Le GPU est presque la partie facile

La fiche Steam place la configuration minimale Windows autour d'un Core i3-6100 ou Ryzen 3 1200, avec Intel HD 520 ou Radeon Vega 3 et 8 Go de mémoire. La configuration recommandée reste sur une GTX 1050 ou RX 560. Le stockage demandé n'est que de 300 Mo sous Windows et 600 Mo sous macOS.

Ces chiffres correspondent bien à ce que le jeu affiche. Une camionnette compacte, trois personnages cartoon et une bombe remplie d'interfaces constituent l'essentiel de la scène. BOMBANANA! n'a pas besoin de ray tracing, de streaming massif de monde ouvert ou d'un cache de shaders de la taille d'un autre jeu complet.

SteamDB indique également un statut Steam Deck Verified après test d'une version de septembre, avec configuration par défaut jugée performante, glyphes de contrôleur corrects et texte lisible. Pour un party game que trois personnes doivent installer avant de jouer ensemble, cette légèreté est une qualité très concrète.

Le système critique est le chat vocal

La première mise à jour numérotée, 1.0.1, est sortie le 3 septembre, soit un jour après le lancement. Elle corrige des craquements et distorsions dans le chat vocal, un problème empêchant certains joueurs d'entendre ou de parler, ainsi qu'un cas où l'audio 3D restait audible après le retour au lobby.

Sur un jeu ordinaire, ce serait une liste de bugs réseau assez classique. Dans BOMBANANA!, ce sont presque des problèmes de logique. Si un joueur capable de parler n'est pas entendu, la chaîne d'information prévue par le game design cesse simplement de fonctionner.

La même note de patch indiquait encore que certains joueurs pouvaient rencontrer des crashs aléatoires et que l'équipe enquêtait. La version 1.0.2 publiée une semaine plus tard ne documente pas de correction spécifique de ces crashs ; elle indique en revanche de nouveaux ajustements du son et du chat vocal.

La 1.0.2 corrige l'enveloppe autour de la bombe

Le patch du 10 septembre ajoute le matchmaking afin qu'un joueur seul puisse trouver plus facilement ses deux partenaires. Il corrige également l'interface manette qui pouvait ne pas s'afficher correctement, ajoute une fonction pour masquer ou révéler le code du lobby et rééquilibre la difficulté des niveaux.

Ce sont des changements moins spectaculaires qu'un nouveau module, mais ils sont exactement adaptés à la nature du produit. Un party game en ligne perd énormément de valeur si former le groupe, comprendre la manette ou régler le vocal demande plus d'énergie que désamorcer la première bombe.

La cadence des correctifs montre une petite équipe qui répond rapidement aux problèmes les plus visibles. Elle montre aussi que la couche réseau et interface n'était pas totalement stabilisée au lancement.

L'accessibilité technique devient une mécanique

Steam propose un mode daltonien adapté à deux types de daltonisme, le support complet de la manette et plusieurs catégories d'accessibilité. BOMBANANA! présente néanmoins un cas particulier : certaines limites ne peuvent pas être compensées facilement parce qu'elles sont précisément utilisées comme règles.

Plusieurs critiques signalent l'absence de text chat et des difficultés spécifiques pour certains joueurs sourds ou malentendants face à des éléments dépendant du son. Ce n'est pas uniquement un débat d'interface. Un canal alternatif pourrait aussi servir de solution de secours lorsqu'un microphone, un périphérique audio ou le chat vocal tombe en panne.

Le paradoxe technique du jeu tient là. Il tourne sur du matériel très modeste, mais exige énormément de la fiabilité des quelques périphériques et canaux de communication dont il a réellement besoin.