Mosseri a reconnu le 25 août que l'utilisation de Take a Break restait dans les faibles pourcentages à un chiffre chez les adolescents avant septembre 2024. Instagram avait pourtant indiqué dès les premiers tests que plus de 90 % des jeunes qui choisissaient d'activer la fonction la conservaient.
Le problème n'était donc pas nécessairement son fonctionnement. Il fallait déjà que l'utilisateur aille la chercher.
Un réglage par défaut vaut parfois davantage qu'une nouvelle fonction
Take a Break encourage l'utilisateur à quitter Instagram après une certaine durée. Tant que cette option demandait une démarche volontaire, peu d'adolescents l'utilisaient. Son passage en réglage par défaut change mécaniquement la population à laquelle elle s'applique.
C'est précisément le type de choix de design que les procureurs généraux veulent faire examiner par le tribunal. Leur thèse est que Facebook et Instagram ont été construits autour de mécanismes encourageant un engagement prolongé et que certaines protections n'ont pas été déployées avec la même agressivité.
Meta répond que ses plateformes ont progressivement accumulé des protections pour les adolescents. En 2026, l'entreprise a notamment étendu les Teen Accounts et leurs réglages 13+ à Facebook, Instagram et Messenger, avec davantage de restrictions appliquées automatiquement.
Les documents internes deviennent eux-mêmes une partie du débat produit
Avant le témoignage de Mosseri, Francesco Fogu, directeur du design produit d'Instagram, a été interrogé sur une présentation interne de 2023 consacrée à la sécurité des adolescents. Il a reconnu que certaines données avaient été retirées d'une diapositive, tout en précisant qu'un chiffre concerné apparaissait ailleurs dans la présentation.
Cette donnée indiquait que les adolescents sur Instagram étaient exposés 1,5 fois plus que les adultes à un ensemble de contenus comprenant intimidation, suicide, haine, nudité et violence. Les États utilisent cet épisode pour contester la manière dont les informations de sécurité circulaient jusqu'aux dirigeants.
Le second dossier technique concerne les données des enfants
Les 29 États poursuivent Meta pour des violations présumées de la Children's Online Privacy Protection Act. Ils affirment que l'entreprise collectait des données personnelles d'utilisateurs qu'elle savait âgés de moins de 13 ans sans notification ni consentement parental adéquats.
Le procès couvre également l'accusation selon laquelle certaines de ces données auraient servi à entraîner des modèles de machine learning et d'IA générative. Il s'agit d'une allégation des États, contestée par Meta, et non d'un fait établi par le tribunal à ce stade.
Meta a justement renforcé cette année ses systèmes d'assurance d'âge. L'entreprise explique utiliser l'IA pour placer automatiquement certains utilisateurs susceptibles d'être adolescents dans des expériences protégées et pour détecter les comptes pouvant appartenir à des enfants de moins de 13 ans. Meta précise que son analyse visuelle ne repose pas sur une reconnaissance biométrique d'identité.
Le procès pourrait maintenant s'arrêter avant de trancher ces questions
Le 26 août, Reuters a rapporté que Meta et plusieurs procureurs généraux avaient discuté d'un possible accord. Un règlement pourrait donc intervenir avant qu'une décision finale établisse jusqu'où les choix de design, les paramètres par défaut et les pratiques de données engagent juridiquement la responsabilité d'une plateforme.
Aucun accord définitif n'était confirmé lors du dernier contrôle.