Le pixel art cache désormais un monde construit en trois dimensions

Graveyard Keeper 2 conserve volontairement la silhouette visuelle de son prédécesseur. À première vue, on pourrait croire à une simple version plus détaillée du même moteur. Lazy Bear Games explique pourtant avoir reconstruit les environnements en 3D afin de se débarrasser de plusieurs contraintes techniques de l'ancien pipeline.

Le résultat reste visuellement cohérent avec la série, mais les ombres dynamiques, l'éclairage, la végétation et les variations météorologiques donnent davantage de volume aux décors.

GameSpew considère même la présentation comme l'un des points les plus réussis de la suite, tandis que Steam Deck HQ salue également les environnements et les effets météo malgré ses réserves techniques.

Sur PC classique, le tableau critique reste plutôt calme

Les tests de GameSpew, Thumb Culture, Try Hard Guides, AIPT et Shacknews ont été réalisés sur PC sans faire remonter un consensus autour de graves problèmes de performances sur des machines de bureau.

Les spécifications officielles restent par ailleurs raisonnables : GTX 1650 ou équivalent au minimum, RTX 3060 recommandée, 6 à 8 Go de mémoire vive et seulement 4 Go d'espace de stockage annoncés.

Ce dernier chiffre illustre aussi une qualité appréciable du projet : malgré la reconstruction technique du monde, Graveyard Keeper 2 demeure un jeu relativement compact.

Le Steam Deck raconte une histoire très différente

Steam Deck HQ a consacré une partie importante de son test aux performances portables. Le constat est beaucoup moins flatteur. Le jeu peine à atteindre 60 fps même en intérieur et tombe régulièrement dans le milieu des 30 images par seconde dans les zones extérieures.

Le site recommande finalement les réglages bas avec une limite de 30 fps. Ce profil évite les variations les plus visibles, mais ne transforme pas le jeu en petite charge légère pour l'APU.

La consommation moyenne annoncée tourne autour de 13 à 14 W dans cette configuration, avec des pointes pouvant approcher 20 W sans limite de fréquence. Sur Steam Deck OLED, l'estimation donnée est d'environ quatre heures dans de bonnes conditions.

Les chiffres surprennent au regard de ce qui est affiché

Il faut évidemment éviter de réduire la complexité graphique d'un jeu à son esthétique. Un rendu pixel art peut contenir de nombreux effets, éléments animés et calculs que l'image finale masque volontairement.

Reste que Steam Deck HQ trouve précisément les performances difficiles à justifier par les environnements observés. La reconstruction 3D, l'éclairage et les effets peuvent expliquer une partie de la charge ; ils n'expliquent pas à eux seuls pourquoi un profil bas peine encore à conserver une fréquence élevée stable sur la machine.

Le jeu est jouable. L'optimisation portable n'est simplement pas mûre.

Les crashs sont plus gênants que quelques images manquantes

Le même test mentionne des voix qui ne se déclenchent pas correctement ainsi que plusieurs plantages complets. Ce point devient particulièrement désagréable à cause du système de sauvegarde, qui reste principalement lié au sommeil du personnage.

Perdre de la fluidité est une chose. Perdre une séquence de travail dans un jeu dont chaque activité consomme du temps et des ressources en est une autre.

Aucun corpus comparable n'établit pour l'instant un problème de stabilité identique sur toutes les configurations PC. Il faut donc conserver cette réserve à la plateforme effectivement mesurée plutôt que la généraliser.

Les options d'accessibilité et de configuration sont encore minces

Steam Deck HQ relève des presets graphiques sans description détaillée de ce qu'ils modifient. Le test ne trouve pas non plus de remappage des touches ou boutons et signale l'absence de mode daltonien.

La situation peut évoluer avec des mises à jour, mais le lancement se situe loin du niveau de personnalisation désormais courant sur PC.

Le doublage anglais complet constitue en revanche une amélioration technique et éditoriale importante. Les autres langues disposent des interfaces et sous-titres annoncés par Steam, mais seule la piste anglaise est intégralement doublée.

Un joli moteur qui mérite encore quelques réglages

Graveyard Keeper 2 réussit visuellement une transition assez intelligente : changer profondément sa structure technique sans perdre l'apparence du jeu original. C'est probablement plus difficile que de simplement changer de style.

Sur PC de bureau, le corpus ne fait pas remonter de problème systémique inquiétant. Sur Steam Deck, les mesures sont suffisamment faibles pour justifier une réserve claire.

Le mort-vivant tient debout. Il lui manque encore quelques optimisations avant de pouvoir courir.