Gemini 3.8 Flash est disponible depuis le 2 septembre. Google le présente comme son modèle Flash le plus performant pour le développement logiciel de longue durée, les tâches agentiques et les raisonnements complexes en plusieurs étapes.

Sa fenêtre d'entrée atteint 1 048 576 tokens et la sortie maximale 65 536 tokens. Le modèle accepte texte, images, vidéo, audio et PDF. Côté outils, sa documentation liste notamment l'exécution de code, le function calling, le grounding avec Google Search et Google Maps, ainsi que le computer use en preview.

Même tarif par token ne veut pas dire même facture

Le prix introductif reste fixé à 0,75 dollar par million de tokens en entrée et 3,75 dollars par million en sortie. Il s'agit bien d'un tarif temporaire : Google indique qu'il prendra fin le 31 décembre 2026. À partir du 1er janvier 2027, la grille annoncée passe à 1,50 dollar en entrée et 7,50 dollars en sortie.

Pour un développeur, le détail le plus utile arrive ailleurs dans l'annonce. Google explique que 3.8 Flash « travaille davantage » sur les requêtes complexes : étapes de raisonnement supplémentaires, appels d'outils itératifs et utilisation potentiellement plus élevée de tokens lorsque le niveau d'effort augmente.

Le coût unitaire reste donc identique à celui de 3.7 Flash pendant la période introductive, mais pas nécessairement le coût d'une tâche terminée. The Verge relaie par exemple une première mesure d'Artificial Analysis faisant état d'un coût par tâche environ 40 % supérieur à celui de 3.7 Flash dans son protocole, notamment à cause d'un volume de sortie supérieur et de davantage de tours lors des évaluations agentiques. Ce chiffre dépend évidemment du benchmark et ne constitue pas un multiplicateur universel.

Google conserve d'ailleurs Gemini 3.7 Flash pour les workloads où l'efficacité de calcul prime et permet de réduire le niveau d'effort de 3.8 Flash afin de limiter cette consommation.

Le code et les agents sont le vrai terrain de 3.8 Flash

Une grande partie de la communication de Google repose sur les benchmarks de software engineering. La société affirme notamment que Gemini 3.8 Flash dépasse la plupart des modèles frontier plus lourds sur DeepSWE v1.1, consacré à la résolution autonome de problèmes logiciels de longue durée.

Google publie également un score de 54,9 % sur HLE-Verified et revendique des progrès sur des évaluations spécialisées en finance et en droit. Ce sont des résultats fournis par Google ou par les benchmarks cités dans son annonce ; ils ne remplacent pas une mesure sur le workflow particulier d'une équipe.

Flash Cyber n'a pas les mêmes barrières

Gemini 3.8 Flash Cyber repose sur la même intelligence de base, mais Google l'a spécialisé dans la découverte de vulnérabilités et la génération de correctifs. Son modèle de distribution est beaucoup plus fermé.

Google explique explicitement que Flash Cyber dispose de mitigations plus permissives pour les usages de cybersécurité. Il est donc réservé aux « trusted defenders » dans le cadre du nouveau Fairwind Program : autorités gouvernementales, opérateurs d'infrastructures critiques, mainteneurs logiciels et partenaires de cybersécurité font partie des publics prioritaires.

Sur CyberGym, Google annonce un résultat supérieur à Gemini 3.5 Flash Cyber et à plusieurs modèles frontier plus volumineux. Sur un autre benchmark interne portant sur des bases de code couvrant 20 langages de programmation, l'entreprise affirme que son modèle dépasse 70 % de réussite dans la découverte de vulnérabilités.

Pour le patching, Gemini 3.8 Flash Cyber obtient selon Google 47,2 % de pass@1 sur CWE-Bench, contre 47,8 % pour un modèle frontier de référence non nommé dans le billet. Google insiste davantage sur le coût inférieur du rollout que sur l'écart de moins d'un point entre les deux résultats.

Google l'utilise déjà sur son propre code

La firme donne plusieurs exemples internes. L'équipe sécurité de Chrome aurait obtenu 2,6 fois plus de correctifs valides avec 3.8 Flash Cyber qu'avec de grands modèles commerciaux concurrents. L'équipe Cloud Vulnerability Research dit également avoir trouvé en moins de deux heures une vulnérabilité critique dont la recherche aurait normalement nécessité des mois.

Wiz rapporte de son côté, sur son benchmark interne de pentest, un rappel supérieur de 7,5 à 9,7 points pour un coût annoncé entre 2,3 et 5,2 fois inférieur à celui d'autres modèles frontier. Là encore, ces résultats proviennent de Google et de partenaires participant au lancement.

Fairwind compte plus de 650 partenaires selon Google. L'accès prioritaire à Flash Cyber impose des règles opérationnelles, dont une limitation aux équipes internes de cybersécurité, d'incident response ou de pentest et l'utilisation de protections comme l'authentification multifacteur.

Gemini 3.8 Flash, lui, est déjà largement accessible

Les développeurs peuvent appeler 3.8 Flash depuis la Gemini API via Google AI Studio, et Google le propose également dans Antigravity, Android Studio et Stitch. Les entreprises peuvent y accéder dans Gemini Enterprise.

Pour les particuliers, Google le réserve actuellement aux abonnés Google AI Pro et Ultra dans l'application Gemini, AI Mode de Google Search et Gemini dans Google Sheets.

La séparation entre les deux modèles est assez nette : 3.8 Flash devient un produit généraliste à diffusion large, alors que son dérivé le plus permissif pour la cybersécurité reste derrière une procédure d'accès. Google ne donne pas de calendrier pour une disponibilité publique de Gemini 3.8 Flash Cyber.