Jack Huynh, responsable du groupe Computing and Graphics d’AMD, a ouvert l’IFA le 4 septembre avec une keynote baptisée « The Era of Personal AI: The Future of Imagination ».

AMD résume sa vision autour de trois idées : calcul local, confidentialité et contexte personnel.

L’objectif dépasse le chatbot posé dans un coin de Windows. Le groupe parle désormais de systèmes agentiques capables d’interpréter une demande, d’utiliser plusieurs applications et d’accomplir une suite d’actions.

Pour AMD, le cloud ne doit plus être obligatoire

Une partie du discours concerne évidemment la latence. Un modèle exécuté sur la machine peut répondre sans attendre un aller-retour vers un centre de données et continuer à fonctionner dans certains scénarios avec une connectivité limitée.

La question des données est plus intéressante. Un assistant personnel réellement contextuel peut avoir besoin de documents, de tâches, de projets ou d’autres informations privées. Leur traitement local permet théoriquement d’éviter d’envoyer systématiquement l’ensemble de ce contexte vers un service distant.

Cela ne transforme pas pour autant les futurs PC AMD en systèmes entièrement hors ligne. Les modèles les plus lourds, certains services et certaines fonctions continueront à utiliser le cloud.

Le modèle devient hybride.

Puis AMD a montré une machine qui n’a plus grand-chose d’un PC ordinaire

La Threadripper Halo Station est la démonstration la plus extrême de cette stratégie.

Le système montré à Berlin associe un processeur Threadripper PRO à 96 cœurs avec deux accélérateurs Instinct MI350P refroidis par liquide.

Chaque MI350P embarque 144 Go de HBM3E. La configuration exposée dispose donc de 288 Go de mémoire accélérateur, en plus de 2 To de mémoire DDR5 côté système.

AMD prévoit une évolution permettant d’utiliser jusqu’à quatre MI350P. La quantité totale de HBM3E passerait alors à 576 Go.

Ce modèle à quatre accélérateurs n’est pas celui qui tournait sur scène.

AMD parle de modèles dépassant le trillion de paramètres

Jack Huynh présente la Halo Station comme une machine capable de travailler localement avec des modèles dépassant mille milliards de paramètres.

La mémoire explique une bonne partie de cette ambition. Un modèle gigantesque doit conserver une quantité considérable de poids et de données de travail près des accélérateurs, avant même de parler de vitesse d’inférence.

AMD n’a toutefois publié aucun benchmark permettant de mesurer les performances réelles de la Halo Station sur ce type de modèle.

La société la qualifie également de « workstation la plus puissante au monde ». C’est pour l’instant une affirmation constructeur, pas un classement établi par une comparaison indépendante.

1 550 watts rien que pour le CPU et les deux GPU

La puissance électrique donne une autre idée de l’échelle.

Le Threadripper PRO 9995WX peut atteindre 350 W de TDP. Chaque Instinct MI350P est donné pour 600 W.

La configuration à deux accélérateurs représente donc jusqu’à 1 550 W pour ces trois composants avant de compter le reste de la machine.

AMD utilise un refroidissement liquide pour le processeur et les accélérateurs. Une éventuelle configuration à quatre MI350P posera évidemment des contraintes encore différentes en matière d’alimentation et de dissipation.

Le ThinkCentre X Ultra ramène le concept dans 1,6 litre

Le contraste avec Lenovo est assez brutal.

Le ThinkCentre X Ultra tient dans un boîtier de 183 × 183 × 51 mm, soit environ 1,6 litre.

Il peut recevoir jusqu’au Ryzen AI Max+ PRO 495, accompagné de 128 Go de LPDDR5X unifiée. Lenovo autorise jusqu’à 96 Go de cette mémoire pour la partie graphique Radeon 8065S.

Le NPU atteint jusqu’à 55 TOPS.

Deux SSD M.2 peuvent être installés, avec des configurations allant jusqu’à 4 To par emplacement. La connectique arrière comprend notamment deux Thunderbolt 4, du DisplayPort 2.1, du HDMI 2.1 et de l’Ethernet 10 Gb/s.

Lenovo prévoit même de réunir quatre de ces mini-PC

Le ThinkCentre X Ultra peut fonctionner dans une architecture regroupant jusqu’à quatre unités.

Lenovo vise les modèles nécessitant davantage de mémoire, les fenêtres de contexte plus longues et les workflows utilisant plusieurs agents en parallèle.

AMD Ryzen AI Developer Center est intégré à la proposition logicielle, avec des outils et workflows préparés pour Windows et Linux.

Le ThinkCentre X Ultra est annoncé pour novembre 2026 à partir de 3 100 euros.

La partie la plus délicate du « Personal AI » n’est peut-être pas le processeur

Une IA capable de comprendre réellement le contexte de son utilisateur doit pouvoir accéder à beaucoup plus d’informations qu’un chatbot classique.

Le problème devient alors celui des permissions. Quels fichiers peut-elle lire ? Quelle application peut-elle modifier ? Quelle partie du contexte reste sur la machine lorsqu’une fonction utilise malgré tout le cloud ?

AMD peut améliorer CPU, GPU et NPU. Ces règles dépendront aussi de Windows, des applications et des systèmes d’agents utilisés au-dessus du matériel.

Le Personal AI couvre déjà deux machines qui n’ont presque rien en commun

Le ThinkCentre X Ultra sera un PC compact commercialisé à partir de novembre. La Threadripper Halo Station est encore beaucoup plus proche d’une plateforme de démonstration et AMD n’a communiqué ni prix, ni date de disponibilité.

La configuration à quatre MI350P appartient elle aussi au futur du produit.

C’est finalement assez révélateur de la stratégie montrée à Berlin : AMD utilise la même expression « Personal AI » pour un mini-PC de 1,6 litre et pour une station dont le CPU et deux accélérateurs peuvent à eux seuls réclamer 1 550 W.