De loin, le Xsnap 7 Pro ressemble exactement à ce qu'on attend d'un smartphone renforcé : un châssis épais, des protections visibles et une batterie énorme. Il pèse d'ailleurs 477 grammes. On n'est clairement pas dans la catégorie du téléphone que l'on oublie dans une poche.
Puis on regarde son dos. L'un des modules se détache entièrement.
Une caméra de 39 grammes cachée dans le smartphone
RugOne a intégré une petite caméra magnétique de 39 grammes dans un logement dédié. Une fois retirée, elle peut être placée sur un casque, un guidon, une sangle, un pendentif ou différents supports proposés par la marque.
L'idée est assez simple : le téléphone devient à la fois l'endroit où ranger la caméra, son écran de contrôle, sa station de recharge et son espace de stockage principal. La caméra possède malgré tout ses propres 64 Go de mémoire et peut donc enregistrer sans rester connectée en permanence au smartphone.
Elle filme jusqu'en 2,7K à 30 images par seconde avec un champ de vision de 133 degrés. RugOne annonce également une stabilisation SteadyX, un verrouillage de l'horizon à 360 degrés, du ralenti, du timelapse, de l'enregistrement en boucle et une fonction de pré-enregistrement capable de conserver les secondes précédant le déclenchement.
Ce n'est pas une GoPro miniature cachée dans un téléphone. Les action cams spécialisées vont plus loin en résolution et en possibilités vidéo. Ici, l'intérêt est ailleurs : avoir la caméra avec soi précisément parce qu'elle fait déjà partie du téléphone.
40 minutes seule, puis le téléphone prend le relais
Le module peut enregistrer environ 40 minutes sur sa propre batterie. Une fois replacé dans le Xsnap 7 Pro, il se recharge automatiquement grâce à la batterie de 9 300 mAh du smartphone.
RugOne annonce jusqu'à vingt recharges du module, soit jusqu'à 800 minutes cumulées dans des conditions de laboratoire. C'est le genre de chiffre qu'il faudra prendre avec prudence en usage réel, surtout si le téléphone sert en parallèle au GPS, à l'écran de prévisualisation ou à la 5G.
Le smartphone peut justement recevoir l'image de la caméra sans fil jusqu'à environ 50 mètres dans de bonnes conditions. On peut cadrer depuis le grand écran, récupérer les fichiers et les gérer depuis l'application Xsnap Go.
Le téléphone lui-même n'est pas qu'un support géant
Le reste de la fiche technique tient plutôt bien la route. Le Xsnap 7 Pro utilise un MediaTek Dimensity 8400 accompagné de 12 Go de RAM LPDDR5X et de 512 Go de stockage UFS 4.0.
L'écran AMOLED de 6,67 pouces affiche une définition de 1 220 x 2 712 pixels, monte à 120 Hz et atteint 1 700 nits selon RugOne. La batterie de 9 300 mAh accepte une recharge filaire de 45 W et, plus inhabituel sur ce type d'appareil, une recharge sans fil jusqu'à 50 W.
La caméra détachable ne remplace pas non plus le système photo du téléphone. Le dos conserve un capteur principal Samsung GN9 de 50 MP avec stabilisation optique et une caméra infrarouge de vision nocturne de 64 MP.
Un téléphone à 477 grammes assume forcément quelques compromis
Le Xsnap 7 Pro est certifié IP68, IP69K et MIL-STD-810H. RugOne indique que le téléphone peut résister à une immersion jusqu'à deux mètres pendant trente minutes dans ses conditions de test. Le petit module caméra va plus loin avec une résistance annoncée jusqu'à cinq mètres sans caisson supplémentaire.
Cette robustesse, le mécanisme de caméra et l'énorme batterie expliquent en partie l'épaisseur de 19,1 mm et les 477 grammes. À titre d'usage quotidien, c'est colossal. Pour quelqu'un qui transporte déjà un téléphone renforcé et une petite caméra d'action, le calcul devient nettement moins absurde.
La campagne Kickstarter a débuté le 7 septembre avec un tarif Super Early Bird de 799 euros en quantité limitée. RugOne annonce ensuite une commercialisation mondiale en octobre, avec un prix public de 1 099,99 euros en Europe.
Le concept avait déjà été montré plus tôt dans l'année, mais l'IFA lui donne cette fois une vraie feuille de route commerciale. Le pari reste étrange. C'est aussi exactement ce qui le rend intéressant.