Ashenfall sait pourquoi il utilise Unreal Engine 5

Dragonwilds n'essaie pas de reproduire littéralement le rendu historique de RuneScape. Jagex conserve des formes relativement stylisées et des couleurs franches, puis les entoure d'une végétation dense, d'éclairages dynamiques, d'effets météorologiques et de paysages beaucoup plus détaillés. Pocket Tactics décrit plusieurs régions comme suffisamment fortes visuellement pour provoquer de véritables pauses contemplatives, tandis que d'autres critiques placent l'atmosphère parmi les qualités les moins contestées du jeu.

Cette densité sert particulièrement bien la variété des biomes. Une prairie lumineuse, Fellhollow et ses manifestations spectrales ou le désert d'Umbral Sands ne reposent pas uniquement sur un changement de palette. Effets, végétation, architecture et visibilité modifient la lecture de l'espace. Le moteur produit donc quelque chose de plus utile qu'un simple gain de résolution par rapport au MMORPG.

Sur PC, la fiche Steam recommande notamment une RTX 2070 ou une Radeon RX 5700 XT avec 16 Go de mémoire et 25 Go de stockage. La version 1.0 continue parallèlement de recevoir du travail sur les LOD et sur les performances des grandes constructions, Jagex affirmant avoir considérablement réduit les temps de chargement de certaines bases.

Switch 2 tient son framerate mieux que son image

Les retours techniques les plus précis concernent actuellement Nintendo Switch 2. Pocket Tactics et What's It Like décrivent tous deux une cible de 30 images par seconde globalement stable en portable comme sur téléviseur. What's It Like relève seulement de petites interruptions de chargement lorsque le joueur traverse rapidement le monde avec une monture.

Le compromis se voit surtout dans la définition. Les deux tests parlent d'une image nettement plus douce que sur les autres plateformes, au point de diminuer l'impact d'une direction artistique pourtant réussie. Ce n'est donc pas un port qui s'effondre sous sa charge ; c'est plutôt un port qui protège sa fluidité en sacrifiant une quantité visible de netteté.

La situation du crossplay a également bougé pendant la semaine de lancement. Pocket Tactics n'avait plus accès au jeu multiplateforme sur Switch 2 au moment de son test, et Jagex expliquait ensuite vouloir éviter que les mises à jour successives continuent de désynchroniser la console du reste de l'écosystème.

Le vrai problème de la 1.0 se trouve dans les sauvegardes et le réseau

Le 23 septembre, Jagex publiait les notes de la version 1.0.0.5 en précisant viser une sortie le vendredi 25, avec validation console pouvant demander plusieurs jours. Cette formulation est importante : les correctifs étaient annoncés et en cours de déploiement planifié, pas encore un état universel à considérer comme acquis au moment de leur publication.

La liste est loin d'être cosmétique. Jagex y décrit une enquête sur des corruptions de sauvegardes de personnages et de mondes, au point de retirer temporairement l'option de modification d'apparence identifiée comme cause fréquente. Le correctif vise également des échecs de connexion aux serveurs comptant déjà plusieurs joueurs, un cas spécifique sur Xbox, une corruption possible en rejoignant depuis une console certains serveurs dédiés moddés et un crash PS5 pouvant être déclenché lors de la création d'un monde crossplay protégé par mot de passe.

Un autre crash lié à la perte de connexion Internet restait prévu pour une version 1.0.1 ultérieure. Les notes ajoutent DLSS et FSR aux versions Windows/Xbox Game Pass concernées et poursuivent plusieurs réparations de contrôles et d'interface.

Une base technique séduisante, une certification 1.0 moins nette

Il faut distinguer deux choses. Le rendu du jeu lui-même est convaincant et les critiques PC, PS5 et Switch 2 ne décrivent pas un moteur incapable de faire tourner Ashenfall. Même la Switch 2 maintient plutôt bien ses 30 fps selon les deux tests disponibles, malgré sa faible définition.

En revanche, une sortie multiplateforme avec crossplay se juge aussi sur les sauvegardes, la synchronisation des versions, la connexion aux serveurs et la stabilité des mondes. Dix jours après le lancement, la liste officielle de problèmes reste assez lourde pour empêcher de qualifier cette 1.0 de techniquement propre.

Dragonwilds présente donc un paradoxe assez classique : la technologie visible impressionne davantage que l'infrastructure invisible. Ashenfall est beau, les grandes bases se chargent mieux et le moteur a beaucoup progressé pendant l'accès anticipé. Une sauvegarde corrompue reste toutefois infiniment plus importante qu'un bel horizon.