Android 17 QPR2 Beta 4 ajoute une entrée « Data logging » à Private Compute Core dans le Privacy Dashboard. La bêta a commencé à être distribuée aux testeurs Pixel le 28 août, et cette interface a été documentée quelques jours plus tard par Android Authority.
Google n'a pas publié d'annonce séparée décrivant cette fonction. Il faut donc la traiter pour ce qu'elle est aujourd'hui : une fonctionnalité observée dans une version de test, susceptible d'être modifiée avant son éventuelle arrivée dans une mise à jour stable.
Android peut désormais conserver un journal des données qui quittent Private Compute Core
Private Compute Core est l'environnement isolé qu'Android utilise pour plusieurs traitements exploitant des informations sensibles directement sur l'appareil. Google l'a notamment associé historiquement à des fonctions comme Live Caption, Now Playing et Smart Reply.
Dans Android 17 QPR2 Beta 4, sa nouvelle page explique explicitement qu'elle sert à « journaliser et examiner les données qui quittent Private Compute Core ».
La collecte n'est pas présentée comme obligatoire. Un interrupteur « Allow data logging » permet de la désactiver complètement.
Lorsqu'elle est active, Android propose deux niveaux de détail plutôt qu'un unique fichier de diagnostic.
Trois jours en mode Limited, douze heures en Detailed
Le mode Limited conserve seulement un sous-ensemble des informations. La limite affichée dans la bêta est de trois jours ou 100 Mo, selon le seuil atteint en premier.
Detailed est beaucoup plus agressif. Android le décrit comme une capture exhaustive de données brutes, limitée à douze heures ou 100 Mo.
Le système affiche d'ailleurs une boîte de dialogue supplémentaire lorsque l'utilisateur passe vers ce niveau.
Le message prévient que ces journaux bruts peuvent contenir des informations personnelles sensibles. Ce n'est donc pas un mode de télémétrie à activer machinalement pour « avoir plus de transparence » : le fichier créé peut lui-même devenir une donnée à protéger.
Les fichiers restent accessibles à l'utilisateur
La même interface comporte des commandes permettant de télécharger les journaux sur le téléphone ou de les supprimer.
Android affiche également la quantité actuellement enregistrée, ce qui permet de voir immédiatement si la collecte a produit des données.
Une section distincte baptisée « Summary logs » fournit une vue moins brute de certaines fonctions. Dans la version observée, Proactive Assistance apparaît déjà comme une catégorie dont le résumé peut être consulté.
Cette séparation est intéressante : un utilisateur souhaitant comprendre grossièrement l'activité d'une fonction n'a pas nécessairement besoin d'ouvrir un dump exhaustif contenant potentiellement des données sensibles.
Ce menu ne signifie pas que Private Compute Core envoie soudainement tout vers le cloud
L'existence de journaux sur les données sortantes peut facilement donner une mauvaise impression. La nouvelle interface ne constitue pas, à elle seule, la preuve que Private Compute Core transmet désormais davantage d'informations à Google ou à d'autres services.
Elle ajoute surtout un instrument d'observation autour d'une frontière qui existait déjà.
Google présente toujours Private Compute Core comme un environnement destiné à isoler les traitements impliquant des données ambiantes ou personnelles. En mai, l'entreprise a encore décrit PCC et Private AI Compute comme des éléments centraux de son architecture de confidentialité pour l'IA.
Android 17 ajoute en parallèle AISeal et pKVM pour renforcer l'isolation matérielle de certains de ces traitements sur les appareils compatibles.
La transparence devient plus importante à mesure que l'IA Android agit davantage
La journalisation n'arrive pas seule dans QPR2 Beta 4. La même version contient aussi une nouvelle page « Agents » destinée aux logiciels capables d'accéder à des informations ou d'effectuer des actions à l'intérieur d'applications.
Google avait déjà présenté à l'I/O 2026 son intention de rendre plus visibles les activités agentiques avec un indicateur système et un Privacy Dashboard enrichi.
Les deux sujets se rejoignent sans être identiques. Le tableau de bord des agents doit aider à comprendre quel logiciel agit ; les logs de Private Compute Core doivent rendre observable une partie des données qui franchissent la limite de l'environnement de calcul privé.
Le mode Detailed crée lui-même un nouveau risque à gérer
Un fichier de diagnostic exhaustif est précieux lorsqu'on essaie de déterminer ce qu'un système a réellement manipulé ou transmis. Il peut aussi concentrer exactement les informations que l'architecture isolée cherchait à protéger.
Android le reconnaît directement dans son avertissement sur les données sensibles.
Reste à savoir quelles informations sont effectivement présentes dans les différents types de logs, sous quelle forme elles sont structurées et quelles applications ou interfaces peuvent y accéder après leur téléchargement. La bêta observée ne suffit pas encore à établir une cartographie complète.
Elle ne permet pas non plus de conclure que cette interface sera proposée à tous les appareils Android 17. Les QPR en développement peuvent changer, et certaines protections récentes de Google restent limitées à des appareils compatibles.
Pour l'instant, c'est un outil de bêta, pas une nouvelle promesse universelle d'Android
Android 17 lui-même est déjà disponible en version stable. La fonction dont il est question ici appartient à la branche QPR2 actuellement testée pour une mise à jour ultérieure.
Le menu permet aujourd'hui de désactiver la journalisation, de choisir entre Limited et Detailed, de télécharger les fichiers et de les effacer. Limited est plafonné à trois jours ou 100 Mo ; Detailed à douze heures ou 100 Mo.
La prochaine étape utile sera moins spectaculaire qu'une nouvelle fonction Gemini : vérifier si Google conserve cette interface dans la version stable de QPR2 et documente précisément quelles sorties de Private Compute Core elle permet réellement d'auditer.