NVIDIA avait annoncé RTX Spark avec Microsoft au printemps. L’IFA permet maintenant de voir à quoi ressemble réellement cette plateforme dans plusieurs machines commerciales.

ASUS présente les ProArt P16 et P14 ainsi que le mini-PC ProArt GR1X. Lenovo ajoute les Yoga Pro 9n et Yoga 9n 2-in-1. Tous abandonnent le schéma x86 plus GPU GeForce séparé au profit d’un superchip associant CPU Grace Arm et GPU Blackwell.

Jusqu’à 6 144 cœurs CUDA et 20 cœurs CPU dans le même package

La configuration supérieure de RTX Spark regroupe un GPU Blackwell RTX à 6 144 cœurs CUDA et un CPU Grace pouvant atteindre 20 cœurs. Les deux parties communiquent via NVLink-C2C.

NVIDIA annonce jusqu’à un pétaflop de calcul IA FP4. Ce chiffre utilise la précision FP4 et les fonctions d’accélération adaptées ; il n’est donc pas comparable directement à un téraflop FP32 utilisé pour parler des performances graphiques traditionnelles.

Le TDP des variantes mobiles se situe entre 45 et 80 W selon NVIDIA. Lenovo confirme justement jusqu’à 80 W pour son Yoga Pro 9n.

Les 128 Go sont partagés entre le CPU et le GPU

C’est ici que RTX Spark s’écarte le plus franchement d’un portable gaming conventionnel. La mémoire LPDDR5X est unifiée : le CPU et le GPU travaillent dans un même espace mémoire plutôt que de séparer RAM système et VRAM dédiée.

La version supérieure peut recevoir 128 Go sur un bus 256 bits. Lenovo précise une LPDDR5X à 9 400 MT/s et 16 canaux sur le Yoga Pro 9n.

Pour un jeu, disposer de 128 Go partagés n’apporte évidemment pas le même bénéfice que 128 Go de VRAM dédiée. Pour un modèle d’IA qui doit tenir entièrement en mémoire, la situation change nettement.

NVIDIA positionne la plateforme pour des LLM atteignant environ 120 milliards de paramètres dans certains scénarios locaux. ASUS cite également des scènes 3D dépassant 90 Go et la génération vidéo IA 4K parmi les workloads visés.

ASUS réussit à mettre le tout dans un ProArt P16 de 12,9 mm

Le nouveau ProArt P16 mesure 12,9 mm au point le plus fin et pèse 1,77 kg. ASUS le décrit comme son ProArt 16 pouces RTX Spark le plus fin.

Il reçoit une batterie de 99 Wh. Son écran Lumina Pro OLED peut monter jusqu’à une définition 4K, 120 Hz avec VRR et G-SYNC, ainsi qu’une luminosité HDR annoncée jusqu’à 1 600 nits sur la version Tandem OLED.

Le ProArt P14 descend à 1,48 kg et 13,9 mm, avec une batterie de 90 Wh. Son écran va jusqu’à 3K.

ASUS complète ces deux machines par le GR1X, un mini-PC de 150 × 150 × 51 mm conçu pour fonctionner en continu. Il ajoute notamment Ethernet 10 Gb/s, Wi-Fi 7 et la gestion de quatre écrans 4K.

Lenovo pousse le Yoga Pro 9n vers la petite workstation

Le Yoga Pro 9n pèse 1,65 kg pour 16,7 mm d’épaisseur. Sa configuration supérieure associe RTX Spark à 128 Go de mémoire unifiée et jusqu’à 4 To de stockage répartis sur deux emplacements SSD.

L’écran OLED mesure 15,3 pouces, affiche 2560 × 1600 pixels et fonctionne entre 48 et 165 Hz en VRR. Lenovo annonce 1 100 nits en HDR et un Delta E inférieur à 0,5.

Sa batterie atteint 92,5 Wh. Deux ports USB4 40 Gb/s, HDMI 2.1, deux USB-A, une prise casque et un lecteur SD UHS-II sont présents.

Lenovo insiste sur le développement CUDA, le rendu 3D, le montage vidéo et les agents locaux. La machine reste pourtant dans la gamme Yoga grand public plutôt que ThinkPad P ou ThinkStation.

Le Yoga 9n 2-in-1 s’arrête à 64 Go

Le convertible 16 pouces utilise également RTX Spark, mais Lenovo limite sa mémoire à 64 Go. Il reçoit un OLED 2880 × 1800 à 120 Hz et une batterie de 99,9 Wh.

Son écran pivote à 360 degrés et le stylet Yoga Pen Gen 2 fonctionne aussi bien sur la dalle que sur le pavé tactile haptique.

À 1,94 kg, ce n’est pas exactement une petite tablette une fois repliée. La construction privilégie clairement la puissance et les usages créatifs.

Windows sur Arm devra faire fonctionner bien plus que l’IA

Grace utilise une architecture CPU Arm. Ces machines fonctionnent donc sous Windows 11 sur Arm, pas avec un processeur x86 Intel ou AMD.

NVIDIA apporte CUDA nativement à RTX Spark et conserve son écosystème graphique : ray tracing, DLSS 5, Reflex 2, G-SYNC, pilotes Studio et Game Ready sont listés comme compatibles.

La compatibilité logicielle restera néanmoins un point à surveiller. Les applications Windows natives Arm peuvent exploiter directement la plateforme, tandis que les logiciels x86 dépendront de leur portage ou des mécanismes de compatibilité de Windows.

C’est particulièrement important pour une machine vendue à la fois aux créateurs, développeurs et joueurs. Une fiche technique impressionnante n’efface pas les dépendances logicielles accumulées pendant des décennies sur x86.

La mémoire unifiée ne transforme pas Spark en RTX 5090 de 128 Go

Le nombre de cœurs CUDA peut prêter à confusion lorsqu’on compare rapidement les fiches techniques. RTX Spark est conçu autour d’un équilibre très différent d’une GeForce haut de gamme : enveloppe de puissance réduite, mémoire unifiée et priorité donnée aux modèles IA volumineux.

NVIDIA annonce que la plateforme reste capable de jouer en 1440p et prend en charge tout son arsenal RTX moderne. Cela ne signifie pas que ses 128 Go de mémoire doivent être lus comme les 128 Go d’une improbable GeForce dédiée.

La mémoire est partagée avec le CPU et sa bande passante doit servir l’ensemble du système.

Le prix est encore la grande inconnue

Lenovo n’a annoncé ni prix ni date précise pour les Yoga Pro 9n et Yoga 9n 2-in-1. ASUS parle d’un lancement des nouveaux ProArt avant la fin de l’année, sans communiquer encore de tarif définitif dans son annonce IFA.

NVIDIA indique de son côté que les premiers PC Windows RTX Spark doivent arriver en octobre 2026.

C’est probablement ce prix qui décidera si les 128 Go de mémoire unifiée deviennent un outil réellement accessible aux développeurs IA ou simplement une caractéristique très séduisante de machines workstation déguisées en ultraportables.