Le filaire revient chez Bose après onze ans
Bose a annoncé les Noise Cancelling Wired Earbuds le 28 septembre 2026. Le constructeur les présente comme son retour aux écouteurs filaires, une catégorie dans laquelle il n’avait plus lancé de nouveau modèle depuis 2015.
Le prix américain est fixé à 99 dollars. Les précommandes ont débuté le jour de l’annonce auprès de Bose et Best Buy, tandis que les premières expéditions sont prévues pour le 15 octobre.
Trois finitions sont annoncées : Black, White Smoke et une édition limitée Dewdrop Mint. Le produit est donc annoncé et précommandable, mais il n’est pas encore en expédition générale au moment de l’annonce.
L’ANC fonctionne sans batterie interne
Un écouteur filaire passif n’a normalement pas besoin d’alimentation. Une réduction active du bruit, en revanche, doit faire fonctionner microphones, traitement numérique et amplification. Bose résout le problème en récupérant directement l’énergie fournie par le port USB-C du téléphone, de la tablette ou de l’ordinateur.
Les écouteurs n’intègrent donc aucune batterie à charger. Brancher le câble suffit à alimenter le produit, y compris son système ANC.
Cela supprime une contrainte classique des écouteurs sans fil, mais ne rend évidemment pas l’énergie gratuite. La consommation est simplement déplacée vers la batterie de l’appareil source. Bose ne publie pas dans son annonce une mesure permettant de quantifier l’impact de l’ANC sur l’autonomie d’un smartphone.
Pas de Bluetooth signifie aussi pas d’appairage
Bose a complètement retiré la liaison Bluetooth. Les écouteurs se connectent directement aux téléphones, tablettes et ordinateurs USB-C compatibles, sans procédure d’appairage et sans application nécessaire pour commencer à écouter.
Le choix élimine les problèmes de reconnexion, les changements de codec Bluetooth et la nécessité de maintenir séparément la charge d’un boîtier et de deux écouteurs. Il réintroduit en échange la contrainte la plus évidente du filaire : un câble de 4,2 pieds, soit environ 1,28 mètre, relie physiquement l’utilisateur à son appareil.
Ce n’est donc pas un retour au casque analogique traditionnel. L’USB-C transporte un flux audio numérique et alimente une électronique embarquée. Le câble revient, pas la simplicité électrique d’une paire d’écouteurs 3,5 mm purement passive.
Le connecteur USB-C n’est pas remplaçable par n’importe quel adaptateur
Bose précise que l’alimentation USB est nécessaire au fonctionnement du produit. Les adaptateurs non-USB qui ne fournissent pas cette alimentation ne sont donc pas pris en charge.
Cette limitation compte notamment pour les utilisateurs qui voudraient simplement brancher les écouteurs sur une sortie casque 3,5 mm à l’aide d’un adaptateur. L’architecture a besoin de l’USB-C pour alimenter le DSP et les fonctions ANC.
En pratique, le produit cible les smartphones, tablettes et ordinateurs modernes disposant d’une sortie audio USB-C compatible, pas les anciens lecteurs audio dont l’intérêt principal serait justement leur prise analogique.
Quatre microphones travaillent pour QuietControl
Le système QuietControl utilise quatre microphones, deux dans chaque écouteur, pour surveiller le bruit environnant et générer la correction nécessaire à la réduction active.
Trois modes sont accessibles : Quiet active la réduction du bruit, Aware laisse davantage entendre l’environnement et ANC Off désactive complètement la réduction active.
Bose n’a pas publié avec l’annonce de mesure comparative permettant de situer précisément cette ANC face aux QuietComfort Ultra Earbuds ou aux autres modèles sans fil de la marque. Le nom QuietControl décrit donc la technologie employée, pas une équivalence démontrée avec les performances du haut de gamme QuietComfort.
Le bouton physique récupère ce que l’application aurait pu gérer
Puisqu’aucune application n’est nécessaire, Bose installe les commandes sur une télécommande intégrée au câble. Des boutons physiques contrôlent le volume, la lecture, les appels et le passage entre Quiet, Aware et ANC Off.
Un microphone distinct se trouve au dos de cette télécommande pour la voix. Bose indique avoir choisi cet emplacement afin d’obtenir une captation claire tout en réduisant les bruits parasites provoqués lorsque le module frotte contre les vêtements.
Cette organisation a un avantage très terre à terre : changer de mode ANC ne dépend ni d’un geste tactile correctement reconnu ni de l’ouverture d’une application. Pour une fois, retrouver le bouton dans le noir est une fonctionnalité.
Le flux sort toujours en 24 bits/48 kHz
La partie numérique repose sur le DSP propriétaire SoundDesign de Bose et sur USB Audio Class 2. Le constructeur indique que les écouteurs peuvent accepter une source avec n’importe quelle fréquence d’échantillonnage et profondeur de bits prise en charge par le système, mais que la sortie du traitement interne est fixée à 24 bits/48 kHz.
Bose présente le produit comme compatible avec l’écoute lossless. Cela ne signifie pas qu’un fichier 24 bits/192 kHz traverse toute la chaîne à 192 kHz : le traitement des écouteurs ramène la sortie à 48 kHz.
C’est une précision plus utile que le simple logo haute définition. Pour de la musique distribuée sans compression destructive, la liaison USB peut éviter la compression d’un codec Bluetooth. Pour les contenus au-delà de 48 kHz, le pipeline Bose reste néanmoins limité à sa fréquence de sortie annoncée.
Le câble supprime presque toute la latence radio
Bose met également en avant la faible latence de la connexion directe pour la vidéo, le jeu et la création de contenu. Aucun codec Bluetooth ni transmission radio ne vient ajouter son propre tampon entre la source et les écouteurs.
Il reste naturellement le traitement numérique réalisé par les écouteurs eux-mêmes, notamment lorsque l’ANC est actif. Bose ne publie pas de valeur de latence chiffrée dans son communiqué, il serait donc prématuré de lui attribuer un délai précis.
Pour un jeu mobile ou le montage d’une vidéo, supprimer la variabilité de la liaison Bluetooth reste néanmoins un avantage structurel du câble.
IPX4 et neuf combinaisons possibles pour le maintien
Les écouteurs sont certifiés IPX4. Ils sont donc conçus pour résister à la transpiration et aux éclaboussures, sans être prévus pour l’immersion.
Bose fournit trois tailles d’embouts en silicone et deux tailles d’ailettes de stabilité. Les éléments peuvent être combinés, ou les ailettes retirées, pour adapter le maintien à l’oreille.
Un étui zippé est également fourni. Il ne sert évidemment pas à charger les écouteurs : sa seule mission est de ranger le câble et d’éviter qu’un produit censé simplifier l’écoute ne commence sa journée sous la forme d’un nœud.
Le retour du filaire vient aussi d’une demande plus jeune
Bose explique son retour par le regain d’intérêt pour l’écoute filaire. Raza Haider, président de Bose Premium Consumer Audio, décrit cette catégorie comme connaissant une renaissance culturelle.
WIRED rapporte que les ventes d’écouteurs filaires ont recommencé à progresser après plusieurs années de recul, avec une hausse de 10 % au second semestre 2025 puis de 20 % au début de 2026. Le magazine indique également que Bose a observé cette demande auprès de consommateurs adolescents et sur des campus.
Le produit n’est pourtant pas nostalgique dans son architecture. Un écouteur analogique des années 2000 fonctionnait avec une membrane et une prise jack. Le modèle Bose de 2026 embarque microphones, DSP, conversion numérique et ANC ; il retire surtout la radio et la batterie.
La batterie disparue est aussi une pièce d’usure disparue
L’absence de batterie interne évite une dégradation qui affecte inévitablement les écouteurs true wireless après suffisamment de cycles. Tant que l’électronique et le câble restent fonctionnels, la capacité énergétique des écouteurs eux-mêmes ne peut pas diminuer puisqu’ils n’en stockent aucune.
Le revers est mécanique. Un câble peut s’accrocher, s’emmêler ou finir par s’endommager, et la connexion USB-C monopolise le port physique du téléphone pendant l’écoute. Le produit échange donc une catégorie de contraintes contre une autre plutôt qu’il ne les supprime toutes.
À 99 dollars, l’idée de Bose est finalement moins rétro qu’elle en a l’air : garder l’ANC, le traitement numérique, les appels et l’audio USB moderne, puis retirer Bluetooth, batterie et recharge. Onze ans après avoir quitté cette catégorie, Bose ne revient pas vraiment à ses anciens écouteurs. Il teste ce qu’un écouteur filaire peut devenir après une décennie de progrès des modèles sans fil.