6 % aujourd’hui, 32 % potentiellement dans quelques mois

Le Genoverband a interrogé 196 Volksbanken et Raiffeisenbanken entre le 31 juillet et le 21 août 2026. Six pour cent déclarent déjà proposer une solution permettant à leurs clients de négocier des cryptoactifs.

Vingt-six pour cent supplémentaires prévoient une mise en place dans un délai maximal de cinq mois. Si ces intentions se concrétisent, près d’un tiers des établissements interrogés disposerait donc assez rapidement d’une offre crypto.

À deux ans, la proportion pourrait atteindre 59 %. L’enquête ne couvre toutefois pas l’intégralité des banques coopératives allemandes : le Genoverband représente des établissements répartis dans 14 Länder, hors Bavière et Bade-Wurtemberg.

À l’inverse, environ 30 % des banques interrogées indiquent actuellement ne pas prévoir de lancement. La bascule est nette, pas totale.

meinKrypto évite de sortir de l’application bancaire

La pièce centrale du dispositif s’appelle meinKrypto. La plateforme a été développée par DZ BANK avec Atruvia, le prestataire informatique du réseau coopératif, et s’intègre directement dans la VR Banking App.

Le client peut donc acheter et vendre des cryptoactifs depuis l’environnement qu’il utilise déjà pour consulter ses comptes et effectuer ses opérations bancaires. Au lancement, quatre actifs sont prévus : Bitcoin, Ether, Litecoin et Cardano.

DZ BANK a obtenu fin décembre 2025 l’autorisation MiCAR nécessaire à l’exploitation du service. Chaque Volksbank ou Raiffeisenbank qui souhaite proposer meinKrypto doit cependant effectuer sa propre notification réglementaire auprès de la BaFin avant de l’activer.

La décision finale reste locale. Une banque coopérative peut choisir d’intégrer le service, une autre non.

Ce n’est pas un produit conseillé au guichet

La distinction est importante : meinKrypto cible les clients dits « Selbstentscheider », ceux qui prennent eux-mêmes leurs décisions d’investissement. Le produit n’est pas intégré au conseil classique des particuliers.

Le modèle évite ainsi une situation assez délicate où un conseiller bancaire traditionnel se retrouverait à recommander personnellement une allocation en Bitcoin. La banque fournit l’accès et l’infrastructure ; la décision d’achat reste au client.

La conservation des cryptoactifs repose sur Börse Stuttgart Digital Custody, tandis que l’exécution des transactions passe par EUWAX. On est assez loin du schéma consistant à envoyer des euros vers une plateforme étrangère puis à gérer soi-même des clés privées.

La pression vient aussi de N26, Revolut et Trade Republic

Le changement de rythme n’est pas seulement technologique. Les banques coopératives se retrouvent face à des acteurs qui ont déjà intégré les cryptomonnaies à leurs applications, notamment N26, Revolut ou Trade Republic.

Michael Hoeck, président du Genoverband, expliquait déjà au printemps s’attendre à ce qu’une majorité de Volksbanken et Raiffeisenbanken adopte à terme la nouvelle offre. L’argument est assez classique : si les clients veulent acheter ces actifs, les établissements traditionnels préfèrent conserver la relation plutôt que les regarder partir chez un concurrent dès que le mot Bitcoin apparaît.

Les Sparkassen avancent elles aussi. Leur propre offre crypto doit commencer à être déployée via DekaBank à partir d’octobre 2026.

L’évolution depuis 2025 est assez rapide

Un an plus tôt, le Genoverband mesurait surtout l’intention. En septembre 2025, 71 % de ses banques déclaraient vouloir au moins examiner l’implémentation d’une solution de trading crypto. La demande perçue par les établissements avait alors fortement progressé par rapport à 2023.

En janvier 2026, DZ BANK obtenait sa licence MiCAR pour meinKrypto. Quelques mois plus tard, le service est en cours de déploiement et le débat passe progressivement de « faut-il proposer des cryptos ? » à « quand l’activer ? ».

Il n’y a pas pour autant de transformation du Bitcoin en produit bancaire sans risque. Les cours restent extrêmement volatils, un investissement peut perdre une grande partie de sa valeur et le dispositif réglementé ne change rien à cette propriété de l’actif.

Ce qui change, c’est l’accès. Pour une partie croissante des clients allemands, acheter du Bitcoin pourrait bientôt devenir une opération disponible dans la même application que le virement du loyer.