La première génération de Qi2 avait surtout réglé deux choses : l'alignement magnétique et une recharge sans fil standardisée jusqu'à 15 W. À 25 W, l'équation devient sensiblement moins confortable.
Entre la bobine du chargeur, celle du téléphone, les pertes de conversion et une batterie qui chauffe déjà pendant sa recharge, quelques millimètres de plastique doivent évacuer une quantité de chaleur qui commence à devenir gênante. Si la température grimpe trop, l'électronique réduit la puissance.
Autrement dit, afficher 25 W sur la boîte n'a d'intérêt que si le chargeur peut les maintenir assez longtemps.
UGREEN a choisi la solution la plus spectaculaire : du liquide
La MagFlow Pro de 10 000 mAh est probablement l'exemple le plus excessif du salon. UGREEN a installé une micropompe qui fait circuler du liquide autour des zones chaudes, avec une feuille de cuivre pour répartir la chaleur et une fenêtre transparente permettant de voir le circuit fonctionner.
La marque annonce une température maximale jusqu'à 10 °C inférieure à une référence de 48 °C dans ses propres conditions de test. Elle revendique également 44 % d'accumulation thermique en moins autour des cellules.
Ce ne sont pas encore des mesures indépendantes. Mais la logique derrière le système est assez claire : si la bobine reste plus froide, le chargeur a moins de raisons de réduire sa puissance avant la fin d'une session.
Anker préfère le ventilateur, les conduits d'air et le graphène
La MagGo Power Bank 2 Pro poursuit le même objectif sans tuyauterie miniature. Anker combine un ventilateur piloté par algorithme, deux conduits d'air et trois couches de diffusion thermique en graphène.
Lors de sa démonstration à l'IFA, Anker indiquait maintenir l'arrière de la batterie sous 36 °C pendant la recharge. La marque comparait ce résultat à des batteries magnétiques concurrentes pouvant atteindre environ 45 °C ou davantage avant de commencer à réduire leur puissance.
Anker avait même posé du beurre sur plusieurs batteries pour rendre la démonstration un peu moins austère. Celui placé sur son modèle refroidi ne fondait pas. Ce n'est évidemment pas une méthodologie de laboratoire, mais au moins personne ne pourra reprocher à l'IFA 2026 de manquer de thermodynamique appliquée aux produits laitiers.
Chez ESR, le ventilateur devient presque une gamme entière
ESR travaille déjà depuis plusieurs générations sur CryoBoost. À Berlin, le fabricant l'associe désormais à la recharge Qi2 25 W sur plusieurs produits, dont le Cyclone 25W Magnetic Charging Pad.
Le Cyclone utilise un refroidissement actif par ventilateur placé directement derrière la zone magnétique. Il a également reçu une distinction IFA Innovation Award 2026 et doit arriver en Europe vers la fin octobre.
ESR applique le même principe à des stations 3-en-1 et à des chargeurs automobiles. Certaines stations CryoBoost actuellement proposées par la marque revendiquent une réduction moyenne de température d'environ 3,6 °C grâce au flux d'air actif.
La différence avec UGREEN tient surtout au degré de sophistication mécanique. Pas de micropompe ni de liquide visible : on souffle directement sur la zone qui chauffe.
25 W au lieu de 15 W, c'est 67 % de puissance supplémentaire
Le saut de 15 à 25 W représente une hausse de puissance maximale d'environ 67 %. Cela ne veut pas dire qu'un téléphone se recharge 67 % plus vite sur toute sa courbe : la puissance varie avec le niveau de batterie, la température et les limites imposées par le téléphone.
La chaleur devient alors un facteur de performance. Un chargeur capable d'atteindre 25 W pendant quelques minutes avant de chuter fortement peut terminer derrière un modèle légèrement moins agressif mais thermiquement plus stable.
C'est précisément pour cette raison que les fabricants commencent à communiquer sur des températures, des conduits d'air et des systèmes de refroidissement avec la même énergie qu'ils utilisaient autrefois pour annoncer les watts.
Le refroidissement consomme lui aussi de l'énergie
Ajouter un ventilateur, une micropompe ou un module thermoélectrique n'est pas gratuit. Ces composants prennent de la place, consomment une partie de l'énergie disponible, augmentent le coût et ajoutent potentiellement du bruit ou une nouvelle pièce susceptible de vieillir.
Sur une station branchée au secteur, cette consommation supplémentaire compte assez peu. Sur une batterie externe de 10 000 mAh, chaque watt utilisé pour refroidir le système ne finit pas dans le téléphone.
Il faudra donc comparer autre chose que les températures de surface : rendement global, puissance réellement maintenue, énergie utile restituée au téléphone et comportement après plusieurs dizaines de minutes.
L'IFA a surtout confirmé une tendance. Avec Qi2 25 W, le refroidissement n'est plus seulement une fonction de sécurité cachée dans le boîtier. Il devient un argument commercial visible.