nécessitent selon les cas une autorisation, une connexion au compte, Internet et une version compatible du service.
Il faudra surtout regarder la granularité réelle de ces permissions : ce que Qira peut lire, ce qu’il peut modifier, la façon dont une action est confirmée et ce qui apparaît dans un historique exploitable.
Le vrai pari est de construire une mémoire qui survive au changement d’écran
Qira possède déjà des fonctions comme Catch Me Up pour résumer ce qui a été manqué et maintenir un contexte entre plusieurs appareils.
C’est là que Lenovo essaie de se différencier des dizaines de chatbots déjà accessibles depuis un navigateur. Une idée commencée sur une tablette doit pouvoir réapparaître sur le PC ; une information reçue sur le téléphone doit pouvoir être retrouvée depuis un autre appareil sans reconstituer manuellement le contexte.
Sur le papier, ça ressemble davantage à un problème de continuité qu’à une course au meilleur modèle.
Le déploiement reste encore très fractionné
Qira prend actuellement en charge six langues et Lenovo prévoit davantage d’appareils et de formats d’ici à la fin de 2026.
La partie Motorola dépend d’Android 17. Les intégrations peuvent dépendre du marché, du type de compte et du service utilisé. Certaines fonctions demandent une mise à jour ou une configuration matérielle précise.
L’IFA montre donc assez clairement la destination. Pour savoir si Qira peut réellement devenir cette intelligence personnelle unique promise par Lenovo, il faudra encore vérifier combien de morceaux de l’écosystème arrivent effectivement au même moment chez un même utilisateur.