Pendant plusieurs générations, NXTPAPER a surtout été associé aux écrans LCD de TCL. Le P80 Ultra change cette formule. La marque combine désormais son traitement anti-reflet et ses fonctions orientées confort visuel avec une vraie dalle AMOLED de 6,83 pouces.

Sur le papier, le compromis est assez séduisant : garder les noirs profonds, les couleurs et la fluidité de l'OLED lorsqu'on regarde des vidéos ou des photos, puis réduire volontairement l'écran à quelque chose de beaucoup plus sobre lorsqu'on veut seulement lire.

Un smartphone qui peut volontairement devenir moins excitant

Le détail le plus intéressant est probablement le bouton NXTPAPER placé sur la tranche. Il donne accès aux modes Paper et Max Ink sans devoir fouiller dans les réglages.

Max Ink passe notamment l'interface en monochrome, réduit les distractions et limite les applications visibles. Le résultat n'est pas un véritable écran E Ink : les pixels restent ceux d'une dalle AMOLED. TCL cherche plutôt à reproduire une partie de l'expérience d'une liseuse avec du logiciel, un traitement de surface anti-reflet et une interface plus calme.

C'est une distinction importante. Le P80 Ultra peut redevenir immédiatement un smartphone Android traditionnel. Pas de second écran, pas de dalle e-paper greffée au dos, pas de mécanisme exotique.

6,83 pouces, 120 Hz et jusqu'à 3 200 nits

Lorsque le mode lecture est désactivé, la fiche technique redevient très classique. TCL annonce une définition de 2 772 x 1 280 pixels, un rafraîchissement jusqu'à 120 Hz et une luminosité maximale de 3 200 nits. La dalle couvre également jusqu'à 100 % de l'espace colorimétrique DCI-P3.

La partie NXTPAPER ajoute des couches destinées à réduire les reflets et l'exposition à la lumière bleue, avec des ajustements automatiques de luminosité et de température des couleurs. Les affirmations liées au confort oculaire restent évidemment à considérer comme des promesses constructeur tant qu'elles ne sont pas confrontées à des mesures indépendantes.

L'écran mat change néanmoins directement l'usage dans une pièce très éclairée ou à l'extérieur. C'est moins spectaculaire qu'un nouveau chiffre de luminosité, mais beaucoup plus facile à remarquer au quotidien.

Le reste de la fiche vise plutôt le haut du milieu de gamme

TCL utilise un MediaTek Dimensity 7400 Elite accompagné de 8 Go de RAM physique et jusqu'à 512 Go de stockage. On est loin de la course aux SoC les plus puissants du marché, et ce n'est visiblement pas le sujet.

La batterie atteint 5 800 mAh avec une recharge filaire jusqu'à 45 W. TCL annonce jusqu'à sept jours d'utilisation active en Max Ink Mode, un chiffre obtenu dans ce mode particulier et qui ne doit évidemment pas être interprété comme sept jours d'autonomie en utilisation AMOLED classique.

L'appareil photo principal utilise un capteur de 50 MP de type 1/1,56 pouce avec stabilisation optique. Un téléobjectif périscopique 50 MP avec zoom optique 3x accompagne un ultra grand-angle de 8 MP et une caméra frontale de 32 MP.

À partir de 549 euros en Europe

Le P80 Ultra est commercialisé en Europe depuis le 3 septembre avec un prix de départ annoncé à 549 euros. Le P80 Pro reprend une grande partie de la formule NXTPAPER AMOLED mais abandonne le téléobjectif périscopique, tandis que le P80 classique perd surtout la technologie NXTPAPER elle-même.

C'est justement ce qui rend l'Ultra intéressant. Beaucoup de smartphones milieu et haut de gamme possèdent déjà un bon OLED, une grosse batterie et plusieurs appareils photo. TCL a au moins choisi un autre terrain pour se différencier.

Rendre volontairement l'écran moins coloré et moins stimulant n'a rien d'une révolution technique. Pour lire plusieurs dizaines de minutes sans avoir envie d'ouvrir trois réseaux sociaux entre deux pages, ce n'est peut-être pas une mauvaise idée.