Six cœurs CPU, sept GPU et 32 cœurs Neural Engine
L’A20 Pro est fabriqué avec une technologie de gravure en 2 nm. Apple l’équipe d’un CPU à six cœurs, d’un GPU à sept cœurs et de deux Neural Engine de 16 cœurs, soit 32 cœurs dédiés au total. La bande passante mémoire progresse de 50 % par rapport à l’A19 Pro.
Apple annonce jusqu’à 20 % de performances CPU supplémentaires par rapport à l’A19 Pro sur les appareils pour lesquels elle publie cette comparaison. Pour le GPU, la revendication monte jusqu’à 40 %. La société annonce également deux fois plus de puissance de calcul pour les modèles d’IA exécutés par les Neural Engine.
Ces pourcentages restent des mesures constructeur et dépendent des charges utilisées. Depuis la commercialisation de l’iPhone 18 Pro le 18 septembre, plusieurs séries de tests indépendants permettent cependant de vérifier que le saut générationnel ne se limite pas à la fiche technique.
Les premiers benchmarks confirment un gros saut CPU
Gigazine a comparé directement un iPhone 18 Pro et un iPhone 17 Pro avec Geekbench 7. Le nouveau modèle atteint 4 030 points en single-core et 11 507 en multi-core, contre respectivement 3 301 et 9 185 pour l’iPhone 17 Pro. Cela représente environ 22 % de progression sur un cœur et 25 % en multicœur dans ce test précis.
Le test GPU de la même publication passe de 44 062 points sur l’iPhone 17 Pro à 61 566 sur l’iPhone 18 Pro, soit une progression proche de 40 %. Ces résultats rejoignent donc assez bien l’ordre de grandeur annoncé par Apple pour le GPU.
GSMArena mesure de son côté environ 27 % de progression multicœur et 13 % dans ses charges fortement orientées GPU, tandis que son score global AnTuTu 11 augmente d’environ 43 %. Les écarts entre ces résultats rappellent qu’un pourcentage unique ne décrit pas les performances d’un SoC : chaque benchmark sollicite différemment CPU, GPU, mémoire et stockage.
Apple a sorti la mémoire du chemin de la chaleur
Le changement architectural le plus inhabituel se trouve dans le boîtier de la puce. Apple explique avoir adopté un packaging inspiré de ses puces M dans lequel le die et la mémoire sont placés côte à côte. Sur les générations précédentes, la DRAM se trouvait au-dessus du processeur dans une architecture package-on-package.
Cette disposition latérale retire la mémoire du chemin thermique direct. L’A20 Pro peut alors être relié plus directement à la chambre à vapeur des iPhone 18 Pro. Autrement dit, Apple ne demande pas seulement au nouveau procédé de fabrication de réduire la consommation : elle a également modifié la façon dont la chaleur quitte physiquement le silicium.
La bande passante mémoire supplémentaire est particulièrement pertinente pour le GPU et les modèles d’IA locaux, deux types de charges capables de déplacer beaucoup de données. Mais le nouveau packaging a une autre conséquence : les performances soutenues deviennent encore plus liées au système thermique de l’appareil qui reçoit l’A20 Pro.
Le Pro Max montre ce que quelques centimètres de refroidissement peuvent changer
Apple annonce jusqu’à 40 % de gain de performances soutenues pour l’iPhone 18 Pro par rapport à la génération précédente, en attribuant ce résultat à l’ensemble A20 Pro, nouveau packaging et chambre à vapeur redessinée. Les tests indépendants donnent une image plus nuancée.
Tom’s Guide mesure 79,4 % de stabilité sur son 3DMark Wild Life Extreme Stress Test avec l’iPhone 18 Pro Max, contre 65,2 % pour le 17 Pro Max. Sur le plus petit iPhone 18 Pro, le résultat passe seulement de 61,1 à 62,8 %.
GSMArena obtient également un comportement différent sur le petit modèle : 72 % dans son stress test CPU APSI Bench, mais 48 % de stabilité GPU sous 3DMark Wild Life Extreme. La publication note que ce résultat est inférieur à celui du Pro Max et légèrement en retrait sur certains tests face à la génération précédente.
Il n’y a pas nécessairement contradiction avec l’existence d’un meilleur système thermique. Un SoC plus rapide peut consommer son enveloppe thermique en produisant davantage de travail avant de réduire sa fréquence. Surtout, un Pro Max dispose physiquement de plus de surface pour disperser cette chaleur. La puce est identique ; son environnement thermique ne l’est pas.
Le GPU est devenu l’un des plus gros sauts de l’A20 Pro
Tom’s Guide mesure 62 images par seconde pour l’iPhone 18 Pro dans 3DMark Solar Bay Unlimited et 67,9 images par seconde pour le Pro Max. Selon ses résultats, le petit modèle est 33 % plus rapide que l’iPhone 17 Pro dans cette charge et le Pro Max 45 % devant son prédécesseur.
Ce type de test est plus instructif pour l’évolution graphique que la seule présence de sept cœurs. L’A20 Pro doit alimenter jeux exigeants, ray tracing matériel et charges mêlant rendu classique et accélération neuronale. La hausse de bande passante mémoire et le refroidissement deviennent alors presque aussi importants que le nombre d’unités de calcul.
L’écart entre pic et charge prolongée reste néanmoins essentiel pour le jeu. Une séquence de benchmark de quelques secondes mesure ce que la puce peut atteindre ; vingt boucles successives commencent à mesurer ce que le téléphone peut réellement dissiper.
Deux Neural Engine ne signifient pas deux fois plus d’IA partout
Apple double le nombre total de cœurs Neural Engine en passant à deux blocs de 16 cœurs et revendique deux fois la puissance de calcul pour les modèles d’IA embarqués. Les Neural Accelerators intégrés au CPU complètent cette architecture pour certaines opérations.
Tom’s Guide a mesuré 69 245 points sur le Neural Engine de l’iPhone 18 Pro et 71 974 sur celui du Pro Max avec Geekbench AI, soit selon ses comparaisons une progression de 41 à 48 % face aux modèles précédents. C’est conséquent, mais ce n’est pas un doublement du score de cette charge particulière.
C’est normal : doubler une ressource matérielle spécifique ne double pas automatiquement les performances d’une application complète. Le modèle, la précision numérique, la mémoire, les transferts de données et les parties du calcul exécutées ailleurs dans le SoC peuvent devenir les nouvelles limites.
Le même A20 Pro doit aussi alimenter un iPhone pliable
L’A20 Pro n’est pas réservé aux iPhone 18 Pro. Apple l’utilise également dans l’iPhone Duo, son modèle pliable annoncé le 9 septembre et prévu à la vente à partir du 23 octobre.
Le Duo ajoute une contrainte intéressante : le même SoC doit piloter son écran intérieur et son écran extérieur via une nouvelle Display Engine. Apple annonce jusqu’à 35 % de performances soutenues supplémentaires par rapport à l’iPhone 17 Pro pour cet appareil et utilise là encore une chambre à vapeur.
Cela transforme l’A20 Pro en plateforme plutôt qu’en simple processeur d’un modèle précis. Un iPhone 18 Pro compact, un Pro Max plus volumineux et un Duo pliable peuvent partager le même silicium tout en obtenant des comportements différents selon leur refroidissement, leur affichage et leur enveloppe énergétique.
Le 2 nm ne raconte finalement qu’une partie de l’histoire
Les mesures disponibles après commercialisation montrent que l’A20 Pro est bien une progression générationnelle importante : les gains CPU sont visibles, le GPU avance fortement et la bande passante mémoire augmente de moitié. Elles empêchent en revanche de réduire cette progression à une étiquette « 2 nm ».
Le Pro Max est le meilleur rappel. Lorsque le même silicium dispose d’un châssis plus favorable au refroidissement, sa stabilité sous charge peut s’éloigner nettement de celle du petit Pro. Apple a donc travaillé simultanément sur le procédé de fabrication, le packaging, la mémoire et l’évacuation thermique.
C’est probablement la modification la plus durable de l’A20 Pro : le processeur n’est plus conçu comme une puce dont il faudrait ensuite refroidir le boîtier, mais comme une partie d’un chemin thermique qui commence directement au niveau du die.