BitGo a annoncé le 27 août avoir conclu et finalisé l’acquisition de l’activité de trading institutionnel et des actifs associés de NYDIG.
Le communiqué officiel parle d’une opération destinée à élargir la plateforme de marchés institutionnels de BitGo et à renforcer en priorité ses capacités de financement et de dérivés.
Environ 30 employés de NYDIG rejoignent BitGo dans le cadre de la transaction, avec les relations clients institutionnelles de l’activité cédée.
Le dépôt SEC donne enfin un prix plus précis à l’opération
Le communiqué de BitGo ne mettait pas le montant au premier plan. Son formulaire 8-K déposé auprès de la SEC détaille davantage la transaction.
BitGo doit verser 7 millions de dollars en numéraire, sous réserve des ajustements habituels, ainsi que des actions BitGo valorisées à environ 35,5 millions de dollars au moment de la clôture.
La valeur initiale ressort donc à environ 42,5 millions de dollars.
Deux mécanismes supplémentaires sont prévus si certains objectifs de revenus sont atteints : 10 millions de dollars en numéraire pour un premier seuil, puis jusqu’à 5 millions supplémentaires ainsi que des actions BitGo additionnelles pour un second.
À cela s’ajoutent des dispositifs de rétention destinés à certains employés transférés, comprenant notamment des restricted stock units et des primes en numéraire dont l’acquisition dépend également d’un objectif de chiffre d’affaires.
BitGo récupère surtout une équipe spécialisée dans ce qui lui manquait encore
L’activité de NYDIG fournit des dérivés, des produits structurés, du financement et d’autres solutions de marchés de capitaux.
Sa clientèle comprend notamment asset managers, hedge funds, entreprises et family offices.
BitGo disposait déjà de services de custody réglementée, de trading, de settlement, de staking, de financement et de wallets. L’intérêt du rachat est donc moins d’ajouter un simple desk de trading que d’épaissir la partie la plus sophistiquée de cette offre.
Mike Belshe, cofondateur et CEO de BitGo, présente l’opération comme une réponse aux institutions qui veulent réduire le nombre de prestataires entre la conservation des actifs, l’exécution des ordres, le financement et le règlement.
BitGo travaille depuis plusieurs mois à cette intégration
Le rachat s’inscrit dans une série de lancements récents.
En juillet, BitGo avait étendu sa couche de liquidité destinée aux clients institutionnels. Début août, l’entreprise a lancé BitGo Link, un système permettant aux équipes de trading et de trésorerie de voir et déplacer du capital entre BitGo et plusieurs plateformes d’échange depuis une interface commune.
L’entreprise développe également des services d’exécution électronique dans plusieurs juridictions et cherche à maintenir davantage de fonctions autour d’actifs conservés dans son infrastructure réglementée.
L’achat de NYDIG ajoute à cette architecture des compétences plus avancées en gestion du risque, dérivés et financement.
NYDIG prend exactement la direction inverse
La transaction est également révélatrice de la nouvelle identité de NYDIG.
Le groupe s’était historiquement construit autour des services financiers liés au Bitcoin, mais son discours actuel met beaucoup plus fortement en avant l’énergie et le calcul haute performance.
NYDIG affirme désormais disposer d’un pipeline de plus de 3 GW dans la production d’énergie et les infrastructures de calcul, avec plus de 1 GW susceptible d’être livré en 2027 et 2028.
Ces sites sont destinés au minage de Bitcoin mais également aux charges de calcul HPC, à l’entraînement et à l’inférence d’IA.
La vente de son activité de trading institutionnel lui permet explicitement de concentrer davantage de ressources sur cette stratégie.
La convergence entre minage crypto et data centers IA est derrière le mouvement
Ce recentrage n’est pas isolé.
L’explosion de la demande en puissance électrique pour l’intelligence artificielle a rendu particulièrement précieux les terrains, raccordements et contrats énergétiques accumulés par plusieurs acteurs historiquement spécialisés dans le minage.
NYDIG décrit désormais son infrastructure comme capable de servir aussi bien le Bitcoin que l’IA et le calcul intensif.
La société se sépare donc d’une activité financière au moment même où ses actifs énergétiques deviennent stratégiquement plus importants.
BitGo et NYDIG deviennent presque deux entreprises plus faciles à comprendre
La transaction dessine finalement deux trajectoires opposées.
BitGo rassemble davantage de fonctions financières autour d’une seule plateforme : custody, wallets, trading, financement, dérivés, stablecoins et règlement.
NYDIG se concentre au contraire sur l’infrastructure physique : production d’énergie, Bitcoin mining et data centers.
Le rachat ne signifie pas que toutes les institutions utiliseront nécessairement l’ensemble des services de BitGo. L’entreprise précise elle-même que l’accès dépendra des juridictions, de l’éligibilité des clients et des règles applicables.
Mais la direction devient claire : BitGo cherche à posséder une part toujours plus importante de la chaîne financière pendant que NYDIG s’en éloigne pour posséder davantage de la chaîne énergétique.