LG avait dévoilé le 25G590B en mai. Le constructeur a désormais annoncé sa disponibilité américaine et son prix : 999,99 dollars.
Le moniteur utilise une dalle IPS Full HD de 24,5 pouces, commercialement présentée comme un modèle 25 pouces, avec une fréquence native de 1 000 Hz. Il ne s’agit pas d’un mode 720p secondaire utilisé uniquement pour atteindre le chiffre marketing : LG maintient les 1 920 x 1 080 pixels à cette fréquence.
Un mode overclock permet même de pousser la dalle jusqu’à 1 100 Hz.
1 000 Hz ne signifie pas automatiquement 1 000 fps
LG prend soin de le préciser dans sa documentation : la compatibilité 1 000 Hz ne garantit absolument pas qu’un jeu fonctionnera à 1 000 images par seconde.
Ce sont deux métriques différentes. La fréquence du moniteur indique combien de fois la dalle peut commencer à afficher une nouvelle image par seconde. Le framerate dépend du CPU, du GPU, du moteur du jeu, de ses paramètres et parfois de limites internes fixées par le développeur.
À 1 000 Hz, une période de rafraîchissement dure 1 ms. À 500 Hz, elle dure 2 ms. À 240 Hz, environ 4,17 ms.
Le gain absolu devient donc de plus en plus petit à mesure que la fréquence grimpe. Passer de 60 à 120 Hz économise plus de huit millisecondes par cycle ; passer de 500 à 1 000 Hz n’en économise qu’une.
Une milliseconde n’est pourtant pas forcément insignifiante dans une chaîne compétitive où souris, moteur du jeu, CPU, GPU, file de rendu et écran additionnent chacun leur propre latence.
Le CPU devient rapidement le problème principal
Pour produire plusieurs centaines d’images par seconde, réduire la résolution ne suffit pas toujours.
À 1 080p avec une carte graphique haut de gamme, beaucoup de jeux compétitifs finissent par être limités par le processeur. Le CPU doit préparer la logique de jeu, les draw calls, la physique et les informations de la prochaine image suffisamment vite pour maintenir un intervalle proche d’une milliseconde.
À 1 000 fps, toute la boucle dispose en moyenne d’un budget d’environ 1 ms par image. Un simple pic de frametime à 2 ou 3 ms devient alors très visible dans les statistiques, même s’il resterait excellent sur un écran à 240 Hz.
Voilà pourquoi le 25G590B vise beaucoup plus naturellement Counter-Strike, Valorant ou des scénarios esport très optimisés qu’un gros jeu solo avec path tracing.
LG a choisi l’IPS plutôt que le TN pour la course au millier de hertz
La dalle est de type IPS et utilise un polariseur ATW. LG annonce une couverture sRGB typique de 99 % ainsi qu’une certification VESA DisplayHDR 400.
Ce positionnement est intéressant parce que les écrans compétitifs extrêmes ont longtemps utilisé le TN pour obtenir les transitions les plus rapides possibles, avec des compromis plus nets sur les angles de vision et la qualité d’image.
Le 25G590B essaie d’éviter ce choix binaire : très haute fréquence, mais dalle IPS et résolution Full HD maintenue dans le mode le plus rapide.
Cela ne transforme pas DisplayHDR 400 en solution HDR haut de gamme. L’intérêt du produit reste clairement la vitesse, pas le contraste cinéma.
MBR Pro améliore la netteté en sacrifiant autre chose
LG ajoute Motion Blur Reduction Pro, une technique qui réduit la persistance perçue en contrôlant brièvement le rétroéclairage entre les images.
Le principe peut rendre un objet mobile plus net pour l’œil en réduisant l’effet de maintien continu de l’image.
Mais il existe un compromis important : lorsque MBR Pro est activé, AMD FreeSync Premium et NVIDIA G-SYNC Compatible sont désactivés.
Le joueur doit donc choisir entre la réduction de persistance du rétroéclairage et le fonctionnement de l’Adaptive-Sync.
À des fréquences aussi élevées, le choix dépendra beaucoup de la stabilité réelle du framerate. Un jeu verrouillé très haut peut privilégier la clarté du MBR ; un framerate plus irrégulier bénéficiera davantage du rafraîchissement variable.
Le mode 1 100 Hz ajoute encore une concession
L’overclock pousse le 25G590B jusqu’à 1 100 Hz, soit environ 0,91 ms par cycle.
LG précise cependant qu’AMD FreeSync Premium n’est pas pris en charge dans ce mode. La certification NVIDIA G-SYNC Compatible ne couvre elle aussi que le fonctionnement jusqu’à 1 000 Hz.
Les 100 Hz supplémentaires sont donc davantage un mode de performance extrême qu’un simple réglage gratuit à activer en permanence.
LG indique aussi que les résultats de l’overclock reposent sur ses tests internes.
DisplayPort 2.1 UHBR20 est là pour une bonne raison
Le moniteur possède un DisplayPort 2.1 UHBR20 et deux entrées HDMI 2.1.
LG recommande le DisplayPort pour le fonctionnement à 1 000 Hz et demande la version la plus récente de Windows 11 ainsi que des pilotes graphiques à jour.
Le constructeur indique avoir validé l’entrée 1 000 Hz en Full HD sur des systèmes équipés notamment de GeForce RTX 50 et de plusieurs Radeon RX 7000 et RX 9000.
Là encore, valider le signal vidéo n’est pas la même chose que faire tourner un jeu à 1 000 fps. Cela signifie que la chaîne d’affichage peut accepter et transporter les 1 000 rafraîchissements par seconde.
Le bureau a lui aussi été dessiné pour l’esport
Le choix d’un écran 24,5 pouces n’est pas seulement dicté par le coût de la dalle.
Ce format reste courant en compétition parce qu’il permet de garder une grande partie de l’interface dans le champ de vision sans mouvements de tête importants. Il laisse aussi davantage d’espace physique pour les grands mouvements de souris utilisés avec une faible sensibilité.
LG indique avoir réduit l’emprise de la base du pied de 49 % par rapport à son UltraGear 25G550B.
Le pied permet des réglages en hauteur, inclinaison et rotation horizontale. Un compteur de fps est également intégré à l’interface du moniteur.
1 000 Hz est autant un benchmark du PC qu’un argument d’écran
La question facile consiste à demander si quelqu’un peut voir la différence entre 500 et 1 000 Hz.
La question plus utile est de regarder la chaîne entière. Une fréquence supérieure réduit le délai avant qu’une nouvelle image puisse commencer à être affichée et améliore la finesse temporelle du mouvement, mais son intérêt dépend de la cadence réellement produite et de tout ce qui se passe avant le panneau.
À partir de là, chaque composant compte davantage : fréquence d’échantillonnage de la souris, latence USB, temps CPU, file de rendu, GPU, frametime et synchronisation.
Le 25G590B ne résout aucun de ces problèmes. Il retire simplement l’écran de la liste des gros coupables.
999,99 dollars pour gagner les dernières fractions de milliseconde
Le prix américain est fixé à 999,99 dollars. Cela place le produit très loin d’un écran Full HD classique et même au-dessus de nombreux écrans OLED beaucoup plus grands et mieux définis.
Mais l’UltraGear ne cherche pas à gagner cette comparaison sur la polyvalence.
Sa clientèle cible paie précisément pour déplacer la limite : 1 000 Hz sans chute en 720p, 1 100 Hz en overclock, DisplayPort 2.1 et un format optimisé pour les FPS.
À 60 ou 144 Hz, l’écran était encore une partie évidente du problème de latence. À 1 000 Hz, LG transforme surtout la course en audit du reste de la machine.