Bitcoin s'échangeait autour de 78 800 dollars jeudi, tandis que l'ether évoluait près de 2 500 dollars. Le mouvement est moins spectaculaire que celui observé mardi, lorsque le BTC a brièvement dépassé les 80 000 dollars, mais il montre surtout que le marché n'a pas immédiatement rendu les gains accumulés au cours des derniers jours.
Le mois d'août reste particulièrement solide. Reuters chiffrait mardi la progression mensuelle de Bitcoin à environ 28 %, ce qui plaçait alors la cryptomonnaie sur la trajectoire de son meilleur mois depuis novembre 2024.
Le dollar compte presque autant que Bitcoin
Le moteur de cette séquence se trouve en bonne partie hors de la crypto. Les interventions du Trésor américain sur le marché obligataire, notamment les rachats de dette à longue échéance destinés à calmer les rendements, ont pesé sur le dollar. Bitcoin et l'or ont simultanément bénéficié d'un regain d'intérêt.
Le terme de « debasement trade » revient dans les commentaires de marché : l'idée que certains investisseurs cherchent des actifs susceptibles de mieux résister à une perte de pouvoir d'achat ou à une dépréciation de la monnaie. Cela ne transforme évidemment pas Bitcoin en actif stable. Son comportement sur quelques séances suffit rarement à démontrer quoi que ce soit de définitif sur son rôle monétaire.
Mais le parallèle avec l'or est difficile à ignorer cette semaine. Lorsque les inquiétudes se concentrent sur les obligations souveraines, les déficits et la valeur future du dollar, le récit d'un Bitcoin indépendant des monnaies étatiques retrouve mécaniquement de l'air.
Jackson Hole devient le prochain test
Le calendrier remet maintenant la Réserve fédérale au centre du jeu. Les marchés attendent le symposium de Jackson Hole et, surtout, les indications que Kevin Warsh pourra donner sur l'inflation, les taux et la trajectoire de la politique monétaire américaine.
La réaction de Bitcoin dépendra moins d'un mot-clé prononcé sur scène que de ce que les investisseurs en déduiront pour les rendements réels et le dollar. Une politique perçue comme durablement restrictive peut rendre les actifs sans rendement plus difficiles à défendre. À l'inverse, une détente des conditions financières tend à remettre davantage de liquidité et d'appétit pour le risque dans le système.
Le contexte n'est pas particulièrement confortable pour la Fed. L'inflation américaine reste suffisamment élevée pour compliquer un assouplissement rapide, tandis que les marchés obligataires restent un sujet politique et financier sensible.
80 000 dollars n'est pas encore devenu un nouveau plancher
Le passage au-dessus de 80 000 dollars mardi a offert un chiffre rond spectaculaire, mais Bitcoin n'y est pas resté. Deux jours plus tard, le marché gravite sous ce seuil.
C'est probablement une information plus utile que le seul record de la semaine. Après une progression d'environ 28 % sur le mois, des prises de bénéfices et une phase de consolidation n'ont rien d'étonnant. L'Economic Times décrivait jeudi un marché prudent autour de 79 000 dollars, justement dans l'attente d'un nouveau catalyseur.
Bitcoin aborde donc Jackson Hole avec une configuration assez inhabituelle : une forte hausse déjà intégrée, un dollar fragilisé récemment et un seuil des 80 000 dollars désormais très proche. Le prochain mouvement dépendra en grande partie de ce que les marchés obligataires feront de la communication de la Fed.