Le Muse Ultra-Slim Portable SSD a été dévoilé le 4 septembre à l'IFA 2026. Lexar le présente comme le SSD portable le plus fin au monde.

Son boîtier monobloc en métal mesure environ 80 x 48 mm. Il atteint 3,8 mm à son point le plus épais puis s'affine jusqu'à environ 1 mm sur les extrémités.

La marque explique avoir utilisé un PCB spécialement aminci ainsi qu'un empilement NAND haute densité pour faire rentrer le stockage dans cette épaisseur.

Le Muse vise clairement l'iPhone avant le PC

Un SSD externe aussi fin aurait beaucoup moins d'intérêt s'il devait simplement rester posé à côté d'un ordinateur portable.

Lexar fournit donc un étui magnétique qui accueille le Muse et le fixe au dos des iPhone compatibles MagSafe.

L'idée est de pouvoir filmer avec le téléphone tout en enregistrant directement les fichiers sur le SSD sans laisser pendre un boîtier beaucoup plus épais sous l'appareil.

Lexar précise que l'utilisation avec un iPhone nécessite au minimum un modèle équipé d'USB-C de la famille iPhone 15 ou plus récent. La compatibilité exacte de la fixation MagSafe et de l'enregistrement externe dépend ensuite du modèle et de la coque.

Le ProRes 4K à 120 fps est la vraie raison d'avoir 1 000 Mo/s en écriture

Le Muse annonce jusqu'à 1 050 Mo/s en lecture et 1 000 Mo/s en écriture.

Il s'agit donc d'un SSD dans la classe des connexions USB à 10 Gbit/s, pas d'un modèle cherchant à rivaliser avec les SSD externes USB4 ou Thunderbolt les plus rapides.

Pour son usage mobile, ce débit est surtout destiné à permettre l'enregistrement direct d'Apple ProRes 4K jusqu'à 120 images par seconde sur les iPhone compatibles.

Ce type de vidéo produit énormément de données et peut remplir très rapidement le stockage interne du téléphone. Un SSD fixé directement au dos devient alors beaucoup plus intéressant qu'une simple solution de sauvegarde.

Le connecteur SnapLink est à la fois l'idée la plus élégante et le compromis le plus gênant

Pour atteindre cette épaisseur, Lexar n'a pas intégré de prise USB-C dans le SSD.

À la place, le Muse utilise SnapLink, un câble propriétaire qui vient s'accrocher magnétiquement sur des contacts PogoPin à ressort.

Lexar emploie des aimants néodyme N52 dans cette connexion ainsi que dans l'étui de fixation.

Cela permet d'avoir un bord extrêmement fin et une connexion qui se met en place sans forcer sur un petit connecteur.

Mais cela crée aussi une dépendance très simple : perdre le câble SnapLink revient à perdre le moyen normal de connecter le SSD.

The Verge soulève également le risque qu'un connecteur magnétique puisse être décroché accidentellement pendant un transfert. C'est beaucoup plus embêtant pendant l'écriture d'une vidéo que pendant la simple copie d'un document.

L'étui magnétique annule forcément une partie de l'exploit des 3,8 mm

Le SSD lui-même est exceptionnellement fin. Le système complet monté sur téléphone l'est moins.

Pour fixer le Muse au dos d'un iPhone, il faut en effet glisser le disque dans l'étui magnétique fourni.

Tom's Hardware, qui a manipulé le produit à Berlin, note que cet étui ajoute une épaisseur visible à l'ensemble et ressemble presque à un petit porte-cartes.

Ce n'est pas vraiment une surprise : l'aimantation et la protection mécanique doivent bien se trouver quelque part.

Le résultat reste beaucoup moins massif qu'un SSD externe conventionnel suspendu par son câble, mais l'argument du millimètre concerne le disque nu.

Une coque métallique de 3,8 mm pose aussi une question thermique

Lexar n'a pas encore publié de mesure détaillée sur les performances d'écriture soutenue ni sur la température après plusieurs minutes de ProRes.

C'est pourtant un point qui méritera d'être vérifié.

Un SSD peut facilement atteindre son débit maximal pendant un transfert court puis réduire ses performances lorsque le contrôleur et les puces NAND chauffent.

Un boîtier métallique aide à répartir cette chaleur, mais le Muse dispose de très peu de volume pour l'absorber. Android Central a notamment relevé cette inconnue lors de sa prise en main.

Le chiffre de 1 000 Mo/s en écriture correspond donc à un maximum annoncé, pas encore à une garantie de débit constant sur une longue session de tournage.

Seulement 512 Go et 1 To au lancement

Lexar prévoit deux capacités au quatrième trimestre 2026 : 512 Go et 1 To.

Une version 2 To n'a pas été annoncée.

Pour un SSD orienté vidéo ProRes, 1 To peut sembler relativement modeste. C'est le prix du compromis avec un format qui mise précisément sur un empilement très compact.

La marque n'a pas encore communiqué de tarif officiel global.

Tom's Hardware indique toutefois que des représentants présents à l'IFA évoquaient des objectifs d'environ 230 dollars pour 512 Go et 380 dollars pour 1 To. Ces montants restent indicatifs tant que Lexar ne les a pas officialisés.

Le smartphone devient peu à peu une vraie caméra modulaire

Le Muse est intéressant au-delà de son record d'épaisseur.

Les iPhone récents peuvent déjà enregistrer directement sur un support externe. Les fabricants de stockage commencent maintenant à concevoir des SSD dont la forme physique est pensée autour de cette fonction plutôt que de simplement réutiliser un boîtier destiné au PC.

Le disque devient donc presque une extension matérielle du téléphone.

Lexar a réussi à rendre cette extension extrêmement fine. Reste à savoir si les utilisateurs préféreront vraiment un SSD de 3,8 mm avec un câble qu'il ne faut surtout pas perdre à un modèle un peu plus épais doté du bon vieux port USB-C.