Le nouvel iMac ressemble beaucoup à celui de 2024. Même silhouette, même écran de 24 pouces et toujours sept couleurs. Apple n'a pas cherché à réinventer son ordinateur tout-en-un pour l'arrivée du M6, mais à augmenter les performances d'une machine dont la conception physique était déjà bien établie.
La différence se trouve dans le processeur. Avec jusqu'à 12 cœurs CPU et 12 cœurs GPU, une architecture graphique dotée d'accélérateurs neuronaux et une bande passante mémoire de 170 Go/s, le M6 apporte plusieurs évolutions mesurables sur le papier. Le Wi-Fi 7, le Bluetooth 6 et une option Ethernet 2,5 Gb/s complètent le renouvellement.
Apple insiste surtout sur l'intelligence artificielle. Dans ses propres mesures, certaines tâches d'IA exécutées localement seraient jusqu'à cinq fois plus rapides que sur l'iMac M4. Cette comparaison mérite d'être examinée de près, notamment parce que la configuration de base conserve 16 Go de mémoire et 256 Go de stockage.
Le M6 accélère les applications, mais toutes les configurations ne sont pas identiques
Deux déclinaisons principales sont proposées. La première associe un CPU à 10 cœurs à un GPU à 10 cœurs. La seconde passe à 12 cœurs CPU et 12 cœurs GPU. Il s'agit d'une distinction importante : les performances maximales annoncées ne décrivent pas nécessairement le modèle vendu au prix le plus bas.
Par rapport à l'iMac M4, Apple revendique jusqu'à 1,5 fois les performances dans des applications comme Microsoft Excel. Pour les charges graphiques, notamment certaines opérations de retouche dans Affinity, le constructeur annonce un gain pouvant atteindre un facteur deux.
Le M6 intègre des Neural Accelerators dans ses cœurs graphiques ainsi qu'un moteur de ray tracing matériel. Les tâches de création 3D et les jeux compatibles peuvent utiliser ces ressources, sous réserve que les logiciels exploitent correctement l'architecture.
Apple évoque aussi jusqu'à deux fois les performances de jeu avec ray tracing par rapport au M4. Ce résultat ne signifie pas que tous les jeux tourneront deux fois plus vite. Le gain peut varier selon la résolution, les effets activés, le moteur graphique et les contraintes de mémoire.
Dans Blender, Final Cut Pro ou les outils de traitement photographique, ces progrès peuvent réduire les temps d'attente. Pour une activité quotidienne dominée par la navigation web, la messagerie et les documents bureautiques, le M4 disposait déjà d'une réserve de performances importante.
Les mesures d'Apple ont été réalisées sur des machines et des scénarios sélectionnés par le constructeur. Les performances soutenues du M6, sa consommation électrique et sa gestion thermique restent à confronter à des essais indépendants.
Cinq fois plus rapide en IA locale, mais dans quelles conditions ?
Le chiffre le plus spectaculaire concerne le traitement local de requêtes dans LM Studio. Apple annonce jusqu'à cinq fois les performances de l'iMac M4 et jusqu'à douze fois celles de l'iMac M1 dans le scénario choisi pour sa comparaison.
Cette amélioration repose sur plusieurs composants. La puce M6 bénéficie d'un Dual 16-core Neural Engine, de ressources d'accélération neuronale intégrées au GPU et d'une bande passante mémoire annoncée jusqu'à 170 Go/s.
Le constructeur revendique par ailleurs un doublement des capacités de calcul du Neural Engine par rapport à la génération précédente. Il faut néanmoins distinguer les performances théoriques de ce moteur spécialisé de celles d'un modèle de langage complet, qui peut solliciter simultanément le CPU, le GPU et la mémoire unifiée.
La quantité de RAM devient particulièrement importante avec des modèles locaux volumineux. Le chargement des poids, les fenêtres de contexte et l'exécution de plusieurs logiciels peuvent rapidement consommer les 16 Go de la configuration d'entrée de gamme.
Une machine qui produit ses premières réponses plus rapidement ne peut pas nécessairement exécuter un modèle plus volumineux. L'augmentation de la bande passante améliore les transferts de données, mais ne remplace pas la capacité mémoire.
Les gains annoncés dans LM Studio ne peuvent donc pas être généralisés sans connaître les modèles employés, leurs paramètres, leur quantification et la configuration mémoire précise des ordinateurs comparés.
Siri AI et macOS 27 donnent une place plus importante aux assistants
Apple livre son nouvel iMac avec macOS 27 Golden Gate. Le système introduit plusieurs évolutions d'Apple Intelligence, notamment un Siri AI capable d'intervenir davantage dans les applications, les fichiers personnels et les recherches effectuées depuis Spotlight.
L'assistant peut, selon Apple, exploiter des informations issues des messages, des courriels et des photos pour répondre à des requêtes contextualisées. Visual Intelligence permet également d'interroger le contenu affiché à l'écran, par exemple un tableau ou une photographie.
L'intégration au système d'exploitation constitue une différence par rapport à une application d'IA ouverte dans une fenêtre séparée. Elle facilite théoriquement les interactions avec les documents et les logiciels, mais soulève aussi des questions concernant les autorisations d'accès, la confidentialité et les limites des traitements distants.
Apple indique que Siri AI est proposé en version bêta avec macOS 27.2, sous réserve des langues et régions prises en charge. Certaines fonctions utilisant les modèles hébergés sur ses serveurs comportent des limites quotidiennes. Le constructeur prévoit un accès étendu payant pour une partie de ces capacités.
Les traitements effectués localement et les services d'intelligence artificielle dans le cloud ne doivent donc pas être confondus. Les performances du M6 concernent les calculs réalisés sur l'ordinateur ; elles ne garantissent pas un accès illimité aux outils en ligne.
Wi-Fi 7 et SSD accéléré : les changements les plus pratiques
Le nouvel iMac adopte le Wi-Fi 7 et le Bluetooth 6. Ces évolutions modernisent une connectivité sans fil qui était devenue l'un des éléments les moins récents de la configuration M4.
L'Ethernet 2,5 Gb/s constitue une autre nouveauté, mais il est proposé en option sur la configuration équipée du CPU et du GPU à 12 cœurs. Il ne faut donc pas considérer ce débit comme une caractéristique standard de tous les iMac M6.
Apple annonce également jusqu'à deux fois les performances de lecture et d'écriture du SSD par rapport au modèle précédent. Les transferts de fichiers volumineux, les bibliothèques photographiques et certains projets vidéo peuvent profiter directement de cette accélération.
La capacité de stockage standard reste pourtant de 256 Go. Pour une machine destinée à être utilisée plusieurs années avec des applications créatives, ce choix impose assez rapidement de réfléchir au stockage externe ou à une configuration supérieure.
La connectique Thunderbolt dépend elle aussi du modèle choisi. La version M6 à 12 cœurs CPU et GPU dispose de quatre ports Thunderbolt 4, tandis que la configuration d'entrée de gamme est limitée à deux ports. Le constructeur annonce jusqu'à deux écrans externes 6K sur les configurations compatibles.
Le maintien du Thunderbolt 4 est notable alors que des solutions plus rapides existent déjà dans d'autres machines professionnelles. Pour un utilisateur qui branche occasionnellement un SSD ou une station d'accueil, la différence restera souvent secondaire. Elle compte davantage avec plusieurs périphériques exigeant un débit élevé.
Un écran Retina 4,5K inchangé
Apple conserve son écran Retina de 24 pouces, dont la diagonale réelle est de 23,5 pouces. Sa définition 4,5K et sa luminosité annoncée de 500 nits sont identiques à celles du modèle précédent.
La dalle prend toujours en charge une large gamme de couleurs P3. Une finition nanotexturée réduisant les reflets est disponible en option sur certaines configurations. Apple ne fait pas évoluer l'iMac vers l'OLED ni vers une fréquence de rafraîchissement supérieure.
L'écran reste adapté à de nombreux travaux bureautiques, graphiques et photographiques. La diagonale unique de 24 pouces peut toutefois devenir une contrainte pour les utilisateurs qui souhaitent davantage d'espace de travail sans multiplier les moniteurs.
La caméra Center Stage de 12 mégapixels avec Desk View, les six haut-parleurs et les trois microphones sont reconduits. Les accessoires assortis aux sept couleurs bénéficient toujours de la recharge USB-C. Le clavier avec Touch ID est fourni de série sur les versions supérieures, avec des options selon la configuration.
Le design conserve également ses couleurs bleu, vert, rose, jaune, violet, orange et argent. Aucune transformation majeure du châssis n'accompagne donc le changement de processeur.
À partir de 1 499 dollars : l'importance du modèle choisi
Aux États-Unis, l'iMac M6 commence à 1 499 dollars avec son CPU et son GPU à 10 cœurs. La version 12 cœurs débute à 1 699 dollars. En Allemagne, les tarifs officiels annoncés sont respectivement de 1 799 et 1 999 euros TTC.
Les deux configurations démarrent avec 16 Go de mémoire unifiée et 256 Go de SSD. Les différences concernent notamment les ressources de calcul, le nombre de ports et certaines options matérielles.
Apple ouvre les précommandes le 28 octobre 2026 dans 35 pays et régions, avant une disponibilité commerciale prévue le vendredi 6 novembre.
Pour un propriétaire d'iMac Intel, la transition peut être importante. Apple revendique jusqu'à dix-huit fois les performances de certains anciens modèles Intel, mais cette comparaison dépend de la machine retenue et du type de charge de travail. Elle ne constitue pas un multiplicateur valable pour tous les anciens iMac.
L'intérêt est moins évident pour un utilisateur déjà équipé d'un iMac M4. La nouvelle machine améliore les performances annoncées et la connectivité, sans augmenter la taille de l'écran, la mémoire standard ni la capacité de stockage de départ.
Le prix de 1 499 dollars correspond enfin à la version 10 cœurs, et non à celle qui réunit toutes les capacités matérielles mises en avant dans l'annonce. Pour profiter du CPU et du GPU à 12 cœurs, de quatre ports Thunderbolt 4 et de certaines options réseau, le tarif américain commence à 1 699 dollars.